samedi 10 octobre 2009

succès : un pays disparaît


C'est avec un vif plaisir que nous avons vu aboutir ce mois-ci notre longue action auprès de l'État français pour le renoncement à l'emploi du terme "pays" quand il s'agit de désigner un échelon administratif autre que l'échelon national.

L'emploi du mot "pays" pour dénommer un petit ensemble de communes a son charme dans la langue courante : le Pays d'Auge, le Pays de Montbéliard sont des expressions qui remontent aux temps anciens où "rentrer au pays", c'était revenir dans son village. Mais au cours des années 1990, diverses administrations territoriales ont créé des structures intercommunales solidaires ; emportées par un passéisme irréfléchi, elles se sont mises en tête de les baptiser pays. Officiellement adoptée en 1995 - et sans relâche combattue depuis par nos soins - cette nouvelle acception administrative du mot "pays" créait indiscutablement une confusion entre un échelon territorial constitué par quelques communes, et l'échelon national constitué par toutes les communes d'une même nation, sans exception. La France, avons-nous objecté, est le seul pays qui puisse exister administrativement en France. Cela semblait une évidence. Il a pourtant fallu quatorze ans à cette évidence pour être reconnue.

Nous avons fait valoir que deux niveaux hiérarchiques ne pouvaient pas être homonymes sans créer une confusion publique permanente, et une incohérence lexicale qui compliquait inutilement notre langue. Comme si le terme rez-de-chaussée désignait indistinctement, dans un immeuble, le niveau sur rue ou le sixième étage...

Pendant plus de dix ans, notre objection a fait sourire ou agacé. Elle vient d'être entendue, et la raison a repris ces droits : sur le plan administratif, le pays c'est la nation et rien d'autre. La réunion de quelques communes autour de la plus imposante d'entre elles, à un échelon inférieur à celui du département, s'appelle désormais officiellement une métropole.

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