lundi 14 février 2011

quand l'eau coule, le singe grimace


La Mission linguistique francophone a constaté en France, depuis 2008, un net accroissement de l'emploi du double sujet [nom+pronom] : "l'eau elle est froide", "le singe il grimace", etc. Cette construction était jusqu'à présent l'apanage des enfants ("le maître il a dit") ; et on les reprenait ("le maître a dit"). Le double sujet était aussi utilisé pour railler une mauvaise maîtrise du français par des étrangers peu instruits ("la madame elle est partie").

Mais depuis dix ans, l'accumulation du nom et du pronom est devenue fréquente dans la bouche des Français adultes, jusque dans celle des hauts personnages de ce beau pays qui, une fois encore, donnent le mauvais exemple en matière de francophonie.

Bien sûr, les journalistes et animateurs de médias audiovisuels suivent la même pente et propagent cette faute de syntaxe, comme si soudain le pronom faisait partie intégrante de la forme conjuguée des verbes à la troisième personne du singulier et du pluriel : "Louis il-chante ; Louise et Louisette elles-chantent". Cette évolution sera peut-être entérinée dans quelques décennies, et enseignée aux enfants des écoles. Pour l'heure, il n'en est rien. La Mission linguistique francophone rappelle donc aux professionnels et au grand public que le pronom fait double emploi avec le nom !   "Quand l'eau elle coule, le singe il grimace" se dit en vrai français : "quand l'eau coule, le singe grimace". Devant ce second énoncé simple et limpide, les amateurs d'une langue bien portante, eux, ne font plus la grimace.

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2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour, Au paragraphe 2, il me semble que le verbe "donner" est mal accordé en nombre. "...donneNT le mauvais exemple", non ?

Miss LF a dit…

Merci pour votre relecture. Il serait de mauvais foi de prétendre que le singulier avait pour sujet la bouche des hauts fonctionnaires ! C'était bien une faute d'inattention...