Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du mai, 2013

liaisons mal t'à propos

"Des ex-e-z'employées municipales l'accusent."   (un journaliste de BFM TV, flash-back de mai 2011 concernant la pratique de la réflexologie par Georges Tron, ministre démissionnaire) La foule des professionnels de la parole qui pratiquent la paragoge ne cesse de grossir. La paragoge consiste à prononcer une voyelle qui n'existe pas. Cette faute de phonétique était autrefois réservée aux enfants en bas âge et aux accents méridionaux emportés par leur fougue chantante. Lorsque le journal Ouest-France devient " Ouest'e-France ", il y a paragoge. Quand l' ex-femme devient ex'e-femme ou quand l' expatrié devient ex'e-patrié , il y a paragoge. Et quand un commentateur professionnel de l'actualité politique nous parle des accusatrices d'un ministre démissionnaire en les désignant, non pas comme d'ex-employées municipales ni, par paragoge, comme des "ex'e-employées", mais carrément comme des "ex...

et autres quoi ?

Dans les pages du journal Le Monde, un article intitulé " Adidas et autres Coca-cola misent gros " semble ainsi affirmer qu'Adidas est un Coca-cola parmi d'autres ... Ce qui ne veut strictement rien dire - à moins que le jus de chaussette de sport soit depuis peu mis en bouteille. Cet usage impropre de la locution " et autres " tend à se répandre en France. Ainsi entend-on dire : " tigres, panthères et autres lions ". Or, ni les tigres ni les panthères n'étant des lions, il ne peut exister "d'autres lions" que les tigres et les panthères ! La formule " et autres " doit toujours être suivie - explicitement ou implicitement - d'une catégorie commune à tous les éléments de l'énumération. Dans l'exemple ci-avant, il faudrait dire : " tigres, panthères et autres fauves " ou " tigres, panthères et autres félins ". À la rigueur, on peut aussi placer " et autres " en extrême fin d...

être démis ou démissionner, telle est la question

La Mission linguistique francophone a pris la peine de signaler aux rédacteurs concernés la lourde faute de français qui entachait les gros titres de la presse française - et par contrecoup leur crédibilité en matière rédactionnelle : " Delphine Batho démissionnée " (sic). Pour mémoire, on ne "démissionne" pas quelqu'un, on le démet (de ses fonctions). La femme politique en question a donc été démise - ou poussée à la démission - et non "démissionnée". De même, une personne qui s'alimente n'est pas "mangée", elle mange. La confusion entre les significations d'un même verbe selon qu'il est employé à la forme active ou passive est en principe une erreur qu'on ne commet plus au sortir de l'école élémentaire ; faute de quoi on n'est pas admis au collège. Et moins encore admis à rédiger les titres de la presse francophone.

procédé, procédure, processus, process

Le monde de l'industrie se plaît à employer en français le mot " process ". Il s'agit pourtant d'un terme anglais que notre langue n'a pas incorporé, à la différence de concerto  ou cocktail  devenus français. Elle ne l'a pas incorporé car les francophones n'en ont aucun besoin. Sauf par snobisme ou par inculture, bien sûr. Le snobisme consite à parer de vertus valorisantes tout jargon emprunté à l'anglais ou inspiré de lui. Ou à s'exprimer le plus obscurément possible entre membres d'un corporation pour toiser ceux qui n'en font pas partie. L'inculture consiste à ne pas posséder dans son vocabulaire de base les termes français dont " process " est la traduction en langue étrangère. Comme le souligne ici Christian Hohmann , le français est en la circonstance plus précis que l'anglais " en distinguant le procédé du processus et de la procédure , ce que la langue anglaise s'économise en concentrant les...