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alerte au "géocaching" !

Un néologisme véritablement monstrueux [NDE : nous sommes avares de ce genre de qualificatifs, mais ici il s'impose] déboule dans nos oreilles et sous nos yeux : le géocaching (sic).

Aïe, aïe, aïe, que d'ignorance condensée en si peu de lettres...

Il s'agit de ce qu'on appelait jusqu'à présent une chasse au trésor, une course d'orientation ou un rallye. La seule nouveauté supposée étant l'usage de la boussole GPS de son téléphone portable au lieu d'une boussole magnétique à l'ancienne. Cette évolution technique n'appelle pas de terme nouveau, pas plus que la navigation n'a changé de nom en passant de la voile latine au moteur hors-bord, et pas plus que la gloutonnerie n'a besoin de changer de nom selon qu'elle se rassasie à la fourchette, à la baguette ou avec les doigts.

L'honorable amusement consistant à retrouver des objets cachés dans la nature se voit depuis peu dénommé par le terme précité, lequel est d'une connerie sans bornes [NDE : nous sommes avares de ce genre de trivialité, mais ici elle s'impose]. Bien sûr, la caisse de résonance des vogues niaises et des terminologies sauvages qu'est trop souvent Wikipédia lui octroie une entrée.

Une telle imbécilité terminologique - "le géocaching" (sic) - a-t-elle sa place dans une prétendue encyclopédie francophone, sans avertissement au lecteur ? Bien sûr que non, et pas davantage dans une encyclopédie anglophone. Parce que le terme est inepte dans ces deux langues, sans ergotage possible.

Le verbe anglais to market ("mettre sur le marché", "commercialiser") donne marketing, son participe présent, à partir duquel apparaît l'anglicisme le marketing, créé par substantivation du participe présent d'un verbe existant bel et bien en anglais. Tout ça est cohérent. Mais le verbe "to cache", lui, n'existe pas ! La création "caching"(sic)  est donc incohérente : en anglais, "cacher" se dit "to hide", comme chacun sait. En anglais, le mot "cache" n'existe que comme nom commun signifiant la même chose qu'en français : une cache. Mais pas le moindre verbe "to cache" à l'horizon. Donc pas de "caching" possible, et moins encore de "geocaching" - ni de "géocaching" pour l'écrire comme dans Wikipédia. L'abruti d'anglophone [NDE : nous sommes avares de ce genre de qualificatifs, mais ici il s'impose] qui a créé ce néologisme ne maîtrise donc pas sa propre langue, et croit dur comme fer que les noms communs se conjuguent ! Aussi fâché soit-il avec la plus élémentaire compréhension des mots, il trouve quelques suiveurs chez les anglophones. Cela ne nous oblige pas, nous francophones, à suivre sans réfléchir ces suiveurs irréfléchis.

Rappelons que l'accent aigu n'existe pas en anglais, et que le "géocaching" est donc une stupidité encore supérieure au "geocaching".

Nous avons invité les vigiles de Wikipédia à expulser cette ineptie de l'encyclopédie qu'ils contrôlent d'une main de fer. Ou à rebaptiser ce concept d'un nom irréprochable ou moins défectueux (et non le "renommer", ce qui signifierait "lui donner une excellent réputation" ; on tend à l'oublier). Hélas, le contrôle des administrateurs masqués de la sphère wikipédienne s'exerce trop souvent pour veiller à en maintenir le niveau d'exigence culturelle au ras des pâquerettes et sous la domination de la mode, plutôt que pour gommer de cette belle entreprise intellectuelle ce qui fait honte à l'intelligence collective des francophones comme des anglophones. Tel le "géocaching" qui ferait bien, en effet, d'aller se cacher.

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