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Articles

Affichage des articles associés au libellé barbarisme

quand tout est "sécurisé", plus rien n'est sûr...

Réédition de notre article de 2010 En France, le discours politique des premières années du vingt et unième siècle a été pétri de considérations sur la sécurité et le sentiment d'insécurité. Si le vif succès du mot " insécurité " n'appelle pas de mise en garde, il n'en va pas de même pour l'emploi des barbarismes " sécuriser ", " sécurisé ", " sécurisant " et " sécurisation ", actuellement omniprésents dans le vocabulaire des médias, des administrations et, par contrecoup, du public. Car quand tous est " sécurisé  ", plus rien n'est sûr ; ni certain. Des termes précis au sens exact, non interchangeables, sont anéantis par ce terme passe-partout au sens vague, emprunté à l'anglais, et qui semble avoir irrémédiablement appauvri notre langue. Si "évolution" il y a, elle se fait ici par atrophie, par infection. Il en résulte une infirmité dont les orateurs professionnels ne semblent pas s...

dans les méandres de la Seine "baignable"

La Seine "baignable". C'est avec stupéfaction que les personnes qui n'ont pas encore perdu l'instinct de leur propre langue ont entendu proliférer ce néologisme moche, paresseux, inepte et suiviste, y compris dans la bouche du président Macron, pourtant lauréat du Concours général de français. Ainsi un maire-adjoint parisien chargé de l'eau écrit-il : " La Seine baignable (sic) porte un message rassurant ". Alors qu'il lui suffisait de dire, sans copier sur ses voisins : " Pouvoir nager dans la Seine porte un message rassurant ." Il pouvait aussi évoquer, sans violer notre langue : la Seine saine, la Seine propre, la Seine propre à la baignade (formule adoptée par Le Monde), la Seine où l'on peut nager, etc. Mais en aucun cas : la Seine nageable, la Seine baignable, ses berges marchables - qui sont autant de barbarismes irréfléchis. La langue est notre environnement premier. Ne la rendons pas imbuvable... RAPPEL : Ce qui est...

rouvrir et non réouvrir

Procéder à une réouverture , c'est rouvrir. Et non "réouvrir". Un piège de la langue française à connaître et donc éviter. Une plaie s'est rouverte et non réouverte, un magasin rouvre ou va rouvrir. Voilà. C'est comme ça. Soyez donc fermés à toute utilisation du verbe "réouvrir". Il est fautif. • • • POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CLIQUEZ ICI Pour prendre directement connaissance des missions de la Mission,  cliquez ici.

questrice ou questeuse

Les féminins corrects des termes : • sénateur •  enquêteur • questeur sont, en toute cohérence : •  sénatrice • enquêtrice •  questrice . Tandis que "la sénateure" et "la questeure" sont des barbarismes criants. Les charges parlementaires de  questeur   (de l'Assemblée nationale en France notamment)  et de  rappoteur   (du budget, d'une commission d'enquête, etc) sont cependant la cible de deux féminisations erronées et très entêtées dans l'erreur. D'une part " rapporteure " que ces dames préfèrent aux féminin multiséculaire et seul correct  rapporteuse , exactement aussi noble et indéniable dans sa forme que le sont  chercheuse ,  semeuse, fileuse, chanteuse  ou  conteuse . Mais il leur semble que  rapporteuse  évoque les cafardages de cour d'école. Et alors ? En va-t-il autrement pour les  rapporteurs  ? D'autre part, " questeure ", aussi aberrant que le serait "sénateure", alors qu'existent deux fém...

être candidat ou postuler

Adopté depuis quelques années par certains jargons professionnels, le verbe " candidater " est né des amours banales du snobisme et de la paresse. Le snobisme qui pousse à parler de façon pseudo-compétente, même au prix d'un lourd barbarisme. Et la paresse de retrouver dans sa tête puis d'articuler l'une des expressions correctes pour exprimer cette action, à savoir : postuler, être candidat , se porter candidat , faire acte de candidature ou se présenter (à un examen, un concours d'entrée, une élection) voire s'inscrire (à un tirage au sort, un concours, sur une liste de prétendants à une fonction, une distinction, une invitation gratuite, etc) ou encore briguer . On note que le verbe postuler ne comporte que trois syllabes, contre quatre pour le verbe candidater . Il ne s'agit donc pas ici d'une paresse des muscles de l'articulation, comme souvent, mais de la paresse intellectuelle qui empêche de faire le lien entre la notion de post...

fuiter : un cas d'inceste barbare

Non, un homme politique ne laisse pas " fuiter " une information dans la presse. Il la laisse échapper , il la laisse filtrer , parfois même il la distille ou il la divulgue . Quand un parent et son enfant font ensemble un autre enfant, cela procède de l'inceste. Le résultat n'est pas toujours heureux. Il existe des incestes dans la famille des mots, et les anomalies génétiques n'y sont pas moins affligeantes. Par exemple : le verbe FUIR engendre le substantif FUITE . Quand des journalistes accouplent le parent FUIR et son enfant FUITE , ils enfantent sans vergogne le verbe FUITER (sic), dont le caractère dégénéré n'échappe qu'à eux...  La Mission linguistique francophone s'est émue de cette monstruosité sémantique dès son apparition publique, en janvier 2008 . Quatre ans plus tard, le 2 février 2012 , l' Académie française nous a suivis et a insisté pour que les journalistes chassent de leur esprit le barbarisme fuiter (sic), l...

villes "marchables", c'est non

La presse française se fait actuellement l'écho d'un classement des villes où il fait bon aller à pied . Dans lequel Vincennes et Versailles se hissent en haut de tableau, Marseille en queue de liste, et où Paris occupe une place très au-dessous de la moyenne, à la suite d'aménagements voués au chaos cycliste et trottinettiste qui y a été instauré depuis 2020. Mais là n'est pas la question ! L'ennui, c'est que cet intéressant classement est affublé d'une affligeante dénomination jargonnante : " baromètre des villes marchables " (sic).  Marchable  est un barbarisme néologique infantile. L'adjectif idoine étant AMBULATOIRE (du verbe latin ambulare = marcher ). Et cela depuis 1497 ! Citons la définition qu'en fournit le centre de ressources linguistiques du CNRS : AMBULATOIRE = " qui permet ou n'empêche pas la marche " C'est très exactement ce dont il est question : des villes qui permettent ou ne gênent pas la marche. Des v...

ministres démis de leurs fonctions

"Victoire. Les ministres B..., C..., P... enfin démissionnés." ( Jean-Luc Mélenchon, Twitter, 5 juillet 2020) Voilà un barbarisme peu digne de l'éloquence de ce tribun. Car des ministres DÉMISSIONNENT ou SONT DÉMIS (de leurs fonctions), mais ne sont pas "démissionnés". Ni eux ni personne.  De même, une personne qui s'alimente n'est pas "mangée", elle mange. La confusion entre les significations d'un même verbe selon qu'il est employé à la forme active ou passive est en principe une erreur qu'on ne commet plus au sortir de l'école élémentaire ; faute de quoi on n'est pas admis au collège. Et moins encore admis à rédiger des messages officiels, fussent-ils révolutionnaires ou révoltés. Veillons avec soin sur toute langue vivante, vivante donc fragile. Car il est une forme d'insoumission à la structure porteuse du langage qui ne grandit personne et ne lutte pas dans le bon sens. POUR ACCÉDER À LA PAGE D...

immature ou mûr, mais pas "mature"

En français, le contraire d' immature n'est pas mature (anglicisme) mais mûr. L'adjectif mûr possède un antonyme bien connu : immature . La force de cet antonyme est telle qu'un grand nombre de professionnels de la langue (journalistes, écrivains, politiciens, publicitaires) et de professionnels de la maturité (psychologues, enseignants) en perdent leur français. En effet, l'emploi de l'adjectif inverse de immature, à savoir mûr , est devenu minoritaire dans les médias francophones écrits et parlés, au bénéfice de " mature " (sic). Or, le terme " mature" est impropre et son emploi déconseillé. " Mature " n'est admis que dans le jargon piscicole, où il qualifie un poisson prêt à frayer. Et encore ne s'agit-il là que d'entériner l'adoption ancienne, par toute une profession, de la mauvaise traduction technique du terme anglais " mature " qui signifie mûr et, par extension parvenu à maturité...

colocataires

On a pu constater après l'an 2000 une tendance à la féminisation erronée du mot colocataire , transformé à tort en " colocatrice " (sic). Alors même que personne ne songe à parler d'une " locatrice " au lieu d'une locataire.  Cette tendance est en légère régression. On peut espérer sa disparition. Car la désinence -trice est le féminin de la désinence -teur , et d'elle seule. Un lecteur, une lectrice ; un inspecteur, une inspectrice ; un dessinateur, une dessinatrice . Mais les mots se terminant par -aire , eux, ne varient pas du masculin au féminin ! Un propriétaire n'a pas pour homologue une " propriétrice ", mais une propriétaire ... De même pour adversaire, récipiendaire, milliardaire, millionnaire ou locataire qui peuvent être masculins ou féminins. Le sachant, un locataire et sa colocataire vécurent heureux et eurent beaucoup de petits colocataires. Mais pas une seule "colocatrice"... CLIQUEZ ICI POUR ACCÉDER...

rapporteuse et rapporteur

Les féminins corrects des termes • porteur • colporteur • rapporteur sont évidemment • porteuse • colporteuse • rapporteuse . Tandis que "la porteure" et "la rapporteure" sont des barbarismes. Quant à écrire : " En tant que rappor teure , je suis por teuse de mauvaises nouvelles ", on voit l'indéfendable absence de cohérence de ce caprice. La charge parlementaire de rapporteur   (d'un projet de loi, d'une enquête, etc)  est pourtant la cible d'une féminisation erronée et très entêtée dans l'erreur : " rapporteure ", que ces dames préfèrent au féminin multiséculaire et seul correct rapporteuse , exactement aussi noble et indéniable dans sa forme que le sont chercheuse , semeuse, fileuse, chanteuse ou conteuse . Il leur semble que rapporteuse évoque les cafardages de cour d'école. Et alors ? En va-t-il autrement pour les  rapporteurs ?  Non. Mais dans le rejet des titres neutres, coupables de sembler masculins, comme ch...

naming

Les polyglottes s'esclaffent devant certaines bévues lexicales francophones, comme " le nommage ". Cette création malhabile est un néologisme québécois supposé traduire l'anglais " naming " [littéralement : acte de donner un nom]. Or, l'anglais naming se traduit parfaitement à l'aide de termes irréprochables inscrits depuis des siècles dans la langue française. Selon le contexte, l'un ou l'autre de ces mots fait l'affaire : désignation, appellation, dénomination, intitulé, ou même onomastique . "Défendre sa langue pour la protéger ou restaurer sa prétendue pureté originelle me répugne. Se résigner à ce qu’au fil des jours sa langue soit défigurée par de petits et grands outrages déclenche néanmoins en moi de petites et grandes colères." Jean-Marie Borzeix , Les carnets d’un francophone . Éditions Bleu Autour, 2006 (p 42). CLIQUEZ ICI POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE

cheffe ou chef de service ?

" Un véritable barbarisme ", voilà l'arrêt de mort qu'a signé l' Académie française [dès 2002 , avec confirmation en 2014 ] contre la féminisation inepte de chef en cheffe . La respectable assemblée rappelle qu'il importe peu que telle ou tel ministre ponde une circulaire prônant l'adoption d'un barbarisme comme " cheffe de service "ou " proviseure ", car nul gouvernement n'est habilité à décider de ce qui constitue le bon usage de la langue française. La Mission linguistique francophone ajoute à cette mise au point sa propre démonstration : la féminisation de chef par cheffe n'a, en tout état de cause (reconnaissance de l'autorité des académiciens ou non), ni légitimité ni pertinence, puisque la désinence -effe n'est aucunement le propre du féminin comme en atteste le greffe du tribunal. Réciproquement, la désinence -ef n'est nullement d'une insupportable masculinité , comme en atteste l'existen...

initier, générer, impacter

Le verbe initier n'a qu'un seul sens correct en français : procéder à une initiation, à un rite initiatique ; tous les autres sens qu'on lui donne depuis vingt ans sont faux, tels ceux dont la formulation correcte est en réalité : prendre une initiative , être l'initiateur de , être à l'origine de ou lancer une action. Le verbe générer n'a qu'un seul sens correct en français, dans diverses acceptions essentiellement scientifiques : une fonction génère une courbe . Tous les autres sens sont faux ou approximatifs, sous l'influence envahissante de mauvaises traductions de l'anglais to generate , verbe signifiant : engendrer , causer, créer, susciter, produire ; et très rarement générer . Ainsi, en français, une mauvaise nouvelle suscite ou cause de l'inquiétude, elle n'en "génère" pas. Le verbe " impacter " est un anglicisme et un barbarisme. Il n'a aucun sens correct en français. "À côté des verbes i...

comment dénommer le nommage

En juin 2010* est paru un Guide pratique de la dématérialisation des marchés publics , proposé par la Direction des affaires juridiques du ministère français de l'Économie , de l'Industrie et de l'Emploi . Au glossaire de ce guide, la Mission linguistique francophone a relevé la présence importune de trois barbarismes. Le premier de ces barbarismes est le " nommage " (sic). Rappelons succinctement pourquoi il convient de faire barrage à la promotion de ce terme, et pourquoi il semble nécessaire de veiller à son éviction des textes réglementaires francophones, plutôt que de les voir répertoriés par un de nos ministères. Nommage est une récente et inculte traduction - même pas mot à mot, mais syllabe à syllabe - de l'anglais naming . En français, l'action de donner un nom n'est pas "le nommage " (sic) et n'a aucun besoin de l'être, ni en informatique ni ailleurs. Selon le contexte et la nature exacte de l'action de nommer, le...

candidater

Dérivé du mot candidat  par un chemin paresseux, le verbe " candidater " (sic) est un barbarisme. Son emploi - c'est le cas de le dire - n'est pas opportun. Pas davantage que ne le serait le recours au même raccourci menant à un verbe "lumièrer" au lieu d' éclairer  ou "propreter" au lieu de nettoyer ... À dire vrai, est-on digne de la fonction à laquelle on se porte candidat quand on ne se montre pas apte à faire l'effort infime d'aller chercher sur le bout de sa propre langue le verbe approprié ( postuler )  ou l'expression juste ? À savoir : être candidat, se porter candidat, présenter sa candidature, faire acte de candidature, solliciter un poste, briguer une distinction, etc. Que dire des recruteurs qui précisent aux candidats qu'ils devront faire preuve d'excellentes capacités rédactionnelles, puis leur demandent de "candidater", indiquant ainsi que des qualités rédactionnelles authentiques ne sauront ...

le gravage ou la gravure ?

Dans leurs publicités et leur explications techniques, certains graveurs industriels ou artisanaux (graveurs de DVD, graveurs sur verre, etc) font preuve de beaucoup d'attachement à l'emploi du terme incorrect " gravage ". L'action de graver s'appelle pourtant la gravure . Le gravage est un barbarisme qui se trompe de suffixe. La langue française a choisi d'unifier ses beaux-arts par une même désinence : peint ure , sculpt ure , architect ure , grav ure , et non gravage, peintage, sculptage et architectage. Les graveurs artisanaux ou industriels qui emploient cependant " gravage " donnent à cela une explication embarrassée : gravure ça ferait trop artiste justement, trop beaux-arts, tandis que "gravage" ferait plus technique. Cette crainte n'est pas fondée. D'une part la désinence en - ure est fréquente dans les termes techniques (soud ure , armat ure , bout ure , reli ure , ferr ure , ossat ure , broch ure ,  cou...

danger et dangerosité

0 Un officier de police soucieux de parler savamment à la télévision explique que les scooters " présentent une dangerosité pour les piétons ". Comme des dizaines de millions d'autres francophones, et la quasi totalité des orateurs publics en France sinon dans le reste du monde, il ne sait plus que le mot juste est danger : si les scooters sont dangereux, alors ils présentent un danger ; pas une "dangerosité". Quiconque évoque la "dangerosité" au lieu du danger est emporté par l'élan de se mettre en valeur en croyant parler savamment. Pourtant, la pataude "dangerosité" n'a aucun besoin d'exister puisqu'elle signifie exactement la même chose que le danger : la dangerosité est définie, par les professionnels qui ont adopté ce terme tarabiscoté, comme le fait d'être dangereux. C'est donc bien le danger. Car est dangereux ce qui constitue un danger. C'est même une lapalissade. Avec deux fois et demi plus de s...

olympisme et sécurité

L'un de nos premiers articles, du 7 avril 2009, remis sur le dessus de la pile, car toujours d'actualité La flamme olympique des Jeux organisés par la Chine traverse difficilement Paris en dépit d'une protection policière considérable. Au pays des Droits de l'homme, il semble que la population ne soit pas en liesse à la vue d'une flamme olympique ternie et si lourdement cuirassée. Selon la presse audiovisuelle qui commente ce parcours, à chaud et en direct, vers 13h15 la flamme a dû être mise "dans un lieu sécurisé" (...) "et le déroulé de l'événement est compromis". En fait, la flamme a été mise en lieu sûr (et non "dans un lieu sécurisé"), et le déroulement ( et non "le déroulé") de l'événement est compromis. Mais cent fois, les commentateurs nous rediront que la flamme est sécurisée, qu'une bulle sécurisée ( ? ) l'entourerait, qu'un bus sécurisé l'abriterait, et qu'il faudrait tout sécuri...

nominer n'est pas français

À l'occasion du festival de Cannes, la Mission linguistique francophone rappelle que le verbe " nominer " n'existe pas en français. Un artiste n'est pas " nominé " mais nommé, sélectionné, présélectionné . Il peut aussi être désigné comme lauréat (de la présélection). Une nomination résulte du fait d'être nommé et non "nominé". Par ailleurs, nous rappelons qu'en français, en matière de cinéma, un studio n'est pas une société de production mais un lieu de prise de vues ou d'enregistrement clos et spécialement aménagé . Lorsque le faux ami anglo-américain studio désigne en fait une société de production, une boîte de prod, des producteurs, il convient de le traduire correctement par l'une de ces expressions. Merci. Et bravo.