mercredi 27 août 2008

dédication

En anglais, dedication, c'est le fait de se consacrer pleinement à quelque chose. Ce qui pourrait se traduire en français soit par dévouement soit par implication, selon la nature et le cadre de ce plein investissement de soi.
Depuis la fin des années 1990, de mauvaises traductions de cette notion anglophone de dedication nous ont donné, dans le français négligent des médias et des affaires, une myriade de personnes et de choses "dédiées" à quelque chose ou quelqu'un, alors qu'elles se sont en réalité destinées, consacrées, vouées, dévolues, impliquées, réservées ou spécialisées. Mais nullement "dédiées", comme un poème est dédié à l'être aimé.

Depuis 2010, l'invasion de ce faux ami s'intensifie. Au point que la locution dédié à (dans son sens inexact) soit en train de supplanter les prépositions de et pour. Ainsi apprend-on la création d'un "groupe dédié à la réflexion sur la ville" (sic), au lieu d'un groupe de réflexion sur la ville. Et quand - dans une langue surchargée de mauvaises traductions de l'anglais - un critique cinématographique vous parle d'un film dédié aux enfants, vous devez désormais comprendre qu'il s'agit d'un film pour enfants, un film destiné aux enfants, voire réservé aux enfants. Mais non d'un film à la gloire des petits.

La Mission linguistique francophone œuvre à rectifier cette tendance irréfléchie. Mais la tendance est puissante et le suivisme rude...

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