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dénoter, détoner et détonner

Un journaliste inexpérimenté interroge une journaliste expérimentée et lui prête cette réponse : "Notre magazine dénote dans le paysage médiatique et politique". Que nenni, jeune ami. Votre interlocutrice n'a pas pu commettre pareille confusion entre les verbes dénoter et détonner.

Son magazine détonne. C'est-à-dire qu'il est d'un ton différent, d'une coloration différente.
Et cela dénote une certaine audace de la part de son équipe de rédaction. C'est-à-dire que cette audace est notable.
Si le contenu de la publication est explosif, il peut même détonner dans le paysage médiatique au point d'y détoner ! Avec un seul n, comme dans la détonation qu'il fait entendre.

Pour éviter cette confusion fréquente, il suffit de ne pas perdre de vue le fait que détonner se construit toujours sans complément d'objet : ça détonne, tout court, car c'est d'un autre ton - tout est dit. Tandis que dénoter exige toujours un complément d'objet : ça dénote quoi ? Ça dénote du courage, de la créativité, de l'indépendance d'esprit, de l'ignorance, etc.

Oui : telle chose ou personne détone (parmi les autres).
Non : telle chose ou personne dénote (car en l'occurence, la fausse note est lexicale et syntaxique : erreur de terme et erreur de construction grammaticale par absence du complément précisant impérativement ce qui est dénoté).

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