mercredi 12 octobre 2016

on est sur une écuyère en bikini

"C'est vrai, c'est bon, c'est fini, c'est de la moutarde de Dijon, c'est une Ferrari."

Spécialité de notre langue, classée parmi parmi ses gallicismes (tournures propres à la langue française), la formule c'est semblait impérissable il y a encore cinq ans. C'était sans compter avec la propension des francophones de France à parler désormais systématiquement comme les présentateurs de télé aux qualités d'expression les plus incertaines.

A la télévision, le critique culinaire vous explique qu'on est sur une moutarde de Dijon, le spécialiste de sports automobiles vous révèle qu'on est sur une Ferrari, et le politologue qu'on est sur une grève dure.

En lieu et place du gallicisme "c'est", la langue médiatique a ainsi répandu l'usage d'une tournure de remplacement omniprésente autant que sotte : "on est sur".

S'ils sont vraiment gens de goût, le sommelier et le caviste seront bien inspirés de s'en détourner et de se remettre à nous dire avec simplicité : "voilà un Sancerre blanc" ou "c'est un Sancerre blanc" ou encore "je vous propose un Sancerre blanc", plutôt que de continuer à nous saouler avec leur  "là, on est sur un Sancerre blanc".

"On est sur" ne constitue pas une évolution mais une dégradation de notre langue, par perte de sens. Car, non, nous ne sommes pas sur de la moutarde de Dijon lorsqu'on en pose un pot devant nous ou sous nos narines.

Et si cette écuyère est bien en bikini sur son cheval, nous ne sommes malheureusement pas sur elle. "Là, on est sur une écuyère en bikini", est donc à la fois du mauvais, du très mauvais français et un vilain bobard.

Amputons notre langue de ce "on est sur" complètement gangrené.

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