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Affichage des articles associés au libellé onomastique

esquimau

" Un glacier-pâtissier danois renonce au terme esquimau, qu'il juge offensant pour ce peuple " (information parue le 28 juillet 2020) Zut, il va falloir renoncer à lapin chasseur , offensant pour les lagomorphes et les fines gâchettes ; à charlotte aux fraises , offensant pour les Charlotte ; à Paris-Brest , blessant pour les cheminots ; à éclair au chocolat , moqueur envers Zeus et sa foudre ; à daube provençale car c'est pas de la daube quand même la Provence ! Il va falloir aussi renoncer à cravate , déformation sans doute offensante de l'adjectif ethnique croate ;  et ne plus pendre à nos oreilles des créoles ni nous chausser de spartiates . Cette stupidité bien-pensante procède d'une perte de repères linguistiques : dans de telles métonymies gourmandes ( esquimau pour crème glacée, flûte pour verre de champagne ou son contenu, Brillat-Savarin fromage empruntant le nom de famille d'un gourmet), il y a au contraire hommage aux notions déto...

Hop ! En marche ! Debout !

Incorporer un signe de ponctuation à un nom propre est une idée à demi heureuse seulement, apparue dans le secteur de la publicité au cours des années 1970. Plusieurs mouvements politiques et diverses marques ont récemment eu recours au point d'exclamation pour s'inventer une appellation. Dans le secteur des transports, c'est Hop !, nouvelle marque d'Air France. Dans le monde politique, ce sont Debout la France ! et En marche ! Il n'y a là aucune maltraitance de notre langue. Mais la décision d'inscrire un point d'exclamation dans les noms d'institutions ou d'entreprises ne présage rien de bon. Outre le suivisme que cela dénote, on peut en effet se demander si les garants de notre liberté, ceux qui briguent du pouvoir ou en détiennent déjà, font un choix judicieux en se donnant pour dénomination une injonction. "Une injonction ? Mais non ! Une exhortation - diront certains - une simple et joyeuse exhortation." Si l'onomatopée H...

nouvelle carte des régions de France

La refonte de la carte des régions administratives françaises est un projet auquel la Mission linguistique francophone apporte son soutien actif, et pour lequel elle a donc formulé une proposition créative. Cette proposition (ci-contre et ci-après) diffère de celles débattues initialement dans l'arène politique, en ce qu'elle ne commet pas la même erreur intrinsèque : apparier plus ou moins adroitement des régions existantes, alors même que ces régions sont vouées à disparaître.   Il y a là une faille logique importante dans laquelle s'embourbent les projets et contre-projets soumis à l'appréciation des élus et de l'opinion. De plus, en tant que module de base de fabrication des nouvelles régions, les actuelles régions sont surdimensionnées pour permettre d'opérer une refonte territoriale innovante avec la finesse voulue. Par ailleurs, la question onomastique (la problématique des noms propres) a été laissée de côté jusqu'à présent, comme si la f...

nommage

Les polyglottes s'esclaffent devant certaines bévues lexicales francophones, comme " le nommage ". Cette création malhabile est un néologisme québécois supposé traduire le participe anglais " naming ". Or, l'anglais naming - lorsqu'il désigne le fait d'attribuer un nom propre - se traduit parfaitement à l'aide de termes irréprochables inscrits depuis des siècles dans la langue française. Selon le contexte, l'un ou l'autre de ces mots fait l'affaire : désignation, appellation, dénomination, intitulé, ou même onomastique . "Défendre sa langue pour la protéger ou restaurer sa prétendue pureté originelle me répugne. Se résigner à ce qu’au fil des jours sa langue soit défigurée par de petits et grands outrages déclenche néanmoins en moi de petites et grandes colères." Jean-Marie Borzeix , Les carnets d’un francophone . Éditions Bleu Autour, 2006 (p 42). CLIQUEZ ICI POUR ACCEDER AU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE...