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Articles

Affichage des articles associés au libellé complément de nom

c'est pas un sujet

À propos d'une journaliste qui fait mystère de l'origine de son nom peu commun, un autre journaliste conclut par ces mots l'article qu'il consacre à ce sujet de perplexité : " ...elle a choisi de ne pas en faire un sujet ." Si ! Manifestement, elle a choisi d'en faire un sujet de perplexité ! Lequel se mue en sujet de conversation et, dans ce cas, en sujet d'article. L'emploi abusif du mot " sujet " sans complément de nom (à charge pour nous de le deviner) est en France (pas dans le reste de la Francophonie) un snobisme aberrant d'apparition récente, à bannir. Nous devons TOUJOURS préciser un sujet de quoi : sujet de contrariété, sujet de satisfaction, sujet d'inquiétude, sujet de conversation, sujet de moqueries, sujet d'étude, sujet de rédaction, sujet du verbe, sujet de Sa Majesté ? Et si cet effort infime vous rebute, Ô orateurs et rédacteurs professionnels, il vous suffit de cesser d'employer le mot "sujet" ...

le contraire des documents numériques

La notion de document numérique ou informatique s'oppose désormais à celle de document produit sur papier , document imprimé , document manuscrit , document matériel ou matérialisé , document sur papier . Comment exprimer cette matérialité qui allait autrefois de soi ? Une chose est certaine : le contraire de " document numérique " n'est pas " document papier " ni " version papier " ni " édition papier " ! Ces formulations aberrantes, devenues majoritaires dans le français administratif, sont réprouvées par les autorités linguistiques francophones [Académie française, Office québecois de la langue française, Mission linguistique francophone], car un tel emploi de papier comme adjectif exprimant le contraire de numérique ou électronique est fautif sans discussion possible ; tout simplement parce que le mot papier n'est pas un adjectif. Des dizaines de millions de francophones semblent ne plus en avoir conscience, et s...

relations publics

Cette faute d'orthographe manifeste est en réalité un barbarisme insidieux, inventé par idolâtrie du jargon des affaires, entre communicants fiers de leur perte de repères linguistiques et logiques, et désireux d'en faire largement étalage. Voici de quoi il retourne. En France, quelques agences spécialisées dans les relations publiques se sont regroupées dans le syndicat Syntec, dont le président a tenté de promouvoir entre 2010 et 2016 la notion de "relations publics" (sic). Désignation ahurissante adoptée depuis par une des sociétés ainsi syndiquées, à l'instigation de l'inventeur ci-contre, dont il convient de taire le nom par humanité. Cette tournure grammaticalement fautive se veut calquée sur le modèle d'autres expressions incorrectes telles que "les relations investisseurs" (sic) [au lieu de les relations avec les investisseurs ] ou "la relation clients" (sic) [au lieu de la relation commerciale ou les relations avec les cl...

les accidents de la RATP

Dans son Journal atrabilaire , Jean Clair a immortalisé les sévices que les annonces sonores de la RATP font quotidiennement subir à la langue française, directement dans les oreilles des millions d'usagers du métro parisien. Ces fautes sont tellement lourdes qu'elles font grimacer ou sourire certains voyageurs... Mais la plupart d'entre eux prennent au contraire les messages publics de la RATP pour modèles, supposant - bien à tort - que la direction de la communication de cette entreprise de service public met un point d'honneur à les formuler dans un français impeccable. On remarque que la RATP aime les circonlocutions, mais se prend facilement les pieds dans le tapis (roulant ?) de la syntaxe ou du style. Elle ne dit pas " suicide " ni " tentative de suicid e", elle dit " accident grave de voyageur ". On peut comprendre son souci de ne pas appeler un suicide par son nom afin de ne pas heurter les âmes sensibles. Mais on peut moin...

accidents graves de voyageurs

La RATP aime bien les circonlocutions, au risque de se prendre les pieds dans le tapis (roulant ?) de la syntaxe et du vocabulaire. " Accident grave de voyageur " est la pire circonlocution qu'on pût inventer et propager par hauts-parleurs sous prétexte d'évoquer à mots couverts une tentative de suicide ferroviaire. Si le voyageur y survit, la langue française en sort gravement accidentée et profondément abêtie. Double faute. Pour commencer, en français, on ne doit pas intercaler un adjectif entre un nom et son complément de nom. Autrement dit, tout bloc de mots de type "fin de soirée" ou "accident de voiture" est insécable. C'est pourquoi en français pas encore vicié par les annonces de la RATP , on dit spontanément un bon chef de service et non "un chef bon de service". Et c'est pourquoi il faudrait dire un grave accident de voyageur , et non "un accident grave de voyageur". Mais il se trouve que cette form...

les accidents voyageurs de la RATP

La RATP peine à formuler en français impeccable ses annonces sonores ou écrites. Tel un étranger s'égarant dans le dédale des couloirs, elle s'égare dans le sens des mots les plus simples. Ainsi la RATP annonce-t-elle des accidents voyageurs (sic) ou, mieux, des accidents de voyageurs . Or, en français, quand un bébé est victime d'un accident domestique et qu'on appelle à l'aide, on ne dit pas : " Au secours ! J'ai un accident de bébé " ! Par cette maladresse voulue (" Un accident de voyageur à la station Georges V ..."), on subodore que la RATP répugne à assumer le fait que des voyageurs soient victimes d'accidents dans le métro. Ou qu'ils s'y blessent accidentellement. Voire volontairement (tentatives de suicide). Alors, elle invente " l'accident de voyageur ". Comme ça, c'est la faute à personne. La Mission linguistique francophone rappelle donc que, partout dans le monde francophone, hélas, des pe...

bonnet d'âne et "ferme célébrités"

Cette accorte chanteuse de variété arborant de gigantesques boucles d'oreille est là pour rappeler aux dirigeants de la chaîne de télévision TF1 que le complément de nom ne peut pas se construire en français par simple juxtaposition, comme il peut l'être en anglais. L'anglais earrings (littéralement oreilleanneaux , donc anneaux d'oreille ) ne désigne pas en français des " boucle oreilles " mais des boucles d 'oreilles . Et une " Ferme célébrités " [titre d'une émission de TF1], c'est quoi ? Un élevage d'ânes ? Non. C'est le fruit d'un lancinant travail de sape de la langue effectué par des dirigeants surpayés - si toutefois la maîtrise de leur propre langue reste un critère d'appréciation minimal de leur compétence et donc de leur rémunération - aux commandes d'un des plus puissants médias de la Francophonie. CLIQUEZ ICI POUR ACCEDER A LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE [MLF] ...

cuisine mercatique

La mercatique [nom français du marketing ] aime en imposer aux masses, fut-ce au prix des pires préciosités de langage. Dans l'univers agro-alimentaire, la tendance actuelle des gens du marketing est à la cuisine lexicale que voici : délaisser les noms de recettes sobres construits sur le modèle de " pommes de terre sautées ", de " canard à l'orange " ou de " poisson pané " ; et réchauffer à satiété le principe du "sauté de veau" . Pour cela, il suffit de faire gonfler le participe passé (sauté) qualificatif  pour le transformer en substantif ( un sauté), puis de l'additionner du nom de l'ingrédient principal (veau), préalablement décortiqué sous forme de complément de nom ( de veau). Ainsi l' orange pressée devient-elle du " Pressé d'orange ". La bonne vieille boîte de thon en miettes devient un " Émietté de thon ". Et la purée congelée, un " Écrasé de pomme de terres au beurre " ...