mercredi 13 mai 2009

dédier

L'action décrite par le verbe dédier possède en français une valeur d'hommage. Dédier une sonate à sa bien-aimée, c'est lui faire symboliquement don de cette composition pour louer ses sublimes qualités.

De même, dédier une conférence à Beethoven, c'est affirmer vouloir honorer la mémoire de Beethoven par le contenu de cette conférence. Ce n'est pas simplement donner une conférence sur Beethoven. Pour cela, on dira que l'on consacre une conférence à Beethoven. Mais on peut donner une conférence sur les répercussions psychologiques de la surdité chez les musiciens, et la dédier à Beethoven.

Hélas, cette claire et forte distinction de sens tend à se perdre dans l'esprit des professionnels de la communication. Ils propagent dans le public des titres comme "site internet dédié aux étudiants en droit", alors qu'un tel site est en fait destiné aux étudiants en droit, voire réservé aux étudiants en droit. Mais certainement pas "dédié" à la mémoire de ces braves potaches...

Certains dictionnaires ne craignent pourtant pas d'entériner cette bévue sans la mise en garde qui s'impose : l'usage de dédié au sens de destiné, consacré, réservé est défectueux car il appauvrit le sens et l'obscurcit ; cette impropriété de terme s'est infiltrée dans la langue française au gré de mauvaises traductions du faux-ami anglais to dedicate qui signifie consacrer, réserver, destiner, (se) dévouer, affecter, allouer, et parfois dédier.

1 commentaire:

Raphael Durand a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.