Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles associés au libellé sport

parasportifs, paraathlètes

P A R A S P O R T I F S : hors de question ! Pire encore, son synonyme paraathlètes (pire car mal orthographié para-athlètes ou para athlètes dans la plupart des occurrences).  Apparus pour désigner des concurrents d'épreuves d' handisports , ces néologismes incultes sont totalement désobligeants. En effet, le français emploie deux préfixes homonymes, dont les significations sont voisines, l'une et l'autre chargées de défiance : PARA (latin) = qui protège de, qui empêche (parasol, parachute) PARA (grec) = en marge, presque (paramilitaire, parapharmacie, paraphrase, paranoïa) Qualifier donc les sportifs porteurs d'un handicap de "presque sportifs" ? NON ! Que les Jeux paralympiques aient été ainsi dénommés était pertinent car ils prenaient en effet place en marge des Jeux olympiques. C'étaient presque des Jeux olympiques. C'était aussi une scabreuse greffe entre paraly tique et o lympique . Avec l'évolution des esprits et des performances qui ...

dans les méandres de la Seine "baignable"

La Seine "baignable". C'est avec stupéfaction que les personnes qui n'ont pas encore perdu l'instinct de leur propre langue ont entendu proliférer ce néologisme moche, paresseux, inepte et suiviste, y compris dans la bouche du président Macron, pourtant lauréat du Concours général de français. Ainsi un maire-adjoint parisien chargé de l'eau écrit-il : " La Seine baignable (sic) porte un message rassurant ". Alors qu'il lui suffisait de dire, sans copier sur ses voisins : " Pouvoir nager dans la Seine porte un message rassurant ." Il pouvait aussi évoquer, sans violer notre langue : la Seine saine, la Seine propre, la Seine propre à la baignade (formule adoptée par Le Monde), la Seine où l'on peut nager, etc. Mais en aucun cas : la Seine nageable, la Seine baignable, ses berges marchables - qui sont autant de barbarismes irréfléchis. La langue est notre environnement premier. Ne la rendons pas imbuvable... RAPPEL : Ce qui est...

une médaille n'est pas une breloque

Bien que se déroulant dans la capitale mondiale de la francophonie , la  fête olympique de 2024 sera-t-elle marquée, une fois encore, par une dé-fête de la langue français chez les commentateurs sportifs francophones ? Peut-être pas. Ayons confiance en cette équipe d'orateurs et rédacteurs professionnels. Soutenons-la. Soutenons-la, oui. À ne pas confondre avec le faux sens aberrant " supportons-la ", cet anglicisme qui signifie en (vrai) français que nous souffrons en silence, pour finir par exploser : " je ne te supporte plus !" Les commentateurs sportifs les plus en vue se sont parfois surpassés dans le dérèglement lexical [= mauvais choix des mots], syntaxique [= mauvais agencement des mots entre eux] et phonétique [= mauvaise prononciation des mots], ce qui les rendait difficilement... supportables. Sur la première marche du podium de cette perte de repères langagiers : les  médailles , si noblement méritées, sont désormais qualifiées par certains journali...

"le mental" des sportifs

Les commentateurs, les entraîneurs, et les sportifs eux-mêmes, ont pris la mauvaise habitude de saluer " le mental " d'une équipe, d'une championne ou d'un joueur. " On parlera plutôt de la disposition d’esprit, de l’état d’esprit, voire du moral ", corrigeait l'Académie française dans un communiqué de 2012. Cette mise en garde est toujours d'actualité mais incomplète. Car l'appauvrissement du vocabulaire sportif a encore gagné du terrain. Avant chaque période de championnats, il faut s'entraîner à muscler fièrement sa francophonie, et ne plus invoquer maladroitement " le mental " au lieu de ces termes justes, limpides et forts : • la volonté • la détermination • la concentration • la force de caractère • la pugnacité • • • • POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CLIQUEZ ICI Pour prendre directement connaissance des missions de la Mission,  cliquez ici.

contre la montre, le féminin doit toujours l'emporter

L'expression " contre la montre " est un complément de manière  créé par métaphore au vingtième siècle par le vocabulaire sportif pour préciser la nature d'une épreuve de vitesse. Chaque concurrent s'y élance seul. La performance sportive qu'il est en train d'accomplir, il ne peut donc pas la jauger selon son avance ou son retard sur un adversaire ou un groupe autour de lui, par exemple un peloton de coureurs cyclistes. Pour doser son effort vers un exploit victorieux, il ne peut se fier qu'à l'écoulement du temps. Il n'a d'autre adversaires que ses propres limites physiques ; mesurées par la durée de son tour de force. Seules l'aiguillonnent les aiguilles d'une montre. Cette notion imagée de course menée contre une montre , puis contre " la" montre (par emphase), a enrichi notre langue d'une expression savoureuse : la course contre la montre . Hélas, au détour du 21e siècle, la lexicalisation  irréfléchie du compléme...

après la numéro un, voici la numéro une

Les commentateurs sportifs francophones sont connus pour leurs multiples entorses à la langue française. Parfois, ils vont jusqu'à en déchirer les ligaments, comme dans l'expression " la numéro un mondiale " (sic). Créée en France pour la joueuse de tennis Amélie Moresmo , cette expression fautive est maintenant appliquée sans relâche à toute championne du monde. Elle se décline à des échelons inférieurs [" la numéro un française ", " la numéro un de notre club "] et dans d'autres secteurs que le sport [telle entreprise est " la numéro un mondiale "]. Cette coutume nouvelle viole une règle élémentaire de notre langue : un mot féminin doit avoir un article féminin [ la femme et non le femme ], un mot masculin exige un article masculin. Sans exception aucune. Robert est une personne charmante, Robert n'est pas un personne charmant. Donc Amélie n'est pas une numéro un. Numéro étant un mot masculin, et non un adjectif vari...

Flyboard : vite, un nom !

Difficile de réprimer un cocorico  à l'idée qu'une équipe française et son meneur Franky Zapata soient en train de donner corps aux images de surhommes volants issues de la bande dessinée et du cinéma, ces intrépides sauveurs de l'humanité se mouvant en " scaphandre autonome " aérien. Il faut craindre une réaction de jalousie de la part de tel ou tel pays, des réflexes de mauvais perdants, du même ordre que ceux ayant accueilli l'éblouissant Concorde franco-britannique. Mais il faut aussi se réjouir de l'estime qui va retomber du ciel sur les Français et leur légendaire ingéniosité - puisqu'on doit aussi à notre culture non seulement le champagne, les châteaux de la Loire et la haute couture mais la boîte de conserve, le vaccin, la photographie, le cinéma, la découverte de Neptune, le ballon dirigeable, la révélation de la radioactivité, l'écriture pour aveugles et la carte à puce. Il serait désolant de ne pas trouver immédiatement un terme...

défense et attaque de Didier D., orateur footballistique

En France, une émission satirique de la télévision [ Le Petit Journal ] se délecte de railler la diction d'un dirigeant du football de ce pays, M. Didier Deschamps, qui serait coutumier de ne pas prononcer correctement la lettre X et de la remplacer par le phonème S : un homme d' espérience au lieu d' expérience . Chez l'intéressé, cette élision du son x relève d'un accent régional. Cela ne prête donc pas à la critique acerbe, contrairement à la prononciation ignare de " archet " comme " archer ", selon une désaffection pour la justesse des voyelles qui conduit des cohortes de professionnels de la diction sans le moindre accent régional pittoresque à nous dire " elle voulez " au lieu de " elle voulait ", ou à nous parler de la cote au lieu de la côte et inversement. Ce qui est beaucoup plus désolant dans le discours du locuteur que nous venons de défendre pour sa diction, c'est le massacre de la syntaxe qu'il p...

choisissez bien, choisissez "but" !

Chers commentateurs sportifs bien-aimés ! Toujours si prompts à doper leur discours médiatique à grands coups de pompe ! Et quand ce n'est pas la pompe argotique, c'est la pompe des pompeux... Ce jour, sur France 2 [chaîne nationale de la télévision française], un spécialiste des jeux de ballon nous annonce qu'un habile footballeur a " marqué deux réalisations " à lui tout seul. Autrement dit, il a marqué deux buts . Cette terminologie outrée apparaissait déjà dans des commentaires du type " Machin a manqué de réalisation ". Ce qui signifiait que le Machin en question n'avait marqué aucun but, malgré diverses tentatives en ce sens pour lesquelles on le rétribue grassement. Au prix de revient de ces buts manqués, le but marqué n'a plus de prix. Alors, mieux qu'un but atteint, c'est une réalisation réalisée... Quand le gardien de but sera devenu gardien de réalisations , le français médiatique aura marqué un but de plus contre son camp....

ambiguïté et ubiquité

Mot d'enfant d'un commentateur sportif radiophonique pourtant adulte, à propos de Machin-Truc, footballeur de son état, pressenti pour jouer à la fois en France et en Espagne :" il n'a pas le don d'ambiguïté ". Contrairement à l'ambiguïté qui ne vous situe nulle part, l' ubiquité est le don d'être partout à la fois. L'étymologie latine en est limpide : ubi signifie où ; de là, ubique, qui signifiait initialement et où, donc là aussi , a fini par prendre en latin le sens de partout . L'ubiquité de la maîtrise approximative de la langue par les professionnels de l'actualité sportive se manifeste au détour de confusions de ce genre... CLIQUEZ ICI POUR ACCÉDER AU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE [M•L•F•] 

une médaille olympique n'est pas une breloque

Cet article publié au terme de Jeux olympiques de 2012 reste d'actualité. Nous le remettons sur le dessus de la pile à l'attention des professionnels du commentaire sportif. La grande fête olympique a rimé, une fois encore, avec grande dé-fête linguistique. Les commentateurs sportifs les plus en vue se sont surpassés dans le dérèglement lexical, syntaxique et phonétique. Ainsi a-t-on pu entendre dire qu'un lutteur avait "bien paradé l'attaque" (sic) de son adversaire (comprenez : "bien paré l'attaque"), et qu'un judoka avait fait preuve de beaucoup de tact (sic) pour arriver en demi-finale (comprenez : beaucoup de sens tactique ). Mais cela ne serait rien sans l'avalanche de termes argotiques que les journalistes sportifs ne perçoivent plus comme tels : les pattes, la tronche, le mec , etc. Summum de cette perte de repères lexicaux et d'incapacité à ajuster le niveau de langue du commentaire sportif : les médailles , si noblemen...

jouer contre

La Mission linguistique francophone relève une désaffection des professionnels du commentaire sportif pour la préposition contre . Ce phénomène de mode est d'autant plus surprenant que le sport de spectacle est essentiellement constitué d'affrontement. Affrontements de sportifs s'activant l'un contre l'autre ou contre leurs propres limites. " La France va jouer l'Italie " [ Le Figaro du 29 janvier 2008]. Cette information est trompeuse. Elle est même faussée par la suppression du mot contre . Car la France ne va pas jouer l'Italie (c'est-à-dire faire semblant d'être l'Italie, se prendre pour l'Italie). La France - incarnée par son équipe de football - va jouer contre l'Italie. Et tout faire pour ne pas ressembler à l'Italie ! Ce genre d'approximation syntaxique marque les limites de la liberté de maltraiter la langue, liberté si souvent revendiquée par ceux qui sont simplement inaptes à la traiter avec soin, b...