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Articles

Affichage des articles du 2024

"le narratif" : une maladie de la langue qui affecte la narration et le récit

Essayons d'endiguer la récente vogue galopante consistant à employer par préciosité et par suivisme le terme impropre "le narratif" pour exprimer des notions qui s'appellent en réalité la narration, le récit, le discours, la communication . Et même la propagande, la calomnie, les élucubrations, la version des faits  ou la thèse , dans un titre comme celui-ci : "Le narratif de Poutine, c'est que les Ukrainiens sont des nazis ". Cette impropriété de terme procède d'une tendance à remplacer abusivement des substantifs féminins, tels • l'estimation • la description • la comparaison • la narration par leurs adjectifs masculins substantivés, que sont : • l'estimatif • le descriptif • le comparatif • le narratif. En qualité de professionnels de la parole et de l'écrit, journalistes, politiciens et pédagogues des sciences politiques seront bien inspirés de s'abstenir d'évoquer "le narratif de Poutine" au lieu de ce qu'il rac...

hauts personnages féminins et braves personnes masculines

À l'heure où notre site avance avec humilité vers le million de visiteurs du monde entier [cf compteur de visites ci-dessus à droite],   nous plaidons une fois encore pour la reconnaissance et l'enseignement d'un genre grammatical neutre ou mixte en français. Genre reconnu et enseigné dans la plupart des autres langues : neutre, féminin, masculin. Le statut grammatical mixte est celui qui permet de décrire une femme comme un haut personnage ; et un homme comme une éminente personnalité ; chassé-croisé que pratiquent quotidiennement les  personnes professionnelles de la parole et de l'écriture. Tiens ? " Personnes professionnelles de l'écriture et de la parole ." Voilà justement un exemple de terme neutre mixte de forme féminine démontrant que ce n'est pas "le masculin qui l'emporte" dans les pluriels mixtes, mais parfois le neutre de forme féminine (comme ici : les personnes professionnelles ), parfois le neutre mixte de forme masculine (...

de plus en plus compliqué

La complication, la difficulté et l'impossibilité sont trois notions différentes. Les mots pour les désigner ne sont pas interchangeables. Ni en français ni dans la plupart des langues. Les observateurs de la  Mission linguistique francophone  constatent pourtant depuis 2012 que cette distinction est en voie de disparition dans l'esprit des orateurs professionnels, puis du grand public à leur suite. La confusion de sens s'opère dans leur esprit au détriment des adjectifs difficile voire impossible et d'une multitude de notions voisines ou éloignées ( rude, subtile, éprouvant, confus, tendu, délicat, troublant , compromis , douteux, rebutant, implacable, etc), auxquelles ils tendent à préférer systématiquement l'adjectif  compliqué . Même lorsque la difficulté en question est dépourvue de  complication , tout ce qui est en réalité  difficile est devenu " compliqué ". Pour les démunis, les temps ne sont plus rudes , ni difficiles , ils sont "c...

quand tout est "sécurisé", plus rien n'est sûr...

Réédition de notre article de 2010 En France, le discours politique des premières années du vingt et unième siècle a été pétri de considérations sur la sécurité et le sentiment d'insécurité. Si le vif succès du mot " insécurité " n'appelle pas de mise en garde, il n'en va pas de même pour l'emploi des barbarismes " sécuriser ", " sécurisé ", " sécurisant " et " sécurisation ", actuellement omniprésents dans le vocabulaire des médias, des administrations et, par contrecoup, du public. Car quand tous est " sécurisé  ", plus rien n'est sûr ; ni certain. Des termes précis au sens exact, non interchangeables, sont anéantis par ce terme passe-partout au sens vague, emprunté à l'anglais, et qui semble avoir irrémédiablement appauvri notre langue. Si "évolution" il y a, elle se fait ici par atrophie, par infection. Il en résulte une infirmité dont les orateurs professionnels ne semblent pas s...

salle omnisport

On voit presque partout l'adjectif omnisport écrit comme un pluriel invariable : omnisports . L'ajout permanent d'un s de pluriel au singulier d'un adjectif sous prétexte qu'il comporte une idée de multiplicité est sans gravité pour la santé de notre langue - car c'est une aberration rarissime, voire unique - mais préoccupant quant à la faille d'intelligence collective capable d'aboutir à ce choix illogique. L'exemple désastreux fourni par " salle omnisports " (sic) est d'une grande ineptie. Car si les préfixes exprimant la multiplicité se mettaient à avoir le don de rendre les singuliers pluriels, alors il faudrait écrire "une femme polyvalentes" car elle a de multiples talents ! Il faudrait se mettre à écrire "un mammifère omnivores" ou "la multiplications" avec un s et "la polygamies" itou. Nous n'avons pas réussi à convaincre tous les professionnels du sport, toutes les col...

concertos et scénarios

Pas d'excès de zéle, pas de pédants  concerti ni  scénarii . Le pluriel de scénario est scénarios. Le pluriel de concerto est concertos . Tout comme le pluriel de lavabo est lavabos . L'Académie française a depuis longtemps tranché la question du pluriel des mots étrangers adoptés par le français : ils doivent être traités comme des mots français, c'est-à-dire équipés au pluriel d'un S final. On trouve pourtant encore de nombreux partisans des " concerti " et des " scénarii ", formes d'inspiration italienne. Mais d'inspiration, seulement, car le pluriel italien d'un éventuel mot italien scenario serait scenari , avec un seul i. Ces italianisations ostentatoires sont fautives en français, langue dans laquelle les pluriels corrects de ces mots français sont exclusivement concertos et scénarios . Car le mot scénario n'est pas un mot italien mais pleinement français, puisqu'il est équipé d'un accent aigu bien de che...

Poupée de cire, poupée de son

France 2, chaîne de télévision nationale, a coutume de diffuser et rediffuser chaque année un même documentaire sur le concours de la chanson de l'Eurovision. Bonne idée, car il est très bien fait. Mais ce serait une meilleure idée encore d'en supprimer un commentaire qui se veut élogieux mais se montre déconcertant d'incompréhension de l'art de Serge Gainsbourg dans son brillant maniement de la langue française et son talent d'auteur. Dans ce documentaire de France 2, pour vanter la chanson Poupée de cire, poupée de son ,  un sympathique ex-animateur nommé Patrick Sabatier en fredonne la mélodie et assène ensuite : "bon, avec une mélodie pareille, c'était pas grave d'avoir des paroles, "poupée de cire, poupée de son", disons-le, sans grand intérêt, assez enfantines."  Et paf dans ta gueule, Serge ! Puisque ce documentaire est diffusé et rediffusé, c'est que personne au sommet ni à la base de la direction des programmes de Franc...

parasportifs, paraathlètes

P A R A S P O R T I F S : hors de question ! Pire encore, son synonyme paraathlètes (pire car mal orthographié para-athlètes ou para athlètes dans la plupart des occurrences).  Apparus pour désigner des concurrents d'épreuves d' handisports , ces néologismes incultes sont totalement désobligeants. En effet, le français emploie deux préfixes homonymes, dont les significations sont voisines, l'une et l'autre chargées de défiance : PARA (latin) = qui protège de, qui empêche (parasol, parachute) PARA (grec) = en marge, presque (paramilitaire, parapharmacie, paraphrase, paranoïa) Qualifier donc les sportifs porteurs d'un handicap de "presque sportifs" ? NON ! Que les Jeux paralympiques aient été ainsi dénommés était pertinent car ils prenaient en effet place en marge des Jeux olympiques. C'étaient presque des Jeux olympiques. C'était aussi une scabreuse greffe entre paraly tique et o lympique . Avec l'évolution des esprits et des performances qui ...

dans les méandres de la Seine "baignable"

La Seine "baignable". C'est avec stupéfaction que les personnes qui n'ont pas encore perdu l'instinct de leur propre langue ont entendu proliférer ce néologisme moche, paresseux, inepte et suiviste, y compris dans la bouche du président Macron, pourtant lauréat du Concours général de français. Ainsi un maire-adjoint parisien chargé de l'eau écrit-il : " La Seine baignable (sic) porte un message rassurant ". Alors qu'il lui suffisait de dire, sans copier sur ses voisins : " Pouvoir nager dans la Seine porte un message rassurant ." Il pouvait aussi évoquer, sans violer notre langue : la Seine saine, la Seine propre, la Seine propre à la baignade (formule adoptée par Le Monde), la Seine où l'on peut nager, etc. Mais en aucun cas : la Seine nageable, la Seine baignable, ses berges marchables - qui sont autant de barbarismes irréfléchis. La langue est notre environnement premier. Ne la rendons pas imbuvable... RAPPEL : Ce qui est...

en interne, en individuel, en sous-scutané : triple faute

Les francophones qui ne s'alarment pas de la disparition du complément de nom correctement formé (" votre numéro de compte ") au profit de juxtapositions imitées de l'anglais (" votre numéro client ") ne s'alarment pas d'une altération profonde de la syntaxe du français. Ils invoquent l'intérêt de simplifier toute langue, et saluent l'économie d'effort d'articulation procurée par la suppression du mot " de "... On doit se réjouir que la paresse soit une si haute vertu à leurs yeux, car on s'en attristerait en pure perte. Mais alors, on s'étonne de leur acharnement à ajouter ailleurs des mots superflus. Dans l'entreprise, les réunions internes deviennent des réunions " en interne ". Selon le même travers, on peut lire ce matin dans la presse nationale française le compte rendu d'une expertise médicale concernant un rocker francophone : un épanchement " en sous-cutané " y est décrit. ...

deux poids, deux mesures

GRAMMAIRE et STYLE ORATOIRE : soupesons ici une faute récente et fulgurante, à éradiquer ensemble. L'expression FAIRE DEUX POIDS, DEUX MESURES n'est pas un mot composé mais un membre de phrase ; comprenant même une virgule en son milieu ! Il est donc particulièrement inepte et contraire à toute logique syntaxique de placer devant "deux poids, deux mesures" un article (le, un, du, etc) ou un pronom démonstratif ou possessif (ce, votre, etc), Cette manie irréfléchie est apparue très récemment en France dans le discours politique sur le soutien à apporter ou non à divers pays actuellement en guerre. Elle est ressassée sans discernement par presque tous les orateurs politiques, puis reprise à satiété par les journalistes et les militants qui - manifestement - boivent leurs paroles même quand elles ne sont pas potables. CORRECT : Pourquoi faire deux poids, deux mesures ? INEPTE : Pourquoi faire du deux-poids-deux-mesures ? La même affection s'est abattue dans les a...

c'est, ce n'est pas

Une élue francophone rédige un communiqué de légitime protestation contre les incuries municipales de la ville dont elle est sénatrice, à savoir la capitale nationale française, elle-même capitale mondiale de la langue française, Paris. Ce faisant, cette parlementaire précise ceci, sans qu'aucune de ses deux assistantes au Sénat n'ait tiqué donc rectifié : " Ce ne sont pas aux Parisiens de se serrer la ceinture ". En effet. Ce ne sont pas à eux. Et doublement pas. Car la tournure "ce ne sont pas à eux" (sic) est une lourde faute de syntaxe. CORRIGÉ : Le sujet du verbe être n'est pas ici " les Parisiens " mais le pronom démonstratif " ce ",  lequel est invariablement neutre et singulier. Le verbe être doit donc se conjuguer ici au singulier. NON : ce ne sont pas à vous de faire cet effort. OUI : ce n'est pas à vous de faire cet effort. • • • POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CL...

celles et ceux

Pénible tic oratoire politique ayant récemment dégouliné dans la langue médiatique, " celles et ceux " est une faute de français irréfléchie. Plus exactement, une faute de style appelée périssologie, voisine du pléonasme. En effet : le pronom "ceux" ayant une vertu de neutre mixte [" nos filles et nos fils sont ceux qui nous succéderont "], l'adjonction du pronom exclusivement féminin " celles " revient à évoquer deux fois les sujets non-masculins. Cette vaine préciosité à vocation démagogique - souvent raillée mais toujours employée - aboutit paradoxalement à une formulation moins inclusive, par ségrégation du genre féminin détaché du neutre réellement inclusif, au nom d'une irrecevable "non-mixité choisie". POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CLIQUEZ ICI   Pour prendre directement connaissance des missions de la Mission,  cliquez ici.

une médaille n'est pas une breloque

Bien que se déroulant dans la capitale mondiale de la francophonie , la  fête olympique de 2024 sera-t-elle marquée, une fois encore, par une dé-fête de la langue français chez les commentateurs sportifs francophones ? Peut-être pas. Ayons confiance en cette équipe d'orateurs et rédacteurs professionnels. Soutenons-la. Soutenons-la, oui. À ne pas confondre avec le faux sens aberrant " supportons-la ", cet anglicisme qui signifie en (vrai) français que nous souffrons en silence, pour finir par exploser : " je ne te supporte plus !" Les commentateurs sportifs les plus en vue se sont parfois surpassés dans le dérèglement lexical [= mauvais choix des mots], syntaxique [= mauvais agencement des mots entre eux] et phonétique [= mauvaise prononciation des mots], ce qui les rendait difficilement... supportables. Sur la première marche du podium de cette perte de repères langagiers : les  médailles , si noblement méritées, sont désormais qualifiées par certains journali...

les gens d'ici

Les médias de France nous bombardent de termes anglophone et de mauvaises traductions de l'anglais. C'est presque devenu leur activité première. Quand ce ne sont pas des termes anglais incrustés sans ménagement dans un message en français, ce sont des faux amis déversés sans prendre garde à leur tromperie. Ainsi assistons-nous dans de mauvaises traductions médiatiques à la multiplication des " locaux ", non pas pour des pièces vides, mais au contraire pour ces foules que l'anglais appelle " the locals " : les personnes que l'on rencontre localement. En français, selon le contexte et le niveau de langue, the locals ce sont en réalité : les gens d'ici , les autochtones , les indigènes , les aborigènes (s'ils sont là depuis les origines de l'humanité comme l'indique l'étymologie latine ab origines ), les gens du cru , les gens du coin ; éventuellement les montagnards, les insulaires, les villageois, les riverains ; et tout simpleme...

rouvrir et non réouvrir

Procéder à une réouverture , c'est rouvrir. Et non "réouvrir". Un piège de la langue française à connaître et donc éviter. Une plaie s'est rouverte et non réouverte, un magasin rouvre ou va rouvrir. Voilà. C'est comme ça. Soyez donc fermés à toute utilisation du verbe "réouvrir". Il est fautif. • • • POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CLIQUEZ ICI Pour prendre directement connaissance des missions de la Mission,  cliquez ici.

questrice ou questeuse

Les féminins corrects des termes : • sénateur •  enquêteur • questeur sont, en toute cohérence : •  sénatrice • enquêtrice •  questrice . Tandis que "la sénateure" et "la questeure" sont des barbarismes criants. Les charges parlementaires de  questeur   (de l'Assemblée nationale en France notamment)  et de  rappoteur   (du budget, d'une commission d'enquête, etc) sont cependant la cible de deux féminisations erronées et très entêtées dans l'erreur. D'une part " rapporteure " que ces dames préfèrent aux féminin multiséculaire et seul correct  rapporteuse , exactement aussi noble et indéniable dans sa forme que le sont  chercheuse ,  semeuse, fileuse, chanteuse  ou  conteuse . Mais il leur semble que  rapporteuse  évoque les cafardages de cour d'école. Et alors ? En va-t-il autrement pour les  rapporteurs  ? D'autre part, " questeure ", aussi aberrant que le serait "sénateure", alors qu'existent deux fém...

se revendiquer de : double faute apparue en 2012

Dans toutes les langues du monde, la négligence verbale journalistique se mord inlassablement la queue. Le bel animal médiatique est affecté d'une manie qui amuse sans doute, puisqu'on ne la soigne pas. En France, l' Agence France Presse (AFP) possède un redoutable pouvoir de nuisance sur la langue, en raison de la rapidité et du manque de clairvoyance avec laquelle elle propage les déclarations les plus mal formulées, ensuite reprises avec autant de rapidité et aussi peu de clairvoyance par la presse écrite et parlée. Et sans précautions oratoires, à de rares exceptions près. Quel rapport avec la faute de français " se revendiquer de " (sic) ? Nous y venons. Le 22 mars 2012 au petit matin, un ministre de l'Intérieur français [Claude Guéant] déclare qu'un assassin de la région toulousaine " se revendique d'Al QaÏda ". On peut attribuer ce cafouillage verbal à la fatigue consécutive à la supervision d'un assaut contre la positi...

au final, c'est bientôt fini ?

L'heure, la sauvette, la suite, la fin - mots féminins - ont donné naissance à des locutions adverbiales construites avec à   : à l'heure, à la sauvette, à la suite, à la fin . Le pire, le total, le gré, le départ - mots masculins - ont donné naissance en français à des locutions adverbiales construites avec au : au pire, au total, au gré, au départ . Plutôt que d'aller chercher dans le grand coffre à jouets de la langue française ce qui s'y trouve déjà, certains bricolent des bidules inutiles et mal bâtis, comme " a u final " (sic). Devenue tic de langage contagieux, cette construction lexicale fautive remplace les irréprochables •  à la fin, • finalement, • pour finir, • en fin de compte,   et même • bref, • en bref, ou encore • moralité ("J'ai traînassé, moralité : je suis en retard" ; devenu "...et au final, je suis en retard"). Pourquoi "au final" est-il indéniablement un usage fautif et non une saine évolution...

en individuel ou individuellement ?

" Un pour tous ! Tous pour un !" Paraphrasant la devise des quatre mousquetaires d'Alexandre Dumas, on se surprend à rêver qu'un matin, chaque rédacteur en chef, chaque directeur de rédaction lance à ses collaborateurs médusés ce mot d'ordre : " Que chacun soit désormais aux petits soins pour la langue de tous !" Mais telle n'est décidément pas la devise des journalistes de France, lesquels semblent au contraire s'engouffrer dans chaque faille de notre langue malmenée pour la malmener davantage encore dans son propre berceau, avec une constance qui confinerait à la cruauté s'il ne s'agissait pas de simple incompétence pétrie de suivisme. Au rang des suivismes irréfléchis qui vont s'imitant de salle de rédaction en salle de rédaction françaises [les journalistes des autres pays francophones s'avèrent plus spontanément vigilants], la Mission linguistique francophone constate un accès de fièvre concernant l'emploi de la ...

snobisme et sexisme des alumni

Inquiétante, cette prise de distance croissante des grandes écoles et universités de France vis-à-vis de leur propre langue : non, il n'y a ni pertinence ni légitimité à rebaptiser " alumni " les associations d' anciens élèves d'écoles francophones ni leurs anciens élèves eux-mêmes. Le pluriel du mot latin alumnus (signifiant élève, au masculin) n'est évidemment pas arrivé chez nous par le latin, mais par imitation servile d'un emprunt déjà très ancien des étudiants nord-américains au latin. Notre ré-emprunt est nettement digne des moutons de Panurge, comme en atteste sa propagation aussi soudaine et fulgurante que tardive : les moutons ont le réflexe vif mais l'esprit lent. Nous ferions mieux d'imiter les universités des USA pour leurs extraordinaires fanfares de plusieurs centaines de musiciens. Ces formations artistiques et ludiques persistent à briller par leur absence dans nos universités, où l'apprentissage d'un instrument de ...

repartir à la hausse ou à la baisse

Il est hautement préférable de dire que la température est en hausse ou augmente plutôt que " la température repart à la hausse ". Voici pourquoi. Préciosités balourdes sur le plan du style et grammaticalement fautives, les formules " repartir à la baisse, repartir à la hausse " étaient un tic verbal du défunt commentateur boursier radiophonique Jean-Pierre Gaillard. Non seulement ce tic lui a survécu mais il a supplanté les termes les plus clairs : augmenter, croître, se réduire, baisser, etc. Examinons la cascade de gaucheries qui éclabousse cette malencontreuse complication du langage. • Grammaticalement, baisse et hausse doivent être précédées de la préposition en et non à : en hausse, en baisse ; et non à hausse, à baisse. • Il n'y a pas lieu d'y intercaler un article, défini ou indéfini. C'est même à bannir : en une hausse, en une baisse sont aussi ineptes que en la baisse, en la hausse. Rien ne s'améliore lorsque la préposition à r...