Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles associés au libellé humeur

matrimoine et patrimoine

Aïe aïe aïe... La formulation " Journées du matrimoine et du patrimoine " est à l'étude. Pas difficile de lire l'avenir : UN siège de député devra être remplacé par UNE place de député, LE Collège de France va devoir se trouver un nom moins insupportable à qui a pris le masculin en haine ; LE Sénat aussi, et tout à l'avenant. Tandis que LA mairie, LA Chambre des députés et l'Académie française pourront conserver leur noms, neutres d'apparence féminine, contrairement aux hôpitaux et aux gymnases, neutres d'apparence masculine. Ce n'est même pas de l'humour.  Alors, les livres de Marguerite Yourcenar et Albert Camus sembleront pareillement rédigés dans un vieux français indigne, par deux imbéciles qui ne s'inquiétaient pas de savoir s'ils travaillaient sur UNE table ou UN bureau et s'il bâtissaient UNE œuvre personnelle ou UN patrimoine littéraire,  dans UN style et UNE langue plus vastes que leur genre. Photo : Marguerit...

relations publics

Cette faute d'orthographe manifeste est en réalité un barbarisme insidieux, inventé par idolâtrie du jargon des affaires, entre communicants fiers de leur perte de repères linguistiques et logiques, et désireux d'en faire largement étalage. Voici de quoi il retourne. En France, quelques agences spécialisées dans les relations publiques se sont regroupées dans le syndicat Syntec, dont le président a tenté de promouvoir entre 2010 et 2016 la notion de "relations publics" (sic). Désignation ahurissante adoptée depuis par une des sociétés ainsi syndiquées, à l'instigation de l'inventeur ci-contre, dont il convient de taire le nom par humanité. Cette tournure grammaticalement fautive se veut calquée sur le modèle d'autres expressions incorrectes telles que "les relations investisseurs" (sic) [au lieu de les relations avec les investisseurs ] ou "la relation clients" (sic) [au lieu de la relation commerciale ou les relations avec les cl...

noms de fonctions en charabia : la RATP donne l'exemple

Sœur de la journaliste Christine Ockrent , Isabelle Ockrent peut apparaître comme une femme déterminée et sûre d'elle, puisqu'elle a réussi à se hisser au poste élevé de Directrice de la communication et de la marque de la RATP (1). Mais ce serait mal la connaître : la Directrice de la communication et de la marque de la RATP est une femme timide, souvent même effacée. En voici la preuve. Madame Ockrent assiste de plein droit aux conseils d'administration de la RATP. Il en va de même pour son éminent collègue François Saglier . Ces deux cadres supérieurs se voient donc régulièrement, et sur un pied d'égalité hiérarchique. La seule différence entre eux consistant en ceci : il est du ressort d'une directrice de la communication de veiller à la bonne formulation de tous les intitulés officiels, y compris les noms de fonctions. Malgré cela, et certainement en raison d'une timidité invalidante plutôt que d'une incompétence coupable, la directrice de la c...

les nouveaux Incroyables

À la fin du dix-huitième siècle, il y eut en France des excentriques des deux sexes qui se plaisaient à ne pas prononcer la consonne R. On les appelait les Incroyables [" Inc'oyables "] et les Merveilleuses [" Me'veilleuses "]. Cette toquade phonétique dura dix ans et passa de mode. La fin du vingtième siècle a vu apparaître de nouveaux Incroyables qui se plaisent, eux, à ne pas prononcer le son Ê en fin de mot [comme à la fin de sifflet ] et le transforment en son É [comme à la fin de sifflé ].(1) Ces partisans de la transformation du son Ê terminal se comptent aujourd'hui par millions [dont un Président de la République, connu pour avoir souvent déclaré " je veux laper dans le monde ", au lieu de " je veux la paix dans le monde "]. À les entendre, leur langue n'est pas le français mais le francé (sic). Ils sont sourds à la musique des voyelles et nous racontent ce qu'ils faisez (sic) au lieu de ce qu'ils faisai...

art-chitecture

France Inter nous a annoncé que la journée du 28 janvier 2008 allait être consacrée par la station à célébrer le dixième anniversaire de l'édification du Stade de France . On a ainsi entendu des journalistes successifs énumérer les noms de Platini, de Zidane, de Chirac, décompter les milliers de tonnes de béton, la température de l'air le jour de l'inauguration, etc. Pas une seule fois en une heure d'écoute n'a été prononcé... le nom des auteurs du stade. Imagine-t-on, à France Inter , séparer le nom d'un concerto de celui de son compositeur, ou décerner un prix littéraire à un roman dont on ne citerait pas l'auteur ? Ou annoncer une vente record dans le monde de la peinture sans préciser s'il s'agit de Bacon ou de Pollock ? Si les journalistes semblent trop souvent propager l'inculture, ce n'est pas parce qu'ils ignorent qui a conçu le Stade de France, ni seulement parce qu'ils manient le français avec une grande négligence, ma...