lundi 9 octobre 2017

Lettre ouverte aux tenants de la cacographie surnommée "écriture inclusive"

Insupportable vision paranoïaque et vindicative que celle irriguant le projet de cacographie dite "inclusive".

Je suis une femme, donc une personne et un individu. Ce terme d'individu - mixte d'apparence masculine - m'est indolore et ne met en rien ma féminité en péril. Il ne m'apparaît pas comme sexiste mais comme neutre. Et de fait, les hommes ne m'apparaissent pas comme odieux par nature.

Je suis un homme, une personne discrète ou au contraire une célébrité locale. Ce terme de "personne discrète" ne met aucunement ma virilité en péril, non plus que l'étiquette de "célébrité locale". Ces féminins de portée générale ne m'apparaissent pas comme agressivement féministes mais comme neutres : une victime du devoir, une sommité médicale, une erreur de casting, etc. Neutres, ces termes de forme féminine le sont, tout comme le sont ces termes de forme masculine mais de portée générale : un cas social, un élément moteur, un exemple pour la jeunesse, un personnage haut en couleurs, etc.

Le délire haineux de la vengeance d'un sexe contre un autre ne nous ressemble pas, ni moi la femme, ni moi l'homme. Femme, je m'inscris contre la guerre des sexes ; à l'instar de tout homme digne de ce nom. Homme, j'ai cette violence symbolique en horreur ; à l'instar de toute femme digne de ce nom.

Mais avec les tenants de votre affligeante cacographie surnommée "écriture inclusive",  on passe à autre chose que la rage de faire rendre gorge au sexe opposé : on s'installe dans une position de sabotage culturel dont l'obscurantisme est très alarmant.

Les dynamiteurs de trésors culturels en Syrie ou en Afghanistan s'attaquèrent à des ruines de pierre, et le monde les réprouva. Vous, les tenants du sabotage graphique radical de l'écriture gréco-latine vivace depuis trois millénaires, vous criblez de balles une langue vivante et vous le faites "la fleur au fusil". Car comme les ravageurs de ruines antiques, vous orchestrez cet autre ravage au nom de la fin d'une oppression : celle de la lettre de l'alphabet.

Ne voyez-vous pas que cette oppression n'existe pas ? Non, vous ne le voyez pas. C'est le propre d'un délire que d'apparaître au délirant comme la réalité.

Ne vous étonnez pas, toutefois, que notre organisation soucieuse de vitalité de la langue désigne votre entreprise de désagrégation de notre langue comme mortifère, et agisse pour préserver la collectivité francophone de ce qui s'affirme comme un projet de sape malveillant, vengeur, fulminant, régressif, et non comme un vent de fraîcheur, de bonté ni de progrès.

Miss L.F.

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