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long terme, moyen terme, court terme

Terme est ici à comprendre au sens d'échéance, au sens de fin, comme dans le verbe terminer et le mot latin devenu français terminus.

Pourquoi ne faut-il jamais dire "sur le long terme" ni "sur le court terme" ? En quoi est-ce une faute indéniable, doublée d'une inutile complication ? Parce que toute langue a besoin de cohérence pour sa vitalité.

Or, dans notre langue, les chose se font à terme, et non sur terme : un enfant naît à terme, un loyer se paie à terme, un train arrive au terminus, etc.  Un enfant ne naît pas "sur terme", et encore moins "sur le terme".

"Sur terme" est donc faux, et "sur le terme" l'est plus encore. Que le terme soit long, moyen ou court, ni "sur" ni "sur le" ne peuvent le précéder.

Pour cette raison, on dira donc exclusivement "à long terme, à moyen terme, à court terme", et on se désintoxiquera de l'incohérent "sur le long terme" ressassé depuis quelques années par les orateurs publics et dans les conversations d'affaires.

Hélas, la désintoxication sera difficile. Car les francophones ont contracté depuis plus de vingt ans une fièvre contagieuse dont le symptôme est une prédilection obsédante pour la préposition "sur", au détriment de la quasi totalité des autres prépositions, notamment les prépositions "à" (à Pau devenant sur Pau), "dans" (dans la région devenant sur la région ; dans l'île devenant sur l'île), "devant" (vous êtes devant un Picasso devenant vous êtes sur un Picasso), "en" (en Corse devenant sur la Corse), "vers" (je roule vers chez toi devenant je roule sur chez toi), "par" (on passera par Liège devenant on passera sur Liège), etc.

Pour pouvoir caser du "sur" absolument partout, on en vient à remplacer les verbes les plus naturels par d'autres très éloignés. Par exemple, au lieu de "je fais un sabayon",  tout candidat de Top Chef a pris le (mauvais) pli de nous dire : "je pars sur un sabayon". Bon vent, l'ami.

L'expression "sur le long terme" est un des multiples reflets de cette manie d'employer "sur" à toutes les sauces, y compris les plus indigestes. Comme "sur long terme" leur semblait étrange, d'instinct les mauvais orateurs ont ajouté l'article le et ainsi doublé la faute.

Pour ne pas imiter ces deux erreurs cumulées, on sera bien inspiré de renoncer à très court terme à la manie de coller partout du sur, et en particulier "sur" le court terme et "sur" le long terme, puisqu'en bonne syntaxe les échéances sont à court terme ou à long terme, et sans article.

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Commentaires

Chambaron a dit…
L'usage du 'sur' traduit visiblement ici une confusion entre une durée (sur une courte, moyenne ou longue période) et une échéance.
Ce n'est donc pas, comme dans d'autres cas, une simple variation conventionnelle de la préposition mais une incompréhension du mot qu'on emploie.

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