La Mission linguistique francophone et l'Académie française unissent leurs efforts pour rappeler d'une même voix qu'une action se déroule selon son déroulement et non selon son "déroulé" (sic) - contrairement à ce que l'on lit depuis peu d'années sous la plume de rédacteurs professionnels adeptes de l'approximation. Faute que l'on entend par contagion dans la bouche des francophones que la répétition des erreurs de langage nouvelles attirent irrésistiblement, par la seule vertu de leur nouveauté.
Pour ces francophones-là, que nous avons sondés, le bon déroulement est un mot éculé qui manque de dynamisme. Selon eux, le "déroulé" (sic) d'une cérémonie, c'est plus actif [*]. De toute façon - tranchent-ils - on est libre de dire ce qu'on veut quand même, non ? Ce dévoiement (et non ce dévoyé) de la notion de liberté ne suscite ni le "consternement" ni le "consterné", mais bien la consternation.
[*] Faux : le néologisme "un déroulé" est issu du participe passif du verbe (se) dérouler ; il est donc impropre à évoquer l'action autrement que subie. Il appartient indéniablement au registre de la passivité et non de l'activité.
NDA : Si le déroulement devient "le déroulé", alors il ne faut pas s'arrêter en si bon chemin mais étendre cette altération pour conserver à notre vocabulaire sa cohérence : l'égarement devient l'égaré, le gouvernement devient le gouverné, le règlement devient le réglé, le stationnement devient le stationné, et la connerie devient reine.
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Pour ces francophones-là, que nous avons sondés, le bon déroulement est un mot éculé qui manque de dynamisme. Selon eux, le "déroulé" (sic) d'une cérémonie, c'est plus actif [*]. De toute façon - tranchent-ils - on est libre de dire ce qu'on veut quand même, non ? Ce dévoiement (et non ce dévoyé) de la notion de liberté ne suscite ni le "consternement" ni le "consterné", mais bien la consternation.
[*] Faux : le néologisme "un déroulé" est issu du participe passif du verbe (se) dérouler ; il est donc impropre à évoquer l'action autrement que subie. Il appartient indéniablement au registre de la passivité et non de l'activité.
NDA : Si le déroulement devient "le déroulé", alors il ne faut pas s'arrêter en si bon chemin mais étendre cette altération pour conserver à notre vocabulaire sa cohérence : l'égarement devient l'égaré, le gouvernement devient le gouverné, le règlement devient le réglé, le stationnement devient le stationné, et la connerie devient reine.
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Commentaires
L'Académie française leur donne tort pour ce manque de vigilance lexicale, nous aussi : http://www.academie-francaise.fr/deroule-pour-deroulement
Les dictionnaires que vous évoquez ont été pris en main depuis vingt ans par des commerciaux qui entérinent toutes les erreurs au fur et à mesure qu'elles surgissent, pour accroître leur audience en "ratissant large".
En tout état de cause, vérifiez, vous trouverez bel et bien "déroulement" dans ces dictionnaires. Alors, laissez tomber "déroulé" après avoir relu l'article ci-dessus et/ou celui de l'Académie qui vous expliquent pourquoi.
Miss L.F.
HG
Comme chacun le sait, le pied s’enroule et se déroule à chaque foulée…
À noter que les versions électroniques marquent une nouvelle baisse de niveau : j'ai repris il y a peu le Robert sur une citation (moderne) contenant une erreur grossière mais on m'a répondu que le dictionnaire n'assumait pas le contenu des extraits publiés. Quant aux dérives de sens, souvent médiatiques, elles sont rapidement avalisées. Cela encourage la délinquance textuelle et tous les mots finissent dans un même sac sémantique. Des cailloux en masse dans les lentilles... en quelque sorte.