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Affichage des articles associés au libellé contresens

parasportifs, paraathlètes

P A R A S P O R T I F S : hors de question ! Pire encore, son synonyme paraathlètes (pire car mal orthographié para-athlètes ou para athlètes dans la plupart des occurrences).  Apparus pour désigner des concurrents d'épreuves d' handisports , ces néologismes incultes sont totalement désobligeants. En effet, le français emploie deux préfixes homonymes, dont les significations sont voisines, l'une et l'autre chargées de défiance : PARA (latin) = qui protège de, qui empêche (parasol, parachute) PARA (grec) = en marge, presque (paramilitaire, parapharmacie, paraphrase, paranoïa) Qualifier donc les sportifs porteurs d'un handicap de "presque sportifs" ? NON ! Que les Jeux paralympiques aient été ainsi dénommés était pertinent car ils prenaient en effet place en marge des Jeux olympiques. C'étaient presque des Jeux olympiques. C'était aussi une scabreuse greffe entre paraly tique et o lympique . Avec l'évolution des esprits et des performances qui ...

s'exposer (selon Alice Coffin)

"En ne conduisant pas, je m'expose à ne pas mourir sur la route." (paraphrase d'une déclaration faite par une élue municipale française du nom d'Alice Coffin à une chaîne de télévision étrangère) Nous paraphrasons ici avec la plus grande fidélité dans le contresens une déclaration d'une conseillère municipale parisienne dont la violence diffamatoire à l'encontre de la moitié masculine de ses électeurs a fait tressaillir d'indignation ou sauter de joie, mais dont le mauvais maniement de la langue n'a pas même été relevé dans ce tohu-bohu. Voici la déclaration accusatoire dans sa forme originale : " En n'ayant pas de mari, je m'expose à ne pas être violée, tuée, tabassée (...) et mes enfants non plus ". Or, la formule verbale " s'exposer à"  ne peut introduire qu'un complément négatif. On s'expose à mourir en allant à la guerre, on s'expose à échouer à un concours en s'y présentant. Mais on n...

l'intelligence des mots : bientôt un oxymore ?

Sans plaider pour notre propre parcours de matheux, nous avons tenté en Sorbonne de faire admettre que la distinction entre élèves matheux et littéraires n'était pas pertinente en matière d'évaluation scolaire et professionnelle de l'intelligence rationnelle . Car la vraie différence est entre les esprits rigoureux ou non, que leur logique se soit aiguisée par le juste maniement des signes mathématiques ou linguistiques. Encore faut-il qu'elle se soit aiguisée avant l'accès aux postes les plus en vue du journalisme. Cela seul pourra épargner aux masses placées devant le journal télévisé de TF1 d'entendre par exemple, en guise de lancement de sujet, cette perle d'absence de rigueur logique dans le maniement du français :  " Xavier Dupont de Ligonnès n'est pas l'homme arrêté " . (sic !) Avec de telles interversions entre sujet et complément, la question se pose : les malheureux enfants de Ligonnès ne sont-ils plus vivants, ou sont-...

ne pas ignorer et ne pas savoir

L' Office québecois de la langue française et la Mission linguistique francophone s'épaulent mutuellement dans le secours aux professionnels de la langue française qui sont en difficulté avec la langue française - donc avec leur outil de travail premier et leur compétence première, en principe. Tel fut ce matin le cas d'un professeur agrégé de français s'exprimant dans l'une des émissions radiophoniques quotidiennes les plus écoutées de la Francophonie. Ce professeur de lettres répond avec urbanité à son interlocuteur, en ces termes : " Vous n'êtes pas sans ignorer que ... etc." L'agrégé de français dit ainsi le contraire de ce qu'il voulait dire : " Vous n'ignorez pas " ou " vous n'êtes pas sans savoir ". Il est actuellement question d'instaurer des notes éliminatoires au baccalauréat en France. On pourrait aussi envisager de considérer comme éliminatoire à l'agrégation de français l'incapacité à m...

donneurs d'ordres et commanditaires

Le " donneur d'ordres " est une expression employée à mauvais escient dans le jargon des affaires pour désigner le client, et plus exactement le commanditaire : celui qui passe commande d'un bien ou d'un service. Et non celui qui donne des ordres sous prétexte qu'il a de l'argent... Voici d'où vient la méprise. Le mot anglais order signifie ordre , à tous les sens du terme français : l'ordre ordonné ( remettre en ordre, mettre de l'ordre dans ses affaires ), ou l'ordre ordonnant ( donner des ordres, être aux ordres de quelqu'un ). Mais l'anglais order doit parfois se traduire par portion ( une portion de frites ), car le verbe to order signifie aussi commander, passer commande ; or une portion de frites est comprise par la langue anglaise comme une commande de frites , c'est-à-dire comme l' ordre donné et reçu de servir une certaine quantité de frites. Le mot anglais order est donc en partie un faux ami. À ce...

avoir l'opportunité

L'opportunité n'est pas une bonne occasion qui se présente à nous, c'est le fait d'être opportun. Dans l'expression " avoir l'opportunité de ", la confusion de sens avec célèbre avec le faux ami anglais opportunity a la vie dure depuis une génération déjà, et c'est ce qui la rend agaçante. Ce qui se dit en anglais, to have the opportunity se dit en français " avoir la possibilité " ou " avoir l'occasion ". Toute considération sur l' opportunité est d'un autre ordre, à savoir : est-ce judicieux, est-ce la bonne décision, est-ce le bon moment ? L'opportunité, c'est une appréciation sur ce qu'il y a lieu de faire ou non à un moment donné. Ce n'est pas l'aubaine qui se présente à nous : cela s'appelle une occasion ("j'ai sauté sur l'occasion d'aller au Canada") ou une possibilité ("j'ai eu la possibilité d'aller au Canada"). • J'ai eu la po...

dédier

L'action décrite par le verbe dédier possède toujours en français une valeur d'hommage. Dédier une sonate à sa bien-aimée, c'est lui faire symboliquement don de cette composition pour louer ses sublimes qualités. Dédier n'a aucun autre sens en français - hormis les sens erronés qu'on tend à lui donner depuis trente ans, sous l'influence de mauvais traducteurs de l'anglais technique. Dédier une conférence à Beethoven, c'est  honorer la mémoire de Beethoven en l'associant symboliquement au thème cette conférence. Ce n'est pas lui consacrer une conférence, ni donner une conférence sur Beethoven. Mais on peut donner une conférence sur la surdité, et la dédier à Beethoven ; c'est-à-dire rendre hommage au passage à l'héroïsme de Beethoven face à ce handicap, bien qu'il ne soit pas le sujet de la conférence. Hélas, cette claire et forte singularité de sens, que personne n'ignorait au vingtième siècle, tend à se perdre dans ...