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Affichage des articles associés au libellé construction

long terme, moyen terme, court terme

Terme est ici à comprendre au sens d' échéance, au sens de fin , comme dans le verbe terminer et le mot latin devenu français terminus. Pourquoi ne faut-il jamais dire " sur le long terme " ni " sur le court terme " ? En quoi est-ce une faute indéniable, doublée d'une inutile complication ? Parce que toute langue a besoin de cohérence pour sa vitalité. Or, dans notre langue, les chose se font à terme , et non sur terme : un enfant naît à terme , un loyer se paie à terme , un train arrive au terminus , etc.  Un enfant ne naît pas "sur terme", et encore moins "sur le terme". " Sur terme " est donc faux, et " sur le terme " l'est plus encore. Que le terme soit long, moyen ou court, ni " sur " ni " sur le " ne peuvent le précéder. Pour cette raison, on dira donc exclusivement " à long terme, à moyen terme, à court terme ", et on se désintoxiquera de l'incohérent " s...

cas par cas et heure par heure

L'expression " au cas par cas " est une faute de français qui s'est répandue très largement depuis l'an 2000. Dans notre langue, les choses que l'on examine l'une après l'autre se règlent cas par cas , et non " au cas par cas " (sic). Curieusement, la passion ambiante pour cette faute de construction grammaticale surchargée d'un mot de liaison inutile n'affecte pas les autres locutions adverbiales construites sur le même modèle ; c'est-à-dire construites sur le principe de la répétition d'un mot autour de la préposition par. On entend toujours dire correctement : " marcher deux par deux ", " progresser mètre par mètre ", " s'informer heure par heure ", " réfuter point par point " [et non " au deux par deux", " au mètre par mètre", " au point par point" ni " à l' heure par heure"]. Pourquoi ces locutions voisines ne subissen...

c'est pas un sujet

À propos d'une journaliste qui fait mystère de l'origine de son nom peu commun, un autre journaliste conclut par ces mots l'article qu'il consacre à ce sujet de perplexité : " ...elle a choisi de ne pas en faire un sujet ." Si ! Manifestement, elle a choisi d'en faire un sujet de perplexité ! Lequel se mue en sujet de conversation et, dans ce cas, en sujet d'article. L'emploi abusif du mot " sujet " sans complément de nom (à charge pour nous de le deviner) est en France (pas dans le reste de la Francophonie) un snobisme aberrant d'apparition récente, à bannir. Nous devons TOUJOURS préciser un sujet de quoi : sujet de contrariété, sujet de satisfaction, sujet d'inquiétude, sujet de conversation, sujet de moqueries, sujet d'étude, sujet de rédaction, sujet du verbe, sujet de Sa Majesté ? Et si cet effort infime vous rebute, Ô orateurs et rédacteurs professionnels, il vous suffit de cesser d'employer le mot "sujet" ...

la crise n'est pas près de finir

Quiconque croit juste de dire "la crise n'est pas prête de finir" au lieu de " la crise n'est pas près de finir " se met le doigt dans l'œil ; ou plutôt, la langue... Et contrairement au gecko de Nouvelle-Calédonie, pas pour voir y plus net de près ni de loin. Car dans toutes les langues dont la nôtre, les adverbes sont massivement invariables*. Y compris les adverbes loin et près . L'idée fausse selon laquelle l'adverbe près posséderait la faculté extraordinaire de s'accorder en genre, et donc d'être tantôt masculin tantôt féminin, s'est pourtant incrustée dans certains esprits, notamment ceux de trop nombreux professionnels des médias parlants.  En dépit de longues années d'études de la langue française et de leur métier d'artisans de cette langue, des locuteurs professionnels de la télévision et de la radio perçoivent l'adjectif prête comme le féminin de l'adverbe près , puisqu'ils ne craig...

ministres démis de leurs fonctions

"Victoire. Les ministres B..., C..., P... enfin démissionnés." ( Jean-Luc Mélenchon, Twitter, 5 juillet 2020) Voilà un barbarisme peu digne de l'éloquence de ce tribun. Car des ministres DÉMISSIONNENT ou SONT DÉMIS (de leurs fonctions), mais ne sont pas "démissionnés". Ni eux ni personne.  De même, une personne qui s'alimente n'est pas "mangée", elle mange. La confusion entre les significations d'un même verbe selon qu'il est employé à la forme active ou passive est en principe une erreur qu'on ne commet plus au sortir de l'école élémentaire ; faute de quoi on n'est pas admis au collège. Et moins encore admis à rédiger des messages officiels, fussent-ils révolutionnaires ou révoltés. Veillons avec soin sur toute langue vivante, vivante donc fragile. Car il est une forme d'insoumission à la structure porteuse du langage qui ne grandit personne et ne lutte pas dans le bon sens. POUR ACCÉDER À LA PAGE D...

être en possession de

" Depuis son arrivée à Beyrouth, des questions se posent notamment sur le fait qu'il ait pu voyager alors que ses passeports étaient en possession de ses avocats japonais ." (BFMTV, LCI) Les rédacteurs de presse se divisent ici en deux catégories : ceux qui savent manier l'expression " être en possession de " et ceux qui seraient bien avisés de s'en abstenir si c'est pour écrire une telle ineptie. Ce ne sont pas les passeports qui possèdent les avocats japonais mais l'inverse : les avocats sont en possession des passeports de leur client - qui a manifestement pu s'en passer pour aller de port en port. Heureusement, tout le monde ou presque est en mesure de rétablir la juste information et le bon ordre des termes. Mais pourquoi les rédacteurs n'en furent-ils pas capables eux-mêmes et pourquoi leurs vérificateurs (secrétaires de rédaction, rédacteurs en chef) laissent-ils filtrer régulièrement cette inversion ? Dans un ouvrage ...

les pro-brexit

Le suivisme médiatique a marqué un point décisif : le calamiteux néologisme journalistique britannique Grexit = Greek exit , qui n'aurait jamais dû apparaître dans les gros titres de la presse francophone, s'est imposé dans le discours ambiant sous sa forme anglo-anglaise : Brexit = British exit . Il est vrai que les grands bouleversements politiques à portée historique ont souvent enrichi la langue française par l'apport de termes étrangers qu'elle a adoptés en raison de leur authenticité et de leur capacité à nous transporter dans le contexte international. Après le Diktat , l' Ukaze , l' Anschluß , nous voici équipés du Brexit. La Mission linguistique francophone prend acte de l'entrée fulgurante dans le lexique français, en juin 2016, de cette fusion de syllabes exogène qu'est le "brexit". On note toutefois avec inquiétude que l'adoption de ce jargon atrophié s'opère aux dépens de notre syntaxe. Car le français n'est pa...

métier n'est pas un adjectif

Le site officiel du ministère de l'Intérieur français a annoncé simultanément un bonne et une mauvaise nouvelle, et l'a fait en ces termes, extraits d'une offre d'emploi : "intégrer une direction qui comporte une grande diversité de domaines « métier » avec de hauts niveaux d’expertise, c'est l'opportunité que vous propose [le] ministère de l'intérieur." Cherchant à se libérer de l'obligation de trouver le mot juste, on remarque que le rédacteur de l'annonce du ministère, gêné par sa propre carence, s'est senti obligé d'entourer " métier " de guillemets, comme si cela gommait ou atténuait la faute de français. Détrompons-le charitablement : 1°/ non, "métier" n'est pas un adjectif qualificatif ; 2°/ non, un mot au singulier ne peut pas qualifier un mot au pluriel (ici, le nom commun  domaines ) ; 3°/ non, les guillemets ne gomment pas les fautes, ils les enjolivent à peine. Il n'est donc pas perm...

relations publics

Cette faute d'orthographe manifeste est en réalité un barbarisme insidieux, inventé par idolâtrie du jargon des affaires, entre communicants fiers de leur perte de repères linguistiques et logiques, et désireux d'en faire largement étalage. Voici de quoi il retourne. En France, quelques agences spécialisées dans les relations publiques se sont regroupées dans le syndicat Syntec, dont le président a tenté de promouvoir entre 2010 et 2016 la notion de "relations publics" (sic). Désignation ahurissante adoptée depuis par une des sociétés ainsi syndiquées, à l'instigation de l'inventeur ci-contre, dont il convient de taire le nom par humanité. Cette tournure grammaticalement fautive se veut calquée sur le modèle d'autres expressions incorrectes telles que "les relations investisseurs" (sic) [au lieu de les relations avec les investisseurs ] ou "la relation clients" (sic) [au lieu de la relation commerciale ou les relations avec les cl...

anacoluthe

" Anacoluthe !" est un insulte chère au Capitaine Haddock . C'est aussi un terme de linguistique désignant une acrobatie grammaticale hasardeuse : une rupture logique dans la construction de la phrase. Une anacoluthe fréquemment lue et entendue dans les médias consiste à rompre le lien logique entre le pronom et le nom, comme ici : " Le couple McCann et leurs trois enfants ". Puisque "le couple" est un terme singulier, c'est bien sûr " le couple McCann et ses trois enfants " qu'il faut dire. Si l'on veut exprimer un pluriel, alors il faudra préférer " les époux McCann et leurs trois enfants ". Dans " le couple et leurs trois enfants ", un pronom personnel pluriel est employé à tort pour renvoyer à un nom singulier. C'est une anacoluthe. Rappelons ici aux professionnels de la langue que les substantifs singuliers exigent en français un pronom singulier, même s'ils évoquent un ensemble d'éléme...

les accidents voyageurs de la RATP

La RATP peine à formuler en français impeccable ses annonces sonores ou écrites. Tel un étranger s'égarant dans le dédale des couloirs, elle s'égare dans le sens des mots les plus simples. Ainsi la RATP annonce-t-elle des accidents voyageurs (sic) ou, mieux, des accidents de voyageurs . Or, en français, quand un bébé est victime d'un accident domestique et qu'on appelle à l'aide, on ne dit pas : " Au secours ! J'ai un accident de bébé " ! Par cette maladresse voulue (" Un accident de voyageur à la station Georges V ..."), on subodore que la RATP répugne à assumer le fait que des voyageurs soient victimes d'accidents dans le métro. Ou qu'ils s'y blessent accidentellement. Voire volontairement (tentatives de suicide). Alors, elle invente " l'accident de voyageur ". Comme ça, c'est la faute à personne. La Mission linguistique francophone rappelle donc que, partout dans le monde francophone, hélas, des pe...

participer à / participer de

La Mission linguistique francophone met en garde contre cette confusion, fréquente dans la langue châtiée, entre les deux constructions du verbe participer : participer à et participer de ne sont pas interchangeables, et moins encore synonymes. Participer à la fête , c'est y prendre part, y apporter sa contribution. Tandis que participer d e la fête, ce n'est pas en faire partie ni y participer ni y contribuer, c'est en avoir certaines caractéristiques. Ainsi peut-on dire très justement que "les bombardements de civils participent du meurtre" [ils ne participent pas au meurtre, ils y ressemblent à bien des égards]. Le psychiatre et infatigable mystificateur Jacques Lacan (1901-1981) était passé maître dans l'art d'impressionner ainsi à peu de frais son auditoire en nimbant de fausse profondeur des propos dont le sens échappait à tous, grâce à l'emploi de mots de liaison inattendus, de verbes dévoyés, de termes arbitrairement redéfinis. Il ...

près de / prêt à

La Mission linguistique francophone rappelle que les adverbes sont tous invariables. Y compris les adverbes loin et près . Une idée fausse s'est pourtant installée dans certains esprits, et notamment dans l'esprit de nombreux professionnels de la presse parlée, qui lisent devant des millions d'auditeurs et de téléspectateurs des textes d'information entachés de cette bévue : l'idée selon laquelle l'adverbe près posséderait la faculté extraordinaire de s'accorder en genre. Autrement dit, d'être tantôt masculin, tantôt féminin. Personne - pas même un journaliste - ne se hasarde pourtant à accorder d'autres adverbes que celui-là. " Ils sont souvent là " ne donne pas au féminin " elles sont souventes là "... La réalité est qu'en dépit de longues années d'études de la langue française et de leur métier d'artisans de cette langue, des locuteurs professionnels de la télévision et de la radio perçoivent l'adjectif ...