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Articles

Affichage des articles associés au libellé genre

ligne un ou ligne une ?

Les nombres sont invariables. Le nombre 1 ne fait pas exception, ni pour les quais de gare, les lignes de bus ou de métro ni ailleurs. Les reportages sur les grèves de transports ferroviaires ou aériens nous valent un désagrément très minime par comparaison avec la privation de la liberté d'aller et venir résultant de ces grèves elles-mêmes. Nous visons ici le ressassement de la faute de lecture, de grammaire et de logique en voie de généralisation : la lecture de " ligne 1" ou " voie 1" ou " porte 1" sous la forme "ligne une" ou "voie une" ou "porte une" ; au lieu de " ligne UN",  " voie UN"ou "porte numéro 1" correctement prononcés "un", puisqu'il s'agit du premier des nombres : le très invariable 1, suivi des très invariables 2, 3, 4 etc. La prononciation fautive "ligne une" est fondée sur l'erreur selon laquelle le chiffre 1 serait un adjectif ca...

le masculin ne l'emporte pas (en paradis)

Voici déjà quatorze ans, b ien avant le déferlement de la cacographie surnommée "écriture inclusive", n ous avions publié cette analyse apaisante.  Elle est lumineuse et imparable. Mais rien n'y fait : l'obscurantisme de la guerre des genres prend de la vigueur. Nous remettons donc cet article sur le dessus de la pile, compte tenu de l'obstination générale à ressasser que " le masculin l'emporte " - ce qui est faux - et à s'en plaindre, voire s'en venger, ce qui n'est pas plus judicieux. Il faut au contraire admettre ceci : la forme francophone des pluriels mixtes se montre alternativement masculine (par exemple : les individus dépravés, les gens connus, tous les témoins ) ou féminine (par exemple : les personnes présentes, les innocentes victimes, les personnalités invitées ). Il en résulte que la guéguerre des sexes ne devrait pas avoir sa place dans cette question grammaticale. Mais il apparaît aussi que la formule " le mas...

colocataires

On a pu constater après l'an 2000 une tendance à la féminisation erronée du mot colocataire , transformé à tort en " colocatrice " (sic). Alors même que personne ne songe à parler d'une " locatrice " au lieu d'une locataire.  Cette tendance est en légère régression. On peut espérer sa disparition. Car la désinence -trice est le féminin de la désinence -teur , et d'elle seule. Un lecteur, une lectrice ; un inspecteur, une inspectrice ; un dessinateur, une dessinatrice . Mais les mots se terminant par -aire , eux, ne varient pas du masculin au féminin ! Un propriétaire n'a pas pour homologue une " propriétrice ", mais une propriétaire ... De même pour adversaire, récipiendaire, milliardaire, millionnaire ou locataire qui peuvent être masculins ou féminins. Le sachant, un locataire et sa colocataire vécurent heureux et eurent beaucoup de petits colocataires. Mais pas une seule "colocatrice"... CLIQUEZ ICI POUR ACCÉDER...

Le Monde choisit les autrices

Le 29 mai 2020, se pliant de bonne grâce à la préconisation de l'Académie française, le célèbre quotidien francophone Le Monde a décidé d'abandonner la maladroite féminisation purement graphique "auteure", et d'opter pour la féminisation en profondeur autrice , dont le son et l'image s'allient pour distinguer, avec netteté, ce féminin du masculin ou neutre  auteur . Nous ne pouvons que l'en féliciter et inviter le monde entier à faire de même. AUTRICE s’harmonise avec actrice . Mais surtout avec lectrice, rédactrice et toute la chaîne de l'écriture et de la lecture ( éditrice , correctrice, traductrice, etc), comme auteur s'harmonise avec lecteur, rédacteur et toute la chaîne précitée. Cette cohérence interne est salutaire à toute langue vivante :  elle en consolide la clarté et la simplicité au lieu de les saper. AUTRICE sonne aussi agréablement qu’ actrice, cantatrice, médiatrice, institutrice , éducatrice , directrice , et t...

le ou la COVID : faut-il en faire une maladie ?

Après les tensions sociales et psychologiques suscitées par la peur du virus lui-même, des tensions d'ordre grammatical sont apparues à la faveur de la pandémie déclenchée par ce mal dénommé covid-19*. Ou plus exactement, à la suite d'une recommandation de l'Académie française préconisant tardivement de ne pas désigner cette affection par un neutre d'apparence masculine mais par un neutre d'apparence féminine : la covid. Les Académiciens, qui ne se prononcent pas à la légère, ont émis la justification suivante : covid est ne contraction de Corona Virus Disease . Or,  disease , se traduit en français par le substantif féminin maladie , en foi de quoi l'article féminin est préférable . Cette démonstration académique est plus qu'imparfaite. " Nous l'allons montrer tout à l'heure " comme eut dit l'Immortel La Fontaine. Mais soulignons déjà que l'Académie s'est limitée à juger "préférable" de basculer du masculin le covid ...

matrimoine et patrimoine

Aïe aïe aïe... La formulation " Journées du matrimoine et du patrimoine " est à l'étude. Pas difficile de lire l'avenir : UN siège de député devra être remplacé par UNE place de député, LE Collège de France va devoir se trouver un nom moins insupportable à qui a pris le masculin en haine ; LE Sénat aussi, et tout à l'avenant. Tandis que LA mairie, LA Chambre des députés et l'Académie française pourront conserver leur noms, neutres d'apparence féminine, contrairement aux hôpitaux et aux gymnases, neutres d'apparence masculine. Ce n'est même pas de l'humour.  Alors, les livres de Marguerite Yourcenar et Albert Camus sembleront pareillement rédigés dans un vieux français indigne, par deux imbéciles qui ne s'inquiétaient pas de savoir s'ils travaillaient sur UNE table ou UN bureau et s'il bâtissaient UNE œuvre personnelle ou UN patrimoine littéraire,  dans UN style et UNE langue plus vastes que leur genre. Photo : Marguerit...

une témoin, un tête, une membre : les genres en délire

La grammaire de notre langue vient de se fissurer en grand, et peu de gens s'en sont avisés. De dérive en dérive, voici que l'article ne s'accorde plus obligatoirement avec le genre du mot contrairement à ce qu'exige notre syntaxe (il faut dire une fleur, et non un fleur ). L'article d'un mot qui n'est pourtant pas féminin s'accorde maintenant plus ou moins  obligatoirement  avec toute féminité sous-jacente qu'il serait susceptible d'évoquer. Si le témoin est une femme, c'est désormais  une témoin . Oui, oui, on l'entend et on le lit dans la presse. Certes pas partout. Mais peu c'est déjà trop... Ainsi, ce que nous donnions comme exemple caustique et peu probable de future déformation catastrophique de la structure de notre langue, sous les coups de la bêtise, est-il bel et bien advenu au début de l'année 2019. La rupture du ligament logique article-mot se propage toujours plus et accroît ses ravages. Après avoir v...

lettre ouverte à tout proviseur en délicatesse avec son nom de fonction

Mesdames et Messieurs les proviseurs, Le 10 octobre 2014, l'Académie française a publié une déclaration solennelle et très circonstanciée, rappelant à toutes et à chacun que : " des formes telles que professeure, recteure, auteure, ingénieure, procureure, chercheure, etc, constituent de véritables barbarismes . " C'est donc avec étonnement et contrariété que nous voyons des proviseurs contentes de se parer du titre de " proviseure " (sic), bien que cette féminisation mal ficelée soit réprouvée par la seule autorité linguistique incontestée en matière d'usages francophones. Ce n'est pas mener un combat d'avant-garde que de commettre cette faute d'orthographe tout en étant parée de l'autorité pédagogique d'un chef d'établissement du second degré. C'est au contraire donner l'exemple du mépris de sa propre langue - non dans la féminisation de son titre s'il peut l'être, mais dans la manière irréfléchie de le f...

course contre la montre

Joliment trouvée, l'expression " course contre la montre " s'est imposée pour désigner une épreuve sportive chronométrée dans laquelle les concurrents prennent le départ successivement et non simultanément, sans possibilité de caler leur rythme sur celui d'un voisin d'effort. En corps à corps, ils ont le temps pour adversaire. Dans l'idée de courir contre la montre , peu à peu, dans la langue médiatique puis courante, seule la partie adverbiale "contre la montre" a été conservée : les étapes du Tour de France courues contre la montre sont devenues des contre-la-montre . Pourquoi pas. Ce qui est ici discordant, c'est d'avoir ensuite opté sans réfléchir pour l'article masculin : " un contre-la-montre" , alors que le substantif sous-entendu est toujours un neutre de forme féminine : une étape, une course, une épreuve, une compétition , donc une contre-la-montre . Quitte à s'économiser une infime syllabe d'effor...

la numéro un mondiale

Les commentateurs sportifs francophones sont connus pour leurs multiples entorses à la langue française. Parfois, ils vont jusqu'à en déchirer les ligaments, comme dans l'expression " la numéro un mondiale " (sic). Créée en France dans les années 1990 pour qualifier la joueuse de tennis Amélie Moresmo , cette expression fautive est maintenant appliquée sans relâche à toute championne du monde. Elle se décline à des échelons inférieurs [" la numéro un française ", " la numéro deux européenne "] et dans d'autres secteurs que le sport [telle entreprise est " la numéro un de l'hôtellerie "]. Cette coutume plus très nouvelle viole une règle élémentaire de notre langue : un mot féminin doit avoir un article féminin [ la femme et non le femme ], un mot masculin exige un article masculin. Sans exception aucune. Numéro étant un mot masculin, nulle ne saurait être " une numéro " (sic). Pas même " une numéro mondial ...