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Affichage des articles associés au libellé hypercorrection

salle omnisport

On voit presque partout l'adjectif omnisport écrit comme un pluriel invariable : omnisports . L'ajout permanent d'un s de pluriel au singulier d'un adjectif sous prétexte qu'il comporte une idée de multiplicité est sans gravité pour la santé de notre langue - car c'est une aberration rarissime, voire unique - mais préoccupant quant à la faille d'intelligence collective capable d'aboutir à ce choix illogique. L'exemple désastreux fourni par " salle omnisports " (sic) est d'une grande ineptie. Car si les préfixes exprimant la multiplicité se mettaient à avoir le don de rendre les singuliers pluriels, alors il faudrait écrire "une femme polyvalentes" car elle a de multiples talents ! Il faudrait se mettre à écrire "un mammifère omnivores" ou "la multiplications" avec un s et "la polygamies" itou. Nous n'avons pas réussi à convaincre tous les professionnels du sport, toutes les col...

s'avérer vrai n'est pas un pléonasme

Ne vous laissez pas reprendre à ce sujet par des super puristes, en retard de plusieurs métros : S’AVÉRER VRAI  N’EST PLUS UN PLÉONASME depuis plusieurs générations. Au contraire, c'est de l'excellent français, aussi irréprochable que s'avérer faux ou s'avérer ignorant . En effet, le verbe avérer [à ne pas confondre avec sa forme pronominale s’avérer - celle qui nous intéresse ici] est devenu désuet puis défectif : nul ne dit plus « j’avère qu’il fait froid » ; ni même « le froid avère l’hiver ». Il ne reste plus que deux formes bien vivantes du verbe originel  avérer  : 1/ Le participe passé « avéré », devenu adjectif : « la faute est lourde et avérée ».  2/ la forme pronominale « s’avérer », dont le sens s’est écarté du sens strict de la forme non-pronominale « avérer » pour devenir, par catachrèse *, un simple synonyme de « se révéler », « dévoiler sa vraie nature ». Or, être faux ou être vrai sont deux natures susceptibles de se révéler ; donc de s’a...

avoir ou donner des enfants

Sous la diffusion en ligne d'un très intéressant documentaire vidéo de Yann Lagarde sur l'inventeur britannique du culturisme, Eugen Sandow, un auditeur de France Culture laisse ce commentaire réprobateur : " Je réagis à ceci : "Il épouse une femme dont il a deux filles"... étonnante manière de dire les choses. Je pensais qu'on avait des enfant avec une femme, alors que j'ai des poules dont je mange les œufs ." L'émotion de l'auditeur n'est pas fondée. Car cette manière d'évoquer la fertilité d'un couple humain n'est ni étonnante ni déplaisante. C'est une des expressions usuelles du français, courant et littéraire, pour exprimer la chose. Il ne faut pas voir le mal où il n'est pas. Car cela peut se dire de diverses manières courantes, dont aucune n'est critiquable.   Les deux premières sont interchangeables entre femme et homme : • " Elle épouse Lionel dont elle aura un fils " (le choix irréprochable de ...

esquimau

" Un glacier-pâtissier danois renonce au terme esquimau, qu'il juge offensant pour ce peuple " (information parue le 28 juillet 2020) Zut, il va falloir renoncer à lapin chasseur , offensant pour les lagomorphes et les fines gâchettes ; à charlotte aux fraises , offensant pour les Charlotte ; à Paris-Brest , blessant pour les cheminots ; à éclair au chocolat , moqueur envers Zeus et sa foudre ; à daube provençale car c'est pas de la daube quand même la Provence ! Il va falloir aussi renoncer à cravate , déformation sans doute offensante de l'adjectif ethnique croate ;  et ne plus pendre à nos oreilles des créoles ni nous chausser de spartiates . Cette stupidité bien-pensante procède d'une perte de repères linguistiques : dans de telles métonymies gourmandes ( esquimau pour crème glacée, flûte pour verre de champagne ou son contenu, Brillat-Savarin fromage empruntant le nom de famille d'un gourmet), il y a au contraire hommage aux notions déto...

zoo

Trouvée dans une liste de négligences oratoires à ne plus commettre, cette injonction pavée de bonnes intentions mais erronée :  " bien prononcer zoo en deux syllabes, zo-o ". N'en faites rien. voici pourquoi. Prononcer "zo-o" est au contraire une erreur d'articulation commise par hypercorrection. En linguistique, l' hypercorrection va au-delà du purisme : c'est le fait de tenir pour fautif ce qui ne l'est pas. Si zoologique se prononce en effet zo-ologique, en ce qui concerne son apocope zoo , il s'est produit dans notre langue une fusion naturelle appelée  crase , qui a déterminé par confort la prononciation "zoo" toute fluide. Avec deux o harmonieusement liés en un seul, un peu long ; et non "zo-o", avec deux o détachés par saccade. Ce principe de la crase , irréprochable et même salutaire pour préserver parfois notre diction du ridicule, l'évolution du français l'a aussi vu à l'œuvre dans tragi...