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ligne un ou ligne une ?

Les nombres sont invariables. Le nombre 1 ne fait pas exception, ni pour les quais de gare, les lignes de bus ou de métro ni ailleurs.

Les reportages sur les grèves de transports ferroviaires ou aériens nous valent un désagrément très minime par comparaison avec la privation de la liberté d'aller et venir résultant de ces grèves elles-mêmes.

Nous visons ici le ressassement de la faute de lecture, de grammaire et de logique en voie de généralisation : la lecture de "ligne 1" ou "voie 1" ou "porte 1" sous la forme "ligne une" ou "voie une" ou "porte une" ; au lieu de "ligne UN",  "voie UN"ou "porte numéro 1" correctement prononcés "un", puisqu'il s'agit du premier des nombres : le très invariable 1, suivi des très invariables 2, 3, 4 etc.

La prononciation fautive "ligne une" est fondée sur l'erreur selon laquelle le chiffre 1 serait un adjectif cardinal qualifiant le mot féminin "ligne". Absolument pas.

Le 1 est un signe arithmétique, donc un simple numéro de code. Comme le sont le 14 du quatorze juillet, et les numéros de l'autoroute A3 ou de la nationale 7. Qui ne sont pas une "autoroute tierce" ni une "nationale septième", mais bien des voies de circulation portant des numéros de code 3 et 7.

Certains professionnels de la communication persistent pourtant à vouloir faire exception avec le numéro de code 1.

Entrons dans leur raisonnement et appliquons-le, par exemple, au célèbre apéritif figurant en illustration. Ce Pastis 51 que tout le monde prononce correctement "cinquante-et-un" parce que pastis est masculin ; tandis qu'une bière 51 devrait (selon ceux qui prononcent incorrectement "ligne une") se prononcer "bière cinquante-et-une"car bière est féminine. Si tel était le cas, alors une adresse au 21 de la rue de la République devrait se prononcer "vingt-et-une rue de la République" puisque le mot rue est féminin... et la République aussi !

Ce n'est évidemment pas le cas. Vous ne prononcez pas les numéros d'adresse tantôt au féminin pour les accorder avec rue, impasse, place ou avenue, tantôt au masculin pour les boulevards et les chemins ruraux. Donc, n'accordez pas non plus le numéro 1 des lignes de bus ou de métro avec le féminin des lignes, ni le 1 des codes de vos cartes bleues sous prétexte que carte et bleue sont féminins.

Le quai 1, le guichet 1 sont le quai et le guichet portant le numéro un. La voie 1, la porte 1 sont la voie et la porte portant le numéro un. Ce numéro est invariable.

Qu'on se le dise, de quai en quai, d'administration en administration, et de micro en micro. À commencer par ceux d'Europe 1, que nul ne prononce "Europe une".

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Commentaires

Syl a dit…
Intéressant et instructif mais déprimant d'évoquer en ce moment la ligne 1 qui est en saturation aux heures de pointe avec la ligne 14 (Et non 14ème...) 🤔
Anonyme a dit…
Bonjour

Juste une question qui n'a rien à voir.

Je travaille sur le sujet de la "désimperméabilisation" des sols, auriez-vous une idée géniale pour éviter ce néologisme des plus barbares ?

L'idée étant de rendre leur perméabilité aux sols en ôtant les couches étanches des revêtements de surface.

Merci
Miss L.F. a dit…
La désimperméabilisation s'inscrit dans un courant de transformation du français en hongrois.

Eh ! Oui... On est tellement obnubilé par l'anglicisation de notre langue qu'on ne remarque pas suffisamment sa magyarisation. Le hongrois (comme le japonais, le coréen ou le malgache) est une langue dite "agglutinante", qui s'exprime exclusivement - et non occasionnellement comme l'allemand ou l'anglais - au moyen de mots complexes fabriqués selon les besoins du propos, et porteurs de notions multiples. Ainsi en est-il de "désimperméabilisation" ou "cybercriminalité". Le français appartient aux langues les plus nombreuses qui conservent au contraire aux mots leur autonomie et les fait s'entraider plutôt que fusionner... En Hongrois, par exemple "quand j'étais enfant" se dit en un seul mot, dont le sens et la forme sont à peu près souvenirmoiépoqueenfant.

En français on dit (ou plutôt on disait il y a encore dix ans) "député européen", tandis qu'en français désormais magyarisé et anglicisé, on dit "eurodéputé". Et on dit "désimperméabilisation" plutôt que d'associer des termes simples ou de forger un néologisme concis.

La désimperméabilisation (21 lettres, 9 syllabes !) est déjà entrée dans le vocabulaire technique. Peut-on encore la remplacer par un néologisme intelligible, intelligent et concis ? Bien sûr ! Le voudra-ton ?...

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