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Affichage des articles associés au libellé parataxe

support papier : le monstre administratif indécrottabe

Sachant que le papier est par nature un support, il est inapproprié de le préciser dans la formule " sur support papier ", comme il serait inapproprié de voyager " en véhicule voiture " ou de servir le beaujolais " dans un récipient verre ballon ". Cette précision superflue, appelée périssologie, se double ici d'un viol de la grammaire : qualifier un terme à l'aide du mot papier , notre langue ne le permet pas car le mot papier n'est pas un adjectif ! Les choses ne sont pas " papier ", elles sont en papier ou sur papier ou de papier [telle notre licorne]. Le français connaît les industries papetières (industries du papier), les cocottes en papier et les corbeilles à papiers , mais ne connaît pas les documents papiers (sic), les versions papier (sic), les annuaires papier (sic), le support papier (sic) ni les objets " papier " d'une manière générale.  Les formules employant le mot papier comme qual...

relation client et taxe carbone

Un directeur commercial dont nous tairons charitablement le nom se plaît à disserter sur " La relation client et la connaissance client ". Cette vogue sans doute irréversible de l'expression " relation client " (et tous ses dérivés) consterne les gens qui sont passés par l'école maternelle, le collège puis le lycée, sans aller ensuite se fourvoyer dans une école de commerce, où l'on désapprend, point par point, et avec beaucoup de détermination semble-t-il, les fondements de la langue française. Le jour où tout le monde accolera ainsi les mots à la façon des " relation client " et " taxe carbone " ou " structure bois ", c'est-à-dire sans lien syntaxique, on verra éclore des " robes mariée " [robes de mariée], " chefs service " [chefs de service], " jardins plantes " [jardins botaniques, jardins des plantes], " directeurs argent " [directeurs financiers], etc. On n'en fréti...

la confiance clients : une purge vendue en pharmacie

Pour se faire une idée du mépris qu'inspire le souci du maniement le plus élémentaire de notre langue à certains membres de professions pourtant dites "professions intellectuelles supérieures", on peut pousser la porte d'une officine pharmaceutique et s'émouvoir d'y être accueilli par la proclamation publicitaire incongrue reproduite ci-contre. Signaler, comme nous l'avons fait dans une officine à Paris, l'aberration syntaxique de cette proclamation publicitaire ornant sa vitrine est un moyen très sûr de déclencher l'hostilité railleuse de la pharmacienne, dans le registre "oui, bon ben quoi, j'vois pas où est l'problème, j'y peux rien", le bras fermement croisés sur la poitrine, le sourire narquois et la mauvaise foi en bandoulière. Donc, on peut être titulaire d'un diplôme de docteur en pharmacie, membre d'un groupement de pharmaciens pour qui " notre santé est capitale " (autre proclamation publi...

défense et attaque de Didier D., orateur footballistique

En France, une émission satirique de la télévision [ Le Petit Journal ] se délecte de railler la diction d'un dirigeant du football de ce pays, M. Didier Deschamps, qui serait coutumier de ne pas prononcer correctement la lettre X et de la remplacer par le phonème S : un homme d' espérience au lieu d' expérience . Chez l'intéressé, cette élision du son x relève d'un accent régional. Cela ne prête donc pas à la critique acerbe, contrairement à la prononciation ignare de " archet " comme " archer ", selon une désaffection pour la justesse des voyelles qui conduit des cohortes de professionnels de la diction sans le moindre accent régional pittoresque à nous dire " elle voulez " au lieu de " elle voulait ", ou à nous parler de la cote au lieu de la côte et inversement. Ce qui est beaucoup plus désolant dans le discours du locuteur que nous venons de défendre pour sa diction, c'est le massacre de la syntaxe qu'il p...

zéro déchet

" Ils vont devoir me remettre une stratégie zéro déchet dans les trois mois . " (Brune Poirson, dans ce clip officiel produit par le ministère français de la Transition écologique et solidaire, 4 juillet 2020) " Remettre une stratégie zéro déchet " ? Mme Poirson est-elle bien sûre de ce qu'elle dit et de la manière dont elle le formule, après mûre réflexion en compagnie de ses conseillers et avec la bénédiction de sa ministre de tutelle ? Manifestement, oui, elle en est satisfaite. Elle se fait même filmer le disant, et sous-titrer pour enfoncer le clou. Triple faute, pourtant. Condensées en trois mots, ces trois fautes ou erreurs révèlent un niveau stagnant de pollution culturelle de la langue, mazoutée par les solvants du marketing, asphyxié par le jargon et le compactage d'une pensée réduite à ses seuls mots-clefs . A/ Le choix du verbe est impropre : en français on ne " remet " pas une stratégie, à moins de la remettre à plus ...

relations publics

Cette faute d'orthographe manifeste est en réalité un barbarisme insidieux, inventé par idolâtrie du jargon des affaires, entre communicants fiers de leur perte de repères linguistiques et logiques, et désireux d'en faire largement étalage. Voici de quoi il retourne. En France, quelques agences spécialisées dans les relations publiques se sont regroupées dans le syndicat Syntec, dont le président a tenté de promouvoir entre 2010 et 2016 la notion de "relations publics" (sic). Désignation ahurissante adoptée depuis par une des sociétés ainsi syndiquées, à l'instigation de l'inventeur ci-contre, dont il convient de taire le nom par humanité. Cette tournure grammaticalement fautive se veut calquée sur le modèle d'autres expressions incorrectes telles que "les relations investisseurs" (sic) [au lieu de les relations avec les investisseurs ] ou "la relation clients" (sic) [au lieu de la relation commerciale ou les relations avec les cl...

taxe carbone et parataxe

Pour venir au secours de la terre, il est actuellement* question d'instaurer une taxe sur les émissions de carbone. Ce projet sans doute louable gagnerait à ne pas s'accompagner d'une création terminologique nuisible à la santé de notre langue. En effet, cédant à la mode de la suppression arbitraire des petits mots de liaison, les orateurs politiques annoncent une future " taxe carbone " (sic). Et les journalistes ne rectifient pas le tir. Ce n'est pourtant tout simplement pas du français. En français, les substantifs sont qualifiés par un adjectif ou par un complément de nom : on mène une vie professionnelle et non " une vie métier " ; on écoute le chant du coq et non " le chant coq ". C'est une donnée syntaxique toute simple qui assure le fonctionnement harmonieux de notre langue. Pour en revenir au jargon " taxe carbone ", ce viol de la syntaxe par la terminologie fiscale est une funeste nouveauté. Jusqu'à pré...