mercredi 7 octobre 2009

jeu pense donc jeu suit

Dans une chanson très justement intitulée Droit à l'erreur, l'exquise chanteuse francophone Amel Bent nous apprend ceci : "J'ai deux vents moi un mur qui m'empêche d'avancer" ; après quoi elle ajoute : "et jeu suit là pour peindre un condamné." En fait, quand Amel Bent prononce "deux vents mois", il faut comprendre "devant moi" (avec un e ouvert comme dans peur et non e fermé comme dans peu). Et quand elle articule "jeu suit", il faut comprendre "je suis". Mais pour cette jeune femme comme pour des centaines de milliers d'autres professionnels de la communication verbale de langue française, la phonétique n'est pas une dimension pertinente du langage, et la prononciation exacte est un soin inutile. À tel point qu'Amel Bent n'est en réalité même pas là pour "peindre" un condamné, mais pour le "pendre". Ou pour le "pondre" ? Allez savoir.

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