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phonétique et syntaxe au JT de France 2

Au journal télévisé vespéral de France 2. " L'an dernier, un élève braquait son professeur avec un pistolet ". Non : ce charmant élève a braqué un pistolet sur son professeur , et non braqué un professeur avec un pistolet... La voix off de ce reportage poursuit : "Deux mains, etc". Or, il va s'avérer qu'il ne s'agit pas de deux mains mais de demain . La différence entre le son -eu- de feu ou vœux et le son -eu de peur et cœur , cette nette précision sonore qui distingue pareillement deux mains et demain ou jeûne et jeune ? La voix off s'en tape. Sujet suivant, sur un échouement en Corse. Autre voix off pour cet autre reportage. La voix d'un homme jeune nous parle des "garde-cotte" et de "la zonne", au lieu du garde-côtes et de la zone . Un accent régional qui l'empêcherait de prononcer correctement les sons Ô fermés ? Pas du tout, puisque ce même récitant nous parle des "r ô chers" au lieu des...

l'intelligence des mots : bientôt un oxymore ?

Sans plaider pour notre propre parcours de matheux, nous avons tenté en Sorbonne de faire admettre que la distinction entre élèves matheux et littéraires n'était pas pertinente en matière d'évaluation scolaire et professionnelle de l'intelligence rationnelle . Car la vraie différence est entre les esprits rigoureux ou non, que leur logique se soit aiguisée par le juste maniement des signes mathématiques ou linguistiques. Encore faut-il qu'elle se soit aiguisée avant l'accès aux postes les plus en vue du journalisme. Cela seul pourra épargner aux masses placées devant le journal télévisé de TF1 d'entendre par exemple, en guise de lancement de sujet, cette perle d'absence de rigueur logique dans le maniement du français :  " Xavier Dupont de Ligonnès n'est pas l'homme arrêté " . (sic !) Avec de telles interversions entre sujet et complément, la question se pose : les malheureux enfants de Ligonnès ne sont-ils plus vivants, ou sont-...

le singe il grimace

La Mission linguistique francophone  a constaté en France à partir de l'an 2000 un net accroissement de l'emploi fautif, par les adultes, du double sujet [nom+pronom] : " l'eau elle coule ", " le singe il grimace ". Cette construction était jusqu'à présent l'apanage des enfants (" le maître il a dit ") ; et on les reprenait (" le maître a di t "). Le double sujet était aussi utilisé pour railler une mauvaise maîtrise du français par des étrangers peu instruits (" la madame elle est partie "). Mais depuis peu, l'inutile accumulation du nom et du pronom est fréquente dans la bouche des Français adultes, jusqu'au sommet de l'État [NDE : article publié initialement en 2008] de ce beau pays qui, une fois encore, donne le mauvais exemple en matière de francophonie... Bien sûr, les journalistes et animateurs de médias audiovisuels suivent la même pente et propagent cette faute de syntaxe, comme si soudain...