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Articles

Affichage des articles associés au libellé mercatique

influenceuse, influenceur

Ce malheureux jeune homme, emporté par une surdose de produit stupéfiant à 17 ans, était " influenceur beauté ". Par ce charabia juxtaposant deux termes sans lien syntaxique, il faut comprendre qu'Ethan prodiguait aux internautes des conseils de maquillage et de coiffure.  Telles autres personnes seront " influenceuses voyages "si leur activité consiste à vous rendre désirables des destinations touristiques, par la publication sur internet de leurs propres séjours là-bas. Les destinations en question les rétribuent en retour, directement ou indirectement, Influenceurs ... Quel intitulé de fonction... Quel concept affligeant... Il suppose que nous aurions besoin des services de personnes dont le métier ne serait pas de nous conseiller, nous orienter ni nous aider, mais plus insidieusement de nous "influencer". Ce nom de métier résonne comme une revendication anti-darwinienne : c'est fini, l'homme ne descend plus du singe mais du mouton d...

Flyboard : vite, un nom !

Difficile de réprimer un cocorico  à l'idée qu'une équipe française et son meneur Franky Zapata soient en train de donner corps aux images de surhommes volants issues de la bande dessinée et du cinéma, ces intrépides sauveurs de l'humanité se mouvant en " scaphandre autonome " aérien. Il faut craindre une réaction de jalousie de la part de tel ou tel pays, des réflexes de mauvais perdants, du même ordre que ceux ayant accueilli l'éblouissant Concorde franco-britannique. Mais il faut aussi se réjouir de l'estime qui va retomber du ciel sur les Français et leur légendaire ingéniosité - puisqu'on doit aussi à notre culture non seulement le champagne, les châteaux de la Loire et la haute couture mais la boîte de conserve, le vaccin, la photographie, le cinéma, la découverte de Neptune, le ballon dirigeable, la révélation de la radioactivité, l'écriture pour aveugles et la carte à puce. Il serait désolant de ne pas trouver immédiatement un terme...

relation client et taxe carbone

Un directeur commercial dont nous tairons charitablement le nom se plaît à disserter sur " La relation client et la connaissance client ". Cette vogue sans doute irréversible de l'expression " relation client " (et tous ses dérivés) consterne les gens qui sont passés par l'école maternelle, le collège puis le lycée, sans aller ensuite se fourvoyer dans une école de commerce, où l'on désapprend, point par point, et avec beaucoup de détermination semble-t-il, les fondements de la langue française. Le jour où tout le monde accolera ainsi les mots à la façon des " relation client " et " taxe carbone " ou " structure bois ", c'est-à-dire sans lien syntaxique, on verra éclore des " robes mariée " [robes de mariée], " chefs service " [chefs de service], " jardins plantes " [jardins botaniques, jardins des plantes], " directeurs argent " [directeurs financiers], etc. On n'en fréti...

Hop ! En marche ! Debout !

Incorporer un signe de ponctuation à un nom propre est une idée à demi heureuse seulement, apparue dans le secteur de la publicité au cours des années 1970. Plusieurs mouvements politiques et diverses marques ont récemment eu recours au point d'exclamation pour s'inventer une appellation. Dans le secteur des transports, c'est Hop !, nouvelle marque d'Air France. Dans le monde politique, ce sont Debout la France ! et En marche ! Il n'y a là aucune maltraitance de notre langue. Mais la décision d'inscrire un point d'exclamation dans les noms d'institutions ou d'entreprises ne présage rien de bon. Outre le suivisme que cela dénote, on peut en effet se demander si les garants de notre liberté, ceux qui briguent du pouvoir ou en détiennent déjà, font un choix judicieux en se donnant pour dénomination une injonction. "Une injonction ? Mais non ! Une exhortation - diront certains - une simple et joyeuse exhortation." Si l'onomatopée H...

literie et mobilier de jardin

Dans le catalogue et dans la signalétique intérieure d'une enseigne d'ameublement dont l'un des dirigeants est un ex-ministre français du redéploiement industriel, les chalands peuvent s'effarer de se voir proposer une rubrique intitulée Chambre et bedding (sic) au lieu de Chambre et literie . On trouve pareilles anomalies linguistiques chez des marchands de mobilier de jardin qui qualifient leurs collections de " outdoor " (sic). Egarés dans le snobisme des jargons professionnels faussement anglophones mais réellement snobs, les directeurs du marketing qui préconisent de tels intitulés semblent avoir complètement perdu le sens commun. We are NOT English speaking customers, guys !  Merci de nous parler français. Il se trouve que les mots jardin et literie sont particulièrement agréables à l'oreille et à l'esprit, et pas plus longs à écrire ni à articuler que leurs équivalents anglais ; so why the f... change them for this awkward "outdoor...

relations publics

Cette faute d'orthographe manifeste est en réalité un barbarisme insidieux, inventé par idolâtrie du jargon des affaires, entre communicants fiers de leur perte de repères linguistiques et logiques, et désireux d'en faire largement étalage. Voici de quoi il retourne. En France, quelques agences spécialisées dans les relations publiques se sont regroupées dans le syndicat Syntec, dont le président a tenté de promouvoir entre 2010 et 2016 la notion de "relations publics" (sic). Désignation ahurissante adoptée depuis par une des sociétés ainsi syndiquées, à l'instigation de l'inventeur ci-contre, dont il convient de taire le nom par humanité. Cette tournure grammaticalement fautive se veut calquée sur le modèle d'autres expressions incorrectes telles que "les relations investisseurs" (sic) [au lieu de les relations avec les investisseurs ] ou "la relation clients" (sic) [au lieu de la relation commerciale ou les relations avec les cl...

l'envie frénétique de parler une langue inepte

Une entreprise industrielle du Haut-Rhin [France] convie les professionnels de son secteur à découvrir ses " nouveautés produits ". Le marketing n'excuse pas tout. Quand on se souvient combien les Alsaciens ont ardemment souhaité demeurer français, on s'étonne que la société B*** agresse aussi cruellement la langue française. Petit rappel : en français, on dit " les nouveaux produits " et non " les nouveautés produits ". Si B*** nous vantait ses " nouveautés produit es ", on supposerait qu'il s'agit des nouveautés qu'elle a produites... Mais les " nouveautés produits ", on suppose qu'il s'agit d'une folle perte de repères grammaticaux, par la faute de laquelle le nom " produits " devient un qualificatif (masculin) du nom " nouveautés " (féminin). L'entreprise B*** et toutes celles qui jargonnent de la sorte seront bien inspirées de rectifier leurs messages publicitaires pour...

cuisine mercatique

La mercatique [nom français du marketing ] aime en imposer aux masses, fut-ce au prix des pires préciosités de langage. Dans l'univers agro-alimentaire, la tendance actuelle des gens du marketing est à la cuisine lexicale que voici : délaisser les noms de recettes sobres construits sur le modèle de " pommes de terre sautées ", de " canard à l'orange " ou de " poisson pané " ; et réchauffer à satiété le principe du "sauté de veau" . Pour cela, il suffit de faire gonfler le participe passé (sauté) qualificatif  pour le transformer en substantif ( un sauté), puis de l'additionner du nom de l'ingrédient principal (veau), préalablement décortiqué sous forme de complément de nom ( de veau). Ainsi l' orange pressée devient-elle du " Pressé d'orange ". La bonne vieille boîte de thon en miettes devient un " Émietté de thon ". Et la purée congelée, un " Écrasé de pomme de terres au beurre " ...

la mercatique

L' Académie française a administré la démonstration de sa fécondité en créant les néologismes francophones destinés à remplacer " software " ( logiciel ) ou " walkma n" ( baladeur - trouvaille presque géniale, qui renvoie à la fois à la ballade musicale et à la balade à pied ). On ne peut pas dire que la vénérable institution se soit montrée aussi bien inspirée lorsqu'elle s'est mise en tête de forger un terme de remplacement pour le mot anglais marketing , qu'elle a rebaptisé mercatique . À moins qu'il s'agisse d'une sanction délibérée... Car le mot mercatique est tellement voisin des adjectifs merdique et mercantile , l'un et l'autre péjoratifs, qu'on peut se demander si les académiciens français n'ont pas voulu châtier les praticiens du marketing, grands massacreur de la langue française, en imposant à leur discipline un nom aux saveurs infâmes. CLIQUEZ ICI POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE...