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Affichage des articles associés au libellé style

a-t-elle l'air sérieuse ou l'air sérieux ?

La forme extrême du purisme s'appelle hypercorrection . C'est la méprise qui porte à considérer comme fautive une formulation n'appelant en réalité aucune critique. Ainsi en va-t-il de la croyance erronée selon laquelle l'expression " elle n'a pas l'air méchante " serait fautive, puisque le mot air est masculin et qu'il faudrait donc voir en " méchant "  une épithète  qualifiant l'air (méchant) de cette personne et non la personne (méchante) elle-même. Or, cette analyse est rarement juste et souvent entachée d'ypercorrection, car fausse. Lorsque c'est effectivement l'air adopté par la personne qui est qualifié, bien sûr le qualificatif de son attitude ou de son expression du visage doit être au masculin : " elle a un air absent " signifie qu'elle affiche une expression absente, un air absent. Tandis que " elle a l'air absente " signifiera qu'elle semble ne pas être là : " j'ai ch...

deux poids, deux mesures

GRAMMAIRE et STYLE ORATOIRE : soupesons ici une faute récente et fulgurante, à éradiquer ensemble. L'expression FAIRE DEUX POIDS, DEUX MESURES n'est pas un mot composé mais un membre de phrase ; comprenant même une virgule en son milieu ! Il est donc particulièrement inepte et contraire à toute logique syntaxique de placer devant "deux poids, deux mesures" un article (le, un, du, etc) ou un pronom démonstratif ou possessif (ce, votre, etc), Cette manie irréfléchie est apparue très récemment en France dans le discours politique sur le soutien à apporter ou non à divers pays actuellement en guerre. Elle est ressassée sans discernement par presque tous les orateurs politiques, puis reprise à satiété par les journalistes et les militants qui - manifestement - boivent leurs paroles même quand elles ne sont pas potables. CORRECT : Pourquoi faire deux poids, deux mesures ? INEPTE : Pourquoi faire du deux-poids-deux-mesures ? La même affection s'est abattue dans les a...

repartir à la hausse ou à la baisse

Il est hautement préférable de dire que la température est en hausse ou augmente plutôt que " la température repart à la hausse ". Voici pourquoi. Préciosités balourdes sur le plan du style et grammaticalement fautives, les formules " repartir à la baisse, repartir à la hausse " étaient un tic verbal du défunt commentateur boursier radiophonique Jean-Pierre Gaillard. Non seulement ce tic lui a survécu mais il a supplanté les termes les plus clairs : augmenter, croître, se réduire, baisser, etc. Examinons la cascade de gaucheries qui éclabousse cette malencontreuse complication du langage. • Grammaticalement, baisse et hausse doivent être précédées de la préposition en et non à : en hausse, en baisse ; et non à hausse, à baisse. • Il n'y a pas lieu d'y intercaler un article, défini ou indéfini. C'est même à bannir : en une hausse, en une baisse sont aussi ineptes que en la baisse, en la hausse. Rien ne s'améliore lorsque la préposition à r...

contre la montre, le féminin doit toujours l'emporter

L'expression " contre la montre " est un complément de manière  créé par métaphore au vingtième siècle par le vocabulaire sportif pour préciser la nature d'une épreuve de vitesse. Chaque concurrent s'y élance seul. La performance sportive qu'il est en train d'accomplir, il ne peut donc pas la jauger selon son avance ou son retard sur un adversaire ou un groupe autour de lui, par exemple un peloton de coureurs cyclistes. Pour doser son effort vers un exploit victorieux, il ne peut se fier qu'à l'écoulement du temps. Il n'a d'autre adversaires que ses propres limites physiques ; mesurées par la durée de son tour de force. Seules l'aiguillonnent les aiguilles d'une montre. Cette notion imagée de course menée contre une montre , puis contre " la" montre (par emphase), a enrichi notre langue d'une expression savoureuse : la course contre la montre . Hélas, au détour du 21e siècle, la lexicalisation  irréfléchie du compléme...

ni : la juste négation de l'addition

Les professionnels de la langue française - journalistes, orateurs politiques, enseignants - tendent à perdre de vue l'existence de la conjonction ni . Ainsi le journal français Le Monde titre-t-il : " pas de sanctions pour Madrid et Lisbonne ". Or, la négation de l'addition n'est pas et mais ni . La rédaction correcte est ici : " pas de sanctions pour Madrid ni Lisbonne ". Dans un souci de meilleure information, il eut été plus correct encore de nous épargner ces métonymies géographiques routinières dans le commentaire politique, et d'écrire avec plus de simplicité :  " pas de sanctions pour l'Espagne ni pour le Portugal ", puisque c'est effectivement de mesures de rétorsion économique contre ces pays qu'il était question dans l'actualité internationale, et non contre les villes où siègent leurs gouvernements. CLIQUEZ ICI POUR ACCEDER AU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE [M•L•F•]  

noms de fonctions en charabia : la RATP donne l'exemple

Sœur de la journaliste Christine Ockrent , Isabelle Ockrent peut apparaître comme une femme déterminée et sûre d'elle, puisqu'elle a réussi à se hisser au poste élevé de Directrice de la communication et de la marque de la RATP (1). Mais ce serait mal la connaître : la Directrice de la communication et de la marque de la RATP est une femme timide, souvent même effacée. En voici la preuve. Madame Ockrent assiste de plein droit aux conseils d'administration de la RATP. Il en va de même pour son éminent collègue François Saglier . Ces deux cadres supérieurs se voient donc régulièrement, et sur un pied d'égalité hiérarchique. La seule différence entre eux consistant en ceci : il est du ressort d'une directrice de la communication de veiller à la bonne formulation de tous les intitulés officiels, y compris les noms de fonctions. Malgré cela, et certainement en raison d'une timidité invalidante plutôt que d'une incompétence coupable, la directrice de la c...

métaphores : vers un puritanisme rhétorique

Dans sa  Lettre de la Médiatrice de Radio France , ladite médiatrice Emmanuelle Daviet s'est fait l'écho - en toute neutralité bienveillante - d'une protestation compréhensible mais infondée, sous ce titre en forme de truisme rédigé par une auditrice française mécontente : "la schizophrénie n'est pas une métaphore" [non, en effet, c'est une maladie mentale, nul ne l'ignore]. Cette auditrice entend que soit autocensuré, voire censuré d'autorité, l'usage des noms de maladies comme métaphores ou hyperboles. Ce vœu est contraire à la liberté d'expression, à la littérature et à la vitalité du français courant. Pour apaiser nos propres lecteurs en leur ouvrant les yeux sur l'innocuité de ces sens figurés, voici maints exemples de métaphores d'affections médicales dont il n'y a pas lieu de s'émouvoir, aussi cruelles que soient ces pathologies pour qui en souffre dans la réalité : • la surdité ("vous êtes sourds à nos demandes...

accord signé mais pronom désaccordé

Ce matin [NDE : début 2012], sur France Inter , le président francophone de la République française [NDE : Nicolas Sarkozy] a fait cette déclaration : " Nous, les pays qui ont signé ce traité... " Aucun de ses contradicteurs politiques ni aucun de ses interlocuteurs médiatiques n'a bronché. Par la plus haute autorité morale de leur pays, et dans le silence approbateur des relais d'opinion les plus écoutés, les Français se voient donc invités à ne plus accorder le pronom et le verbe. Sous l'impulsion de ces élites en délicatesse avec leur outil de travail premier (la langue française), la conjugaison du verbe avoir "évolue" de telle manière qu'on nous tient à peu près ce langage : " Nous ont signé, j'as signé, il avons signé, etc ." La Mission linguistique francophone n'analyse pas cette dérive grammaticale comme une "évolution" inhérente à toute langue vivante, mais comme une altération. Et pour ramener un discours ...

robe de mariée tachée

La tournure " une offre prestigieuse de formations " (1) peut sembler sans défaut. Elle est pourtant plus que malhabile, en style et en syntaxe. Car il existe une règle instinctive, qui souvent nous échappe : on n'intercale pas d'adjectif entre un nom et son complément de nom. • " Bon chef de service " et non "chef bon de service" ! • " Robe de mariée tachée " et non "robe tachée de mariée". • " Fin de vie paisible " et non "fin paisible de vie". Dans notre exemple initial, la faute est peu flagrante, peut-être, mais à corriger. Ce qu'on fera en plaçant le qualificatif non pas au milieu mais devant le bloc insécable formé par le nom offre et son complément de nom de formations . Ce qui donne : " une prestigieuse offre de formations ". (1) Cet exemple fautif est emprunté à une publication de la mairie de Paris, capitale mondiale de la francophonie, qui gagnerait à intégrer dans son service de c...