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Articles

Affichage des articles associés au libellé verbe

rouvrir et non réouvrir

Procéder à une réouverture , c'est rouvrir. Et non "réouvrir". Un piège de la langue française à connaître et donc éviter. Une plaie s'est rouverte et non réouverte, un magasin rouvre ou va rouvrir. Voilà. C'est comme ça. Soyez donc fermés à toute utilisation du verbe "réouvrir". Il est fautif. • • • POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CLIQUEZ ICI Pour prendre directement connaissance des missions de la Mission,  cliquez ici.

se revendiquer de : double faute apparue en 2012

Dans toutes les langues du monde, la négligence verbale journalistique se mord inlassablement la queue. Le bel animal médiatique est affecté d'une manie qui amuse sans doute, puisqu'on ne la soigne pas. En France, l' Agence France Presse (AFP) possède un redoutable pouvoir de nuisance sur la langue, en raison de la rapidité et du manque de clairvoyance avec laquelle elle propage les déclarations les plus mal formulées, ensuite reprises avec autant de rapidité et aussi peu de clairvoyance par la presse écrite et parlée. Et sans précautions oratoires, à de rares exceptions près. Quel rapport avec la faute de français " se revendiquer de " (sic) ? Nous y venons. Le 22 mars 2012 au petit matin, un ministre de l'Intérieur français [Claude Guéant] déclare qu'un assassin de la région toulousaine " se revendique d'Al QaÏda ". On peut attribuer ce cafouillage verbal à la fatigue consécutive à la supervision d'un assaut contre la positi...

questionner, interroger, demander

Il existe une subtilité de sens entre interroger et questionner . Quand faut-il employer l'un ou l'autre de ces verbes ? Très simple : quand vous posez UNE question, vous ne questionnez pas ; vous interrogez ou vous demandez. • Vous demandez au pâtissier le prix d'une tartelette. • Vous interrogez l'office du tourisme sur les heures d'ouverture d'un musée. Toutefois, interroger peut aussi consister à poser plusieurs question, avec ou sans insistance : un juge d'instruction interroge ou questionne. Interroger et questionner sont alors synonymes. Tandis que le verbe questionner  suppose toujours que vous posiez plusieurs questions, et veilliez à en obtenir la réponse de façon suivie voire insistante . • Vous questionnez depuis des années la mairie sur la dégradation de votre quartier. • Les PUF  questionnent le monde (slogan publicitaire des Presses Universitaires de France, judicieux pour des ouvrages posant une multitude de questions sur le monde, et d...

être candidat ou postuler

Adopté depuis quelques années par certains jargons professionnels, le verbe " candidater " est né des amours banales du snobisme et de la paresse. Le snobisme qui pousse à parler de façon pseudo-compétente, même au prix d'un lourd barbarisme. Et la paresse de retrouver dans sa tête puis d'articuler l'une des expressions correctes pour exprimer cette action, à savoir : postuler, être candidat , se porter candidat , faire acte de candidature ou se présenter (à un examen, un concours d'entrée, une élection) voire s'inscrire (à un tirage au sort, un concours, sur une liste de prétendants à une fonction, une distinction, une invitation gratuite, etc) ou encore briguer . On note que le verbe postuler ne comporte que trois syllabes, contre quatre pour le verbe candidater . Il ne s'agit donc pas ici d'une paresse des muscles de l'articulation, comme souvent, mais de la paresse intellectuelle qui empêche de faire le lien entre la notion de post...

poser un acte

" Je suis fière d'avoir posé un acte inédit. " En cette première moitié de l'année 2023, la Mission linguistique francophone a constaté l'émergence d'une formule vide de sens mais très prisée par certaines personnalités politiques : "poser un acte". L'avenir dira si cette préciosité irréfléchie prend son essor ou si le vent qui l'a apportée la dispersera bientôt comme elle est venue. Au sens péjoratif, on commet un acte.  On sens laudatif, on accomplit un acte. Et dans le doute, on pose ou se pose une question. Mais on ne pose nulle part un acte. Hormis sur la langue fourvoyée de quelques précieux ridicules et suivistes. POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CLIQUEZ ICI Pour prendre directement connaissance des missions de la Mission,  cliquez ici.

fuiter : un cas d'inceste barbare

Non, un homme politique ne laisse pas " fuiter " une information dans la presse. Il la laisse échapper , il la laisse filtrer , parfois même il la distille ou il la divulgue . Quand un parent et son enfant font ensemble un autre enfant, cela procède de l'inceste. Le résultat n'est pas toujours heureux. Il existe des incestes dans la famille des mots, et les anomalies génétiques n'y sont pas moins affligeantes. Par exemple : le verbe FUIR engendre le substantif FUITE . Quand des journalistes accouplent le parent FUIR et son enfant FUITE , ils enfantent sans vergogne le verbe FUITER (sic), dont le caractère dégénéré n'échappe qu'à eux...  La Mission linguistique francophone s'est émue de cette monstruosité sémantique dès son apparition publique, en janvier 2008 . Quatre ans plus tard, le 2 février 2012 , l' Académie française nous a suivis et a insisté pour que les journalistes chassent de leur esprit le barbarisme fuiter (sic), l...

s'enfermer et s'exfermer

On sait que notre langue souffre parfois de créations de termes inutiles et mal pensés, nés de la simple ignorance du terme nécessaire déjà présent dans son stock. Inversement, des mots indispensables n'existent pas, et rien ne semble parvenir à les faire exister. Une rivière est profonde ou peu profonde, mais l'adjectif autonome signifiant peu ou pas profond n'existe pas en français ( shallow , en anglais ; flach en allemand ; sekély en hongrois).  L'enfant dont les parents sont morts est orphelin ; mais les parents dont l'enfant est mort n'ont pas de nom.  Les autorités francophones de la néologie officielle ne lui en cherchent pas ; peu importe l'indicible chagrin sans nom. Mais c'est un troisième exemple qui nous intéresse ici. On entre ou on sort. On empêche d'entrer et on empêche de sortir. Or, le contraire d' enfermer - au sens d'empêcher de sortir d'un lieu fermé - n'existe pas en français. Il serait pourtant ut...

on ne peut poster que par la poste

Peut-être avez-vous déjà dit, à propos d'un message ou d'un graphisme que vous partagiez en réseau : " je le poste ".  Non, l' Académie française et la Mission linguistique francophone unissent leurs efforts pour vous adjurer de ne pas tomber dans le piège du faux ami anglais " to post ", qui ne signifie pas poster mais  afficher . En matière de messages, " je le poste ", signifie exclusivement " je l'expédie par la poste ". Action qui se traduit en anglais par " I mail it " ; e t non par " I post it ", qui signifie "je l'affiche" (d'où le nom des feuillets adhésifs à afficher -et non à expédier- en guise de pense-bête). Or, dans les réseaux sociaux, vous adressez , vous publiez , vous diffusez ou affichez des messages qui ne seront pas distribués par un facteur. Ces messages ou images que vous communiquez , que vous montrez , que vous partagez en réseau sont donc non-postaux par d...

dénoter, détoner et détonner

Un journaliste inexpérimenté interroge une journaliste expérimentée et lui prête cette réponse : " Notre magazine dénote dans le paysage médiatique et politique ". Que nenni, jeune ami. Votre interlocutrice n'a pas pu commettre pareille confusion entre les verbes dénoter et détonner . Son magazine détonne . C'est-à-dire qu'il est d'un ton différent, d'une coloration différente. Et cela dénote une certaine audace de la part de son équipe de rédaction. C'est-à-dire que cette audace est notable . Si le contenu de la publication est explosif, il peut même  détonner dans le paysage médiatique au point d'y détoner ! Avec un seul n, comme dans la  détonation qu'il fait entendre. Pour éviter cette confusion fréquente, il suffit de ne pas perdre de vue le fait que détonner se construit toujours sans complément d'objet : ça détonne, tout court, car c'est d'un autre ton - tout est dit. Tandis que dénoter exige toujours un compléme...

ne pas ignorer et ne pas savoir

L' Office québecois de la langue française et la Mission linguistique francophone s'épaulent mutuellement dans le secours aux professionnels de la langue française qui sont en difficulté avec la langue française - donc avec leur outil de travail premier et leur compétence première, en principe. Tel fut ce matin le cas d'un professeur agrégé de français s'exprimant dans l'une des émissions radiophoniques quotidiennes les plus écoutées de la Francophonie. Ce professeur de lettres répond avec urbanité à son interlocuteur, en ces termes : " Vous n'êtes pas sans ignorer que ... etc." L'agrégé de français dit ainsi le contraire de ce qu'il voulait dire : " Vous n'ignorez pas " ou " vous n'êtes pas sans savoir ". Il est actuellement question d'instaurer des notes éliminatoires au baccalauréat en France. On pourrait aussi envisager de considérer comme éliminatoire à l'agrégation de français l'incapacité à m...

initier, générer, impacter

Le verbe initier n'a qu'un seul sens correct en français : procéder à une initiation, à un rite initiatique ; tous les autres sens qu'on lui donne depuis vingt ans sont faux, tels ceux dont la formulation correcte est en réalité : prendre une initiative , être l'initiateur de , être à l'origine de ou lancer une action. Le verbe générer n'a qu'un seul sens correct en français, dans diverses acceptions essentiellement scientifiques : une fonction génère une courbe . Tous les autres sens sont faux ou approximatifs, sous l'influence envahissante de mauvaises traductions de l'anglais to generate , verbe signifiant : engendrer , causer, créer, susciter, produire ; et très rarement générer . Ainsi, en français, une mauvaise nouvelle suscite ou cause de l'inquiétude, elle n'en "génère" pas. Le verbe " impacter " est un anglicisme et un barbarisme. Il n'a aucun sens correct en français. "À côté des verbes i...

on ne renseigne pas un formulaire

RENSEIGNEZ VOTRE NOM. Voilà l'absurdité abyssale qu'on lit désormais dans une multitude de formulaires mal formulés. Au lieu de INDIQUEZ VOTRE NOM.  C'est pourquoi nous remettons sur le dessus de la pile cet article que nous avions publié dès 2010. Il y est rappelé ce que signifie le verbe renseigner, constamment employé à tort au sens de  remplir, fournir, indiquer, etc. " On lit presque partout cette injonction, qui n'est même plus perçue par les moins de 30 ans comme une énormité : " Renseignez le questionnaire ". Et pire : " renseignez votre nom ". Dans le français spontané des francophones que ces énormités n'ont pas encore désorientés, on renseigne des touristes égarés mais on remplit un formulaire (ou une fiche, une case, un questionnaire, etc), et on indique son nom, on donne son nom, on précise son nom. Mais dans la langue dénaturée que pratiquent désormais la plupart des administrations, " renseigner un formulaire ...

serrez à gauche, restez à droite

Les systèmes de guidage satellitaires embarqués dans nos véhicules, connus sous le sigle GPS , nous parlent bien mal. Une fois encore, la faute en revient à des industriels qui tiennent pour négligeable le travail de traduction, et laissent ce soin à leurs ingénieurs, à leurs commerciaux, à leurs juristes, à n'importe qui sauf à des traducteurs de métier. À moins qu'ils aient recours à de piètres traducteurs de métier. Quoi qu'il en soit, les GPS parlants sont en train d'instiller un virus nouveau dans la langue française : la traduction mot à mot de l'anglais " keep right, keep left " par " gardez la droite, gardez la gauche " (sic). Or, en français normal, en français non robotisé ni lobotomisé, " keep left " se dit " serrez à gauche ", ou " restez à gauche ", ou encore " roulez à gauche ". Mais jamais " gardez la gauche "... Jamais ? La Mission linguistique francophone prévoit au contra...

impacter

Le verbe " impacter " ressemble à du français, mais ce n'en est pas. C'est un barbarisme à prétentions anglophones, employé dans divers sens liés à la notion d'impact. • Impact physique . Ce sont ici les verbes  percuter, heurter, frapper et leurs synonymes qui doivent toujours être employés au lieu du barbarisme " impacter ". Exemple correct : "la balle l'a frappé ici ; on en voit nettement l'impact." • Impact immatériel , symbolique , émotionnel, fonctionnel, organisationnel, social . " Impacter " remplace ici abusivement des verbes comme affecter, toucher, heurter, ébranler, bouleverser, perturber, gêner, désorganiser, déstabiliser , interpeler, attirer l'attention, concerner, influer,  et tous leurs synonymes exprimant un effet subtil ou violent sur un élément immatériel, sur une émotion, sur un destin, sur un projet, sur une situation sociale, etc. Ainsi, une étude d'impact s'efforce-t-elle de déterm...

sortir de l'impôt

Dans un français de très bas étage qui lui semble convenable, un inspecteur des finances jargonne à l'oreille d'un ministre, voire d'un Premier ministre, et la langue tout entière est contaminée par une ineptie de plus. Tel est le statut de l'expression " sortir de l'impôt ". Car l'impôt n'est pas un lieu ni même une condition. On ne saurait donc en "sortir" et moins encore en être sorti par la loi. En français, on est exonéré ou dispensé de payer des impôts, on échappe à l'imposition. On est ainsi sorti du pétrin, mais on n'est pas " sorti de l'impôt " (sic). Reprise sans guillemets ni distance par toute la presse écrite, parlée et audiovisuelle de France et de Navarre, une telle impropriété de terme, une telle négligence d'expression contamine la langue vivante en quelques heures. Tout laisse craindre qu'elle y laissera une cicatrice disgracieuse, comme l'a déjà fait l'emploi trivial du même...

pauvre verbe faire

Dès l'école primaire, on apprend à se défier d'un usage excessif du verbe faire , un peu vite qualifié de "pauvre" par nos maîtres. Beaucoup de professionnels de la communication écrite ou parlée oublient cette leçon à l'âge adulte, et reprennent à leur compte des formules comme " faire de l'essence " ou " refaire son retard " ou encore " refaire son handicap ".  "Je peux vous faire une carte bleue ?" demandent même certains clients désireux de payer par carte de crédit*. La Mission linguistique francophone note que cette négligence lexicale est actuellement en progression, et rappelle que certains emplois des verbes faire et refaire sont impropres, principalement parce qu'ils appauvrissent la langue et obscurcissent le sens. Ainsi, on fait le plein d'essence, mais on ne "fait" pas de l'essence : on en fabrique si on est un industriel du pétrole, on en achète , on en prend ou on en cherc...

on renseigne un touriste égaré mais on ne renseigne pas une case

On lit de plus en plus souvent (1) cette injonction : " Renseignez le questionnaire ". Dans la langue dénaturée que pratiquent certaines administrations, cela signifie qu'il faut fournir les renseignements demandés. Dans le français spontané des francophones que ces énormités n'ont pas encore désorientés, on renseigne des touristes égarés mais on remplit un formulaire (ou une fiche, une case, un questionnaire , etc). On lit aussi, de telles recommandations : " dans la première case, renseignez votre nom " (sic). La Mission linguistique francophone rappelle à ces rédacteurs administratifs en déroute - à qui il manque sans doute plus d'une case - qu'on indique son nom, on ne le " renseigne " pas. C'est la personne à qui vous indiquez votre nom que vous renseignez... Et non le questionnaire ni la case. Dans le même esprit, il existe depuis peu une tendance à porter dans les cases non remplies d'un formulaire la mention ...

être démis ou démissionner, telle est la question

La Mission linguistique francophone a pris la peine de signaler aux rédacteurs concernés la lourde faute de français qui entachait les gros titres de la presse française - et par contrecoup leur crédibilité en matière rédactionnelle : " Delphine Batho démissionnée " (sic). Pour mémoire, on ne "démissionne" pas quelqu'un, on le démet (de ses fonctions). La femme politique en question a donc été démise - ou poussée à la démission - et non "démissionnée". De même, une personne qui s'alimente n'est pas "mangée", elle mange. La confusion entre les significations d'un même verbe selon qu'il est employé à la forme active ou passive est en principe une erreur qu'on ne commet plus au sortir de l'école élémentaire ; faute de quoi on n'est pas admis au collège. Et moins encore admis à rédiger les titres de la presse francophone.

désimlocker

Les commerciaux du secteur de la téléphonie se gargarisent actuellement d'un terme sauvage, le désimlockage (sic). Qui désigne dans leur esprit l'action de désimlocker (sic). C'est-à-dire, le fait de rendre une carte SIM utilisable par un opérateur concurrent. Attention : ce terme est un barbarisme. Et ce barbarisme n'est pas américanisant , malgré les apparences, mais magyarisant : il transforme le français en hongrois, langue agglutinante (1). Son usage est à réserver à des conversations en jargon de métier, entre adorateurs du très grand n'importe quoi sémantique. En français courant, et entre gens qui parlent pour se faire comprendre et non pour s'écouter parler, les verbes déverrouiller ou débloquer font parfaitement l'affaire, suivis du complément approprié : débloquer un téléphone, débloquer un abonnement, débloquer un numéro, débloquer une carte, etc. Se flatter de dire " désimlocker un compte " au lieu de " débloquer un co...

je vais pour

Toute langue vivante tend à se charger de tournures incorrectes puis à les assimiler ou les écarter. La Mission linguistique francophone se réjouit de constater la disparition à peu près complète d'une tournure incorrecte apparue au début du vingtième siècle et quasi absente aujourd'hui du français courant. La formule " aller pour " était employée par certains locuteurs au sens de " s'apprêter à ", dans des phrases comme celle-ci : " Je vais pour lui emprunter cent sous, mais voilà que je trouve un billet de mille au fond ma poche ". On ne regrettera pas l'extinction de ce " je vais pour ". Et on continuera à œuvrer pour la disparition des irritants " suite à " (au lieu de "après") et " au final " (au lieu de "finalement"), deux plaies infectées du français médiatique actuel, que la Mission linguistique francophone vous invite à panser.