En France, le discours ambiant de la première décennie du vingt et unième siècle est pétri [ cet article est paru initialement en 2008 ] de considérations sur la sécurité . La Mission linguistique francophone constate qu'il en résulte des dérives lexicales malencontreuses. Si le vif succès du mot " insécurité " n'appelle pas de mise en garde, il n'en va pas de même pour emploi fautif des barbarismes " sécuriser ", " sécurisé " et " sécurisation ", actuellement omniprésents dans le vocabulaire des professionnels de la langue, et par suite, du public. Les choses ne sont plus sûres, elles sont sécurisées. Les biens et les personnes ne sont plus en sécurité, ils sont sécurisés. Les inquiets ne sont plus rassurés, ils sont sécurisés. Les faibles ne sont plus protégés, ils sont sécurisés. Les périmètres dangereux pour notre sécurité ne sont plus interdits ni bouclés, ils sont sécurisés. Les champs de mines ne sont plus déminés, i...
la langue est vivante, veillons ensemble sur sa santé