Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles associés au libellé métonymie

esquimau

" Un glacier-pâtissier danois renonce au terme esquimau, qu'il juge offensant pour ce peuple " (information parue le 28 juillet 2020) Zut, il va falloir renoncer à lapin chasseur , offensant pour les lagomorphes et les fines gâchettes ; à charlotte aux fraises , offensant pour les Charlotte ; à Paris-Brest , blessant pour les cheminots ; à éclair au chocolat , moqueur envers Zeus et sa foudre ; à daube provençale car c'est pas de la daube quand même la Provence ! Il va falloir aussi renoncer à cravate , déformation sans doute offensante de l'adjectif ethnique croate ;  et ne plus pendre à nos oreilles des créoles ni nous chausser de spartiates . Cette stupidité bien-pensante procède d'une perte de repères linguistiques : dans de telles métonymies gourmandes ( esquimau pour crème glacée, flûte pour verre de champagne ou son contenu, Brillat-Savarin fromage empruntant le nom de famille d'un gourmet), il y a au contraire hommage aux notions déto...

dates (de concert ou de spectacle)

On appelle métonymie l'effet de style consistant à employer un mot à la place d'un autre quand cet autre terme n'en est pas synonyme mais l'évoque par un rapprochement que peut facilement opérer la pensée. Ainsi, " Paris et Alger sont en froid " constitue une métonymie de " la France et l'Algérie sont en froid " ou de " les gouvernements français et algériens sont en froid ." Avec le mot dates employé seul mais au sens de " dates de concert " ou " dates de spectacle " ou " dates de tournée " ou encore à la place des noms de villes étapes d'une tournée, le monde du spectacle et des médias use et abuse d'une métonymie pleine de banalité et de préciosité, dans des phrases comme :  " j'ai fait trente dates avec Mick " ou " les dates au Brésil seront surtitrées en portugais ". On s'abstiendra de cette frime de faux initié réellement snob, en parlant clairement et sans ...

aliments essentiels

Pour désigner une liste de produits alimentaires de première nécessité proposés à prix modérés, le gouvernement français vient de forger la notion de " panier des essentiels ". On y retrouve deux tics de la préciosité du français médiatique et administratif contemporain : l'abus des métonymies ( panier ) et la substantivation des adjectifs ( les essentiels ). En fait, il s'agit d' aliments essentiels . Mais la formule aliments essentiels disconvient aux précieux d'aujourd'hui à double titre. D'une part l'adjectif ne se substitue pas au mot qu'il qualifie, il lui succède selon notre syntaxe. D'autre part le contenu ( aliments ou produits ou sélection ) n'est pas traduit par son contenant ( panier ). Autrement dit, la langue est simple, claire, directe, intemporelle. Et cela paraît bien fâcheux aux inventeurs d'écrans de fumée communicationnels, spontanément friands de vocables fumeux. NDA : Cette formule que nous critiquions lo...