mardi 28 juin 2016

qualitatif et requalification

A-t-on le droit d'être gêné par l'emploi surabondant de l'adjectif "qualitatif" dans le français courant et les échanges professionnels depuis 2010 ? Oui. Voici pourquoi.

Cet adjectif, en vogue sous un sens faux, n'est pas du tout synonyme de "de bonne qualité" et ne convient donc pas dans une formule comme : "nos produits sont très qualitatifs". L'adjectif qualitatif signifie "concernant la qualité"... bonne ou mauvaise. Porter un jugement qualitatif, c'est porter un jugement sur la qualité, ce n'est pas un porter un jugement qui impressionne par sa qualité.

Il est un autre terme impropre, lié à l'idée de qualité, dont les urbanistes et les élus locaux abusent : la "requalification" architecturale ou urbaine, devenue dans leur esprit un synonyme de la notion de rénovation, de réhabilitation. Or, la requalification, en vrai français, c'est un changement de qualification (requalification par la justice d'un homicide involontaire en meurtre), ce n'est pas une amélioration de la qualité ; ni même une amélioration de la qualification. "Requalifier le quartier de la gare", ce serait donc cesser de le qualifier de quartier de la gare, et le qualifier par exemple de quartier des écoles, de quartier pourri, de ghetto de riches ou de nouvel Eldorado des promoteurs.

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