vendredi 6 janvier 2012

la consultance : du conseil barbare



On trouve avec effroi le terme de "consultance" (sic) employé depuis quelques années déjà par certaines universités françaises (Lyon, Grenoble, Toulon, Pau) pour désigner en réalité l'activité de conseil [aux entreprises].

Ce néologisme "consultance" est un barbarisme sorti du sac à snobismes de quelques marchands de poudre aux yeux mercatique, et repris sans rire par un tout petit nombre de pédagogues impressionnables ou distraits. C'est au mieux le fruit d'un moment d'égarement, au pire de l'ignorance crasse en habits savants.

La malformation de ce néologisme inutile est tellement criante qu'elle se passerait de commentaire. Nous allons quand même en faire deux.

D'abord, il faudrait sérieusement s'alarmer du peu de vigilance lexicale de certains directeurs d'établissements d'enseignement supérieur. Les universités précitées ne sont pas les seules en cause. Il existe de belles grandes écoles, d'accès fort difficile, dont les intitulé de certains cours ou diplômes ne font pas moins froid dans le dos par leur absence de rigueur intellectuelle ou leur fragilité linguistique.

Ensuite, il faudrait s'atteler à bannir une fois pour toutes du vocabulaire professionnel le terme de "consultant", mot anglais signifiant dans cette langue - mais non dans la nôtre - conseiller, et dont l'emploi en français est cuistre, snob et anglomane jusqu'à l'absurde. Car en français, celui que l'on vient consulter en raison de sa compétence est consulté [participe passif], il n'est pas consultant [participe actif].

Celui que l'on consulte pour en recevoir des conseils avisés est en français un conseiller, ou un conseil. Il se livre à une activité de conseil... et non de "consultance" !

Par le terme de consultant, on peut désigner en français toute personne qui consulte un spécialiste pour en recevoir des conseils au cours d'une consultation - et non au cours d'une "consultance".


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