lundi 20 octobre 2008

pornographie pédophile

Le français et le hongrois présentent une grande différence de structure : le hongrois est une langue agglutinante, pas le français. Le français n'exprime pas les idées en agglutinant plusieurs mots en un seul. Ou, du moins, le français ne devrait pas... Quand le hongrois forge un mot unique à partir de plusieurs autres dont la traduction littérale donnerait (mais sans nos traits d'union) "époque-enfant-dans-mon", le français dit "dans mon enfance", en trois mots distincts.

Cette différence de structure est perdue de vue par des rédacteurs francophones qui ne craignent pas de forger le mot pédopornographie. Et vont même jusqu'à la lutte anticyberpédopornographique (lutte contre la pornogrpahie pédophile sur Internet). La Mission linguistique francophone leur rappelle que le français fonctionne par précision du sens des substantifs à l'aide d'adjectifs. Il convient donc de ne pas agglutiner les mots en un seul mais d'écrire et de dire très simplement "pornographie pédophile" ou "pornographie infantile", et non pédopornographie.

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jeudi 2 octobre 2008

internautique : un adjectif pour internet

Le terme anglophone internaut, devenu en français internaute, a été judicieusement formé pour désigner de façon imagée qui navigue dans les méandres d'internet. Ce mot à l'étymologie ingénieuse connaît un succès général qui n'est pas usurpé. Bravo à son inventeur.

On note, au même moment, l'absence d'engouement pour l'adjectif correspondant : internautique, formé sur le modèle de nautique.

Pourtant, la privation d'un adjectif qualifiant rigoureusement ce qui intéresse l'internaute oblige à des périphrases insatisfaisantes car imprécises, comme la locution adverbiale "en ligne". Le jeu en ligne, le recrutement en ligne, sont des formulations trop vagues, qui pourraient aussi bien désigner un mode d'action téléphonique ("restez en ligne") ou une disposition physique ("placez-vous en ligne, les uns à côté des autres"). Dès lors, pour qualifier ce qui se rapporte à la navigation de l'internaute, la Mission linguistique francophone recommande résolument l'usage de l'adjectif internautique.

Un spécialiste de la création publicitaire en ligne, par exemple, pourra se targuer en français de posséder une compétence internautique plutôt qu'une "compétence web", selon l'actuel jargon du marketing où l'on fait dédaigneusement fi du fait que web n'est ni un adjectif (il ne saurait donc qualifier le substantif compétence) ni seulement un mot français ou francisé, contrairement à internaute et internautique. Quant à la désignation "digitale", elle est à écarter sans appel. Elle relève d'une confusion grossière avec le faux ami anglais digital qui signifie numérique, tandis que dans notre langue, le terme digital n'a qu'un seule et unique signification : qui concerne les doigts ; et non les nombres... ni internet !

NDE : nous avons publié cette proposition néologique il y a de cela exactement dix ans. La voici réitérée à l'occasion de cet anniversaire. Miss L.F.

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