Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du octobre, 2025

se faire plaisir ou se faire tuer

Trop nombreuses sont les personnes heurtées à mauvais escient par l'emploi de cette tournure irréprochable : " se faire violer, se faire agresser ". Elles s'en indignent en ces termes : " On subit un viol. On subit une agression. On EST violé. On EST agressé. On ne SE FAIT pas violer, on ne SE FAIT pas agresser ." Ce reproche est entaché d'une erreur d'appréciation appelée hypercorrection : au-delà du purisme, l'hypercorrection consiste à voir des fautes d'expression où il n'y en a pas. Or - en morale comme en littérature - voir le mal où il n'est pas est le contraire de la pureté. En français, " se faire balloter par la houle " ou " se faire huer " n'exprime aucunement la volonté d'être balloté ou hué ; pas plus que " se faire torturer " ne signifie qu'on a appelé ce calvaire de ses vœux. C'est au contraire ici une fatalité subie qui s'exprime, comme dans " il s'est fait arr...

dernières 24 heures ou 24 dernières heures ?

" Ces dernières vingt-quatre heures " est une formulation fautive . La formulation correcte étant " ces vingt-quatre dernières heures ". Ou : " depuis vingt-quatre heures ". Ou encore, le sobre : " depuis hier ",  qui tend à se perdre au profit du tic de chiffrage à l'heure près : "depuis ces dernières vingt-quatre heures" ; avec erreur dans l'ordre des mots, car en français, on dit " mes trois beaux enfants " et non "mes beaux trois enfants".  Cet exemple, que personne ne contestera, nous rappelle que dans notre langue, l'adjectif cardinal ( un, deux, trois , etc) doit toujours se placer avant l'adjectif qualificatif ( beaux ). Ce n'est pas une option, c'est une obligation : les deux pires ennemis et non "les pires deux ennemis". Cette règle intangible du français se vérifie aisément pour les jours écoulés ou à venir : chacun dit bien " dans les deux prochains jours ...