lundi 26 juin 2017

portable, consommable, livrable

Le vingt et unième siècle a apporté aux francophones la manie de désigner les choses non plus par des substantifs mais par des adjectifs. Et souvent des adjectifs à désinence en -able.

S'il fallait aujourd'hui dénommer une bouteille et un lit, nul doute que ce seraient respectivement une remplissable et un dormable.

Ces exemples n'ont rien d'outré puisque le monde francophone désormais consomme des consommables, se fait livrer des livrables, porte avec soi des portables (téléphones ou ordinateurs - who cares ?). Dans les jargons professionnels, les événements sont devenus des événementiels, les références des référentiels, de bonnes relations sont devenues un bon relationnel comme le fait de savoir écrire est désormais un bon rédactionnel, et tout à l'avenant.

La Mission linguistique francophone met en garde les créateurs de désignations commerciales et les inventeurs de termes techniques contre cette tendance. Elle constate que les professionnels du marketing font montre d'une inclination immodérée pour ce procédé et les invite à changer de marotte.

[Le "dormable" illustrant cet article est une sculpture de Ron Mueck]
CLIQUEZ ICI POUR ACCEDER AU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE [M•L•F•]

Aucun commentaire: