mercredi 11 décembre 2013

pôle oncologique


Le français appartient au groupe des langues gréco-latines, et non à celui des langues agglutinantes telles que le hongrois, le basque ou le coréen. Dans les langues non agglutinantes comme la nôtre, il existe une syntaxe fondée sur les rapports logiques entre les mots, laquelle constitue une évolution linguistique par rapport à la simple agglutination de syllabes.

Des termes comme écoresponsable, cybercriminalité ou Oncopôle opèrent une régression vers le stade agglutinant. Ce sont des néologismes forgés pour épater l'ignorant mais déconnectés du sentiment linguistique francophone : ils font fi de la nature syntaxique de notre langue, avec ses assemblages de mots.

Mesdames et messieurs les rares cancérologues de renom qui prisez depuis peu les "oncopôles" (sic) plutôt que les sobres services de cancérologie, vous êtes bien docteurs en médecine, vous n'êtes pas "médicodocteurs" ? De même votre service est éventuellement un pôle oncologique mais en aucun cas un "oncopôle" (sic).

Il convient de laisser cette création lexicale très malhabile à la sphère des noms propres, voire des noms de marque. Oncopôle de Toulouse [photo ci-dessus], par exemple, est un nom propre. Il est surprenant que sa burlesque ressemblance avec "Oncle Paul" n'ait pas dissuadé les promoteurs de cet établissement. Mais on aimerait que le rappel linguistique ci-avant ramène unanimement les décideurs hospitaliers francophones à la raison et les dissuade de tenter d'introduire durablement cette tumeur langagière dans le français courant ou spécialisé.

Aucun commentaire: