samedi 25 juillet 2015

procés, projet, propret (et non preaucé, preaujé, preaupré)

L'arrestation d'un terroriste fait disserter les journalistes de la presse parlée sur l'imminence de son procès.

Plus leurs voix sont juvénile, plus ces envoyés spéciaux, récitants de bulletins d'informations ou lecteurs de prompteur à la télévision esquintent le mot procès [prononciation correcte : pʁɔ.sɛ] en le prononçant "preaucé". Ils commettent ainsi deux fautes de prononciation, ce qui est beaucoup pour un mot ordinaire de deux syllabes, dont aucune ne présente de piège orthographique susceptible d'induire en erreur un professionnel de la diction, rétribué pour la justesse de son articulation et de sa prononciation.

La Mission linguistique francophone attire donc l'attention des jeunes juristes, des jeunes professionnels de l'information parlée et du grand public sur le fait que le mot procès possède un accent grave sur son e, ce qui rend obligatoire la prononciation è (comme dans crèche) de sa seconde voyelle, et non é (comme dans blé). Quant à la première syllabe, il n'existe aucune raison de la prononcer "preau", avec un o fermé (comme dans gros) alors que sa prononciation correcte exige un o bien ouvert (comme dans fort). Il en va de même pour les mots projet ou propret qui ne se prononcent pas "preaujé" ni "preaupré".

Sans faire le procès des écoles de journalisme, on peut s'étonner que des cours de vigilance phonétique n'y soient pas dispensés, et pris au sérieux par un coefficient élevé aux examens dans la spécialité presse parlée et audiovisuelle. Faute de cette formation primordiale, la langue médiatique devient un marais d'approximation sonore, voire de pourrissement des racines de la musicalité et de la cohérence entre sens et sonorité.

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