mercredi 2 mai 2018

Ô sœurs et frères, pas de féminicide, par pitié

Une politicienne française s'est mise en tête de faire entrer dans les nôtres le néologisme "féminicide" (sic). En quoi cela est-il une bien mauvaise idée ?

S'il s'agit du meurtre de la femme en tant qu'épouse, se flatter d'employer le mot "féminicide" est une lourde démonstration d'ignorance qui fait honte à qui s'en gargarise, car le mot pour désigner l'homicide de l'épouse existe déjà depuis des lustres, c'est : UXORICIDE (du latin uxor = femme, épouse).

Qu'il s'agisse d'un assassinat (préméditation) ou d'un meurtre (volonté non préméditée de donner la mort), tuer délibérément son épouse s'appelle en français un uxoricide.

Maintenant, si le néologisme "féminicide" prétend fustiger avec une véhémence et une vindicte particulières les homicides frappant les femmes, en tant qu'humains féminins et non en tant que conjointes, on ne peut que refuser cette autre expression d'ignorance exaltée. Car l'HOMICIDE n'est pas l'acte de donner la mort à un homme (qui exigerait deux M !) mais à un être humain (avec un seul M). Comme son orthographe l'indique, l'homicide (avec un seul M) ne fait pas des victimes hommes mais des victimes humaines ! Qu'elles soient femme, homme ou enfant.

Pour l'homicide d'une fillette par une marâtre ivrogne faut-il inventer le filletticide ?

Pour l'homicide par imprudence d'un jeune homme, commis par un groupe de filles et de garçons le bizutant, avons-nous besoin du jeunhommicide ?

Non. Pas davantage que notre langue n'a besoin de "l'hommicide" (avec deux M) quand la victime serait masculine et du "féminicide" pour les victimes féminines. Car bientôt, il faudrait alors équiper le français d'un mot différent selon que la bonté, la gloire, la guérison, le travail, le rire, la jeunesse soient ceux d'un homme ou d'une femme. Un tel mur de démarcation monté par de fébriles hérauts de la guerre des sexes n'a pas sa place dans la bienveillance de notre langue maternelle (*).

Quant à exprimer par "féminicide" l'idée selon laquelle l'homicide commis sur une femme (qu'elle soit tuée par un homme ou une femme) serait plus terrible que l'homicide commis sur un homme (qu'il soit tué par une femme ou un homme), n'est-ce pas absolument inacceptable ? Si. C'est une insinuation sexiste sordide : "les hommes sont en toute circonstance moins à plaindre que les femmes, et leur mort par homicide n'exige donc pas d'être spécialement dénommée, contrairement à la mort des femmes par homicide.  Les victimes masculines se verront refuser tout mot spécifique pour l'homicide qui les emporte, mais les femmes se verront reconnu le droit à un terme qui permette de les pleurer, elles seules et plus tragiquement, parce que les voir mourir est plus pénible." C'est imbécile. Les humains soucieux d'égalité de condition et portés à la compassion sans distinction de genre ne s'y reconnaissent pas.

Allez, retrouvons la raison. Et notre dictionnaire... Laissons mourir l'ignare "féminicide". Car si tuer son époux n'a pas de nom particulier (**), tuer son épouse en a déjà un : c'est l'uxoricide.

Miss L.F.

(**) NDE : Y a-t-il parmi nos chers abonnés des idiots au dernier degré qui s'offusquent que la langue soit dite maternelle et non paternelle, et qui réclament la parité jusque dans cette formule ancestrale ? (*) NDE : Est-ce équitable, au fait ?

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