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Affichage des articles associés au libellé anglomanie

"game changer" : changeons la donne

Alerte au virus langagier : l’américanisme game changer fait soudain fureur dans les médias français. Peu d’autres pays francophones s’adonnent à ce snobisme. Ou ce suivisme. Ou les deux à la fois, comme souvent. Essayons de tuer ce tic verbal dans son œuf encore mollet, en revenant à la formulation française qui comporte moins de syllabes et moins de lettres, et réunit donc tous les mérites. FRANGLAIS SNOB : c’est un game changer (prononcé "guêïm tchêïndjeur") FRANÇAIS LIMPIDE ET SOBRE : ça change la donne. POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CLIQUEZ ICI

ne révélez pas la fin du film (mais oubliez le barbarisme "divulgâcher")

Avec tout le respect dû à la Direction de la langue française et des langues de France (DGLFLF) et à l'académicien français Frédéric Vitoux , qui applaudissent ensemble le vain et vilain néologisme " divulgâcher " (sic), on aimerait rappeler à l'une et à l'autre que cette création artificielle est sans nécessité puisque plusieurs verbes français existent déjà pour exprimer le verbe franglais " spoiler " (prononcé spoï-lé), au sens de " révéler le détail ou le dénouement d'une intrigue ". Les premiers de ces verbes existant déjà sont très beaux et ne comportent que trois syllabes (contre quatre à "divulgâcher" et sa surcharge bien vaine). Ce sont DÉFLORER et DÉVOILER . " Ne déflorez pas la fin du film !" et " Ne dévoilez pas la fin du film !" sont les très exactes traductions, en français sobre, du franglais snob et ado " Ne spoilez pas la fin du film !". On peut aussi demander à ne pas évente...

Alexandra Redde-Amiel, décideuse en chanson française non francophone #Eurovision2020

Notre protestation officielle, jointe à celle du ministre français de la Culture, a eu un certain effet. Il est admis que le groupe France Télévisions a commis une erreur et ne devra plus la commettre à l'avenir, dût-il en être empêché par décret.  Voici le texte de notre article publié   avant la révision symbolique de la chanson The Best in Me dont le titre a été francisé en Mon alliée. C'était l'époque - vieille d'un ou deux mois - où u n responsable de France Télévision soutenait encore que la langue anglaise était ce que la France avait de meilleur à offrir à l'Europe, et taxait de passéisme tout contradicteur.  Miss L.F. Voici le visage de la dame qui nous assène cette année encore le choix calamiteux d'une supposée "meilleure chanson de France" (puisqu'on la veut élue meilleure chanson d'Europe et d'Australie, il faut au moins commencer par là !) qui ne se chante en français que partiellement, puisqu'elle se réclame d...

save the date : l'anglomanie parfaite

L'anglomanie s'exprime par l'abus de termes anglophones ou « anglomorphes », c'est-à-dire d'apparence anglaise. L'anglomanie s'épanouit dans la tendance à employer des termes anglais bien que leur traduction française existe parfaitement. Elle culmine dans le recours à des termes inexistants dans la langue anglaise mais qui semblent lui avoir été empruntés (par exemple, le «  pressing  » cher aux commentateurs sportifs, employé par erreur à la place de l'anglais pressure , dont la formulation correcte en français est pression ). Plus insidieusement, l'anglomanie s'infiltre dans la tendance récente des Francophones à généraliser des constructions grammaticales contraires à la syntaxe du français mais conformes à la syntaxe de l'anglais (par exemple, en construisant le complément de nom par juxtaposition : « logement étudiant » au lieu de : « logement d' étudiant » ; « structure bois » au lieu de « structure en bois »). L...

Flyboard : vite, un nom !

Difficile de réprimer un cocorico  à l'idée qu'une équipe française et son meneur Franky Zapata soient en train de donner corps aux images de surhommes volants issues de la bande dessinée et du cinéma, ces intrépides sauveurs de l'humanité se mouvant en " scaphandre autonome " aérien. Il faut craindre une réaction de jalousie de la part de tel ou tel pays, des réflexes de mauvais perdants, du même ordre que ceux ayant accueilli l'éblouissant Concorde franco-britannique. Mais il faut aussi se réjouir de l'estime qui va retomber du ciel sur les Français et leur légendaire ingéniosité - puisqu'on doit aussi à notre culture non seulement le champagne, les châteaux de la Loire et la haute couture mais la boîte de conserve, le vaccin, la photographie, le cinéma, la découverte de Neptune, le ballon dirigeable, la révélation de la radioactivité, l'écriture pour aveugles et la carte à puce. Il serait désolant de ne pas trouver immédiatement un terme...

oups.gouv et data.gouv

L'onomatopée " oups ", imitant une glissade savonneuse, un dérapage, est l'interjection que les anglophones émettent quand ils s'aperçoivent avoir commis une gaffe ou une maladresse. Le mot " data ", pluriel neutre du participe passé du verbe latin  dare  signifiant  donner ,  est le terme adopté par les anglophones pour désigner les données, notamment les données archivées sous forme numérique. C'est pourtant le ministère français de l'Économie qui oriente ses contribuables vers deux sites internet des services de l'État dont les noms et adresses sont " OUPS.GOUV " et " DATA.GOUV ". On voit que l'inféodation des conseillers ministériels au snobisme anglomane est intense, et que la vigilance du ministère de la Culture à l'égard de telles attaques contre la culture francophone au sein même du gouvernement français est pour le moins timide. Mais puisqu'il existe désormais un droit à l'erreur, ...

l'attrait et non l'attractivité

 L'emploi malencontreux en français du faux ami anglais attractive , qui signifie attirant, séduisant, a donné naissance dans certains esprits au néologisme " attractivité " [comme dans " attractivité touristique du Morbihan "] dont l'usage est vivement déconseillé, voire prohibé. Ce barbarisme s'épanouit sans complexes - et sans doute irréversiblement - dans le discours politique et technocratique français, et jusque dans l'intitulé de certains organismes d'État ou travaux de recherche. Débarrassée de sa difformité anglomane, "l'attractivité" (sic) c'est pourtant dans notre langue l'attrait , la séduction , l'intérêt (que suscite quelque chose), le charme, le pouvoir d'attraction ou l'attirance. POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE, CLIQUEZ ICI  

le running et les runneurs

C'est quoi, le running ? Le "running", comme son nom l'indique aux anglophones, c'est l'acte de courir, c'est la course à pied . Mais la course à pied à l'usage exclusif des amateurs de termes anglais permettant de dire en moins clair ce qui se dit très bien en français, histoire de se la péter un max. C'est quoi, un runneur ? Dans l'hôtellerie, c'est un garçon de salle ("Hep ! Garçon !") ou une fille de salle , employé dont la mission consiste à courir à droite et à gauche pour se rendre utile au reste du personnel de service, maître d'hôtel compris. Ici, il ne s'agit pas seulement de se la péter en parlant un peu anglais mais sans perde complètement contact avec le français (on écrit runneur et non runner ), il s'agit aussi d'en finir avec l'infantilisation désobligeante du garçon ou de la fille de salle. Indulgence, donc, pour ce néologisme de métier. Mais c'est quoi au juste un runner, que l...

alerte au "géocaching" !

Un néologisme véritablement monstrueux [NDE : nous sommes avares de ce genre de qualificatifs, mais ici il s'impose ] déboule dans nos oreilles et sous nos yeux : le géocaching (sic). Aïe, aïe, aïe, que d'ignorance condensée en si peu de lettres... Il s'agit de ce qu'on appelait jusqu'à présent une chasse au trésor, une course d'orientation ou un rallye. La seule nouveauté supposée étant l'usage de la boussole GPS de son téléphone portable au lieu d'une boussole magnétique à l'ancienne. Cette évolution technique n'appelle pas de terme nouveau, pas plus que la navigation n'a changé de nom en passant de la voile latine au moteur hors-bord, et pas plus que la gloutonnerie n'a besoin de changer de nom selon qu'elle se rassasie à la fourchette, à la baguette ou avec les doigts. L'honorable amusement consistant à retrouver des objets cachés dans la nature se voit depuis peu dénommé par le terme précité, lequel est d'une co...

"en live"

L'expression " en live " (sic) n'est ni anglaise ni française : elle viole les deux langues et fait honte aux professionnels du spectacle et des médias qui s'adonnent à ces viols. Dans le français courant, le mot  live  est emprunté à l'anglais dans son acception adverbiale qui signifie exactement " en public " ou " en direct ". Dès lors, le franglais " en live " signifie " en en-public " ou " en en-direct ". Chacun devrait entendre instinctivement que l'ajout de la préposition " en " devant l'adverbe " live " produit un bégaiement sémantique inepte. L'expression " en sans contact " (sic) est une semblable aberration syntaxique, construite sur le même modèle défectueux : l'ajout fautif de la préposition en devant un adverbe. Maquillé de guillemets ou non [cf. annonce BNP Paribas ci-dessus], c'est un monstre rédactionnel. On se demande pourquoi le prés...

dataroom et meet-up au Grand Paris

L'établissement public de la Métropole du grand Paris s'est doté d'un site internet dont les intitulés vomissent la langue française avec une âpreté désolante. Jugez plutôt ce que la capitale élargie du monde francophone vous donne à lire comme titres de rubriques dans sa version française : dataroom, meet-up, agenda . Agenda peut sembler irréprochable, si ce n'est que le mot est ici utilisé dans l'acception anglophone du terme. Ce n'est pas le petit carnet que l'on promène sur soi pour y noter ses rendez-vous (ce qui est l'unique sens de du mot agenda en français). C'est the agenda : le programme des activités à venir, l'ordre du jour, la liste des points à aborder. Mais on pourrait ne rien trouver à redire à cette métonymie [ métonymie = boire un verre au lieu de boire le contenu d'un verre ] si elle ne venait pas corroborer le constat d'un snobisme anglomane omniprésent par ailleurs. Car avec meet-up et dataroom , l'ambig...

hubs et clusters au Grand Paris

Dans les messages publics de l'établissement public de la Métropole du grand Paris, nous ne sommes pas seulement orientés à contre-sens vers la dataroom et le meet-up , il est aussi question de hubs , de clusters , de coworking , de tout ce qui se fait de plus exaspérant comme jargon irréfléchi et suiviste chez les tenants du style m'as-tu-vu-sortir-de-mon-école-de-management. Les constructions grammaticales autour de ces anglicismes forcenés achèvent de saccager notre langue : " ce document sera mis sur la dataroom ", nous informe-t-on. Comprenne qui pourra. Une " (data) room " étant une salle (de données), on ne saurait placer quoi que ce soit "sur" une dataroom mais peut-être dans la salle en question ? Ne cherchons pas la petite bête, ne soyons suspects ni de purisme ni de passéisme : à l'heure où l'on se targue d'habiter "sur Paris" (quelle envergure il faut pour cela, pour habiter SUR une ville !) au lieu d...

Eurovision : la décideuse qui se flatte d'avoir rendu la francophonie aphone

Les responsables de divertissements télévisuels de 24 pays d'Europe sur 26 ont choisi, pour le concours de l' Eurovision 2016 , des chansons anglophones ou pseudo-anglophones ou en partie anglophones - comme si le charme notoire de l'italien, ne se suffisait pas à lui-même, non plus que celui du russe, du polonais, de l'arménien ou du grec. De trois choses l'une : • soit les responsables des divertissements télévisuels des pays non anglophones sont des incompétents (pluriel mixte) dotés de responsabilités qui les dépassent du tout au tout, à commencer par celle de faire vivre leur langue ; • soit toutes les langues d'Europe autres que l'anglais et le pseudo-anglais doivent être reconnues comme langues mortes, y compris le français qui ne fut chanté de bout en bout que par une Autrichienne (laissée elle aussi pour morte par le jury de professionnels, puis ranimée par le vote du public) ; • soit le concours de chanson de l'Eurovision s'est...

listing, naming, pressing

Académie française (12 juillet 2016) : " On rappellera qu’appeler listing une liste n’améliore en rien la qualité ou la valeur de cette dernière, sauf à penser que l’emploi d’anglicismes, fussent-ils de mauvais aloi, est une marque de modernité . " Et toc. Il en va de même pour le ridicule bedding , cher à quelques professionnels de l'ameublement et du snobisme, qui désignent ainsi la literie . Même pichenette pour se débarrasser du grotesque naming , jargon riche en poudre aux yeux et empoisonnée par une anglomanie de carnaval, supposé exprimer l'action de donner un nom ou d'inventer un nom avec beaucoup de flair commercial. Ce qui s'appelle en français la dénomination , l' appellation ou la création de marque . Enfin, même coup pied au derrière des commentateurs sportifs adeptes de l'inepte pressing , qu'ils croient voir exercé par une équipe affrontant une autre. Il s'agit peu probablement de blanchisserie et sans doute d'exerce...

les pro-brexit

Le suivisme médiatique a marqué un point décisif : le calamiteux néologisme journalistique britannique Grexit = Greek exit , qui n'aurait jamais dû apparaître dans les gros titres de la presse francophone, s'est imposé dans le discours ambiant sous sa forme anglo-anglaise : Brexit = British exit . Il est vrai que les grands bouleversements politiques à portée historique ont souvent enrichi la langue française par l'apport de termes étrangers qu'elle a adoptés en raison de leur authenticité et de leur capacité à nous transporter dans le contexte international. Après le Diktat , l' Ukaze , l' Anschluß , nous voici équipés du Brexit. La Mission linguistique francophone prend acte de l'entrée fulgurante dans le lexique français, en juin 2016, de cette fusion de syllabes exogène qu'est le "brexit". On note toutefois avec inquiétude que l'adoption de ce jargon atrophié s'opère aux dépens de notre syntaxe. Car le français n'est pa...

literie et mobilier de jardin

Dans le catalogue et dans la signalétique intérieure d'une enseigne d'ameublement dont l'un des dirigeants est un ex-ministre français du redéploiement industriel, les chalands peuvent s'effarer de se voir proposer une rubrique intitulée Chambre et bedding (sic) au lieu de Chambre et literie . On trouve pareilles anomalies linguistiques chez des marchands de mobilier de jardin qui qualifient leurs collections de " outdoor " (sic). Egarés dans le snobisme des jargons professionnels faussement anglophones mais réellement snobs, les directeurs du marketing qui préconisent de tels intitulés semblent avoir complètement perdu le sens commun. We are NOT English speaking customers, guys !  Merci de nous parler français. Il se trouve que les mots jardin et literie sont particulièrement agréables à l'oreille et à l'esprit, et pas plus longs à écrire ni à articuler que leurs équivalents anglais ; so why the f... change them for this awkward "outdoor...

l'usine digitale

Dérivée de L'usine nouvelle (fondée en 1891), voici un moment déjà que la publication  L'usine digitale est parue. Il y a de quoi être atterré qu'un aussi vénérable éditeur de presse propage sans garde-fou la lourde bévue qu'est la confusion entre l'adjectif " numérique " et son faux ami anglophone " digital "... En français, l' usine digitale , c'est l'usine où l'on travaille avec ses doigts ou pour les doigts. Confirmation récente et indiscutable par l'Académie française, disponible ici . La méconnaissance de l'unique sens de l'adjectif digital en français ( qui concerne les doigts ) est indigne de professionnels de l'écriture. Mais il doit y avoir une jouissance gourmande à massacrer sa propre langue de travail, sous les coups de l'incompétence terminologique, de l'inculture lexicale et de la fascination pour les jargons les plus mal bâtis, sans quoi vous n'auriez aucun lecteur pour lire l...

futur et expertise : hier et aujourd'hui

Tout en s'alarmant de la désaffection pour l'avenir au profit de le futur, une camarade en francophonie prénommée Régine nous a écrit ceci : "C'est à tort que le futur au sens de l'avenir est parfois tenu pour un anglicisme. Cet emploi est attesté de longue date dans notre langue, et jusque sous des plumes avisées : «  Le futur n'y aura jamais présence  » (Ronsard, Roman de la Rose , vers 1280)," Mais non, Régine, détrompez-vous ! En 1280 la télévision n'était pas inventée et les USA n'existaient pas. De sorte que le public francophone n'était pas bombardé de feuilletons américains mal traduits, dans lesquels l'avenir anglophone ( the future ) ne devient JAMAIS l'avenir francophone mais toujours "le futur". Or, cette bévue propre au mauvais maniement des faux amis par des traducteurs défaillants n'est pas décodée par les téléspectateurs ni leurs décodeurs...  Chacun croit y entendre le mot juste, et chacun e...

les serious games des jeunes francophones

Il faut le voir pour le croire. Voyez-le ci-contre. Le groupe public de télévision France Télévisions a créé une chaîne éducative , où l'on n'enseigne ni explicitement le français ni ouvertement l'anglais, mais où l'on patauge dans le marais intermédiaire du franglais : serious games (sic) et replay (sic) sont au programme. Et en gras, dans le résumé des contenus de la chaîne. Les expressions jeux éducatifs (alias serious games ) et rediffusion (alias replay ) existent bien depuis des décennies. Mais justement, tel est leur tort selon les fonctionnaires de l'éducation télévisuelle de France : les termes exacts sont éculés, il faut du sang neuf. Donc du sang franglais, bien sûr. Que fait le CSA ? Et que fera la nouvelle présidente de France Télévision ? Sachant que cette estimable personne se targue de promouvoir des concepts comme " le voir ensemble " (sic), au mépris du sens commun et des récentes mises en garde de l'Académie française co...

impacter

Le verbe " impacter " ressemble à du français, mais ce n'en est pas. C'est un barbarisme à prétentions anglophones, employé dans divers sens liés à la notion d'impact. • Impact physique . Ce sont ici les verbes  percuter, heurter, frapper et leurs synonymes qui doivent toujours être employés au lieu du barbarisme " impacter ". Exemple correct : "la balle l'a frappé ici ; on en voit nettement l'impact." • Impact immatériel , symbolique , émotionnel, fonctionnel, organisationnel, social . " Impacter " remplace ici abusivement des verbes comme affecter, toucher, heurter, ébranler, bouleverser, perturber, gêner, désorganiser, déstabiliser , interpeler, attirer l'attention, concerner, influer,  et tous leurs synonymes exprimant un effet subtil ou violent sur un élément immatériel, sur une émotion, sur un destin, sur un projet, sur une situation sociale, etc. Ainsi, une étude d'impact s'efforce-t-elle de déterm...