La grammaire de notre langue vient de se fissurer en grand, et peu de gens s'en sont avisés.
De dérive en dérive, voici que l'article ne s'accorde plus obligatoirement avec le genre du mot contrairement à ce qu'exige notre syntaxe (il faut dire une fleur, et non un fleur).
L'article d'un mot qui n'est pourtant pas féminin s'accorde maintenant plus ou moins obligatoirement avec toute féminité sous-jacente qu'il serait susceptible d'évoquer.
Si le témoin est une femme, c'est désormais une témoin. Oui, oui, on l'entend et on le lit dans la presse. Certes pas partout. Mais peu c'est déjà trop...
Ainsi, ce que nous donnions comme exemple caustique et peu probable de future déformation catastrophique de la structure de notre langue, sous les coups de la bêtise, est-il bel et bien advenu au début de l'année 2019.
La rupture du ligament logique article-mot se propage toujours plus et accroît ses ravages.
Après avoir vu apparaître la pustule "une numéro" ("la numéro un mondiale"), puis "une auteur" (et sa cacographie une auteure, au lieu de l'irréprochable féminisation récente une autrice), "une chef" (et sa cacographie une cheffe, alors que nous écrivons bien une nef), "une chercheur" (alors que une chercheuse existe), "une maire d'Houilles", et "une médecin" (pour éviter une médecine tout en refusant le neutre irréprochable un médecin), voici que la plaie s'agrandit avec "une témoin". Et même "une membre".
Cette blessure s'accompagne d'un délire collectif bien installé : à force de dérives de la guerre des sexes sur le juste maniement des termes neutres, l'apparence masculine de certains d'entre eux n'est plus tolérable. Qu'une femme soit un être sensible ? Hors de question ! Plus aucun article neutre en réalité mais d'apparence masculine n'est supportable dans les parages d'une personne de sexe féminin.
Et les personnes de sexe masculin ? Va-t-on les appeler un personne, par réciprocité ? Va-t-on se mettre à désaccorder les articles pour plaire aux hommes ? Le réclament-ils ? Il semble que non. Qu'un mec soit aussi une personne, une victime ou une ordure, les hommes sains d'esprit n'y voient rien à redire.
Alors, pour les hommes une grammaire intacte et pour les femmes une grammaire en miettes ? Non. Ce serait une discrimination en fonction du genre. Chacun en est le témoin... Va-t-il donc falloir rétablir l'équilibre en désaccordant aussi les articles de termes féminins désignant des hommes ? On ne voit pas d'autre issue à cette fièvre. Les gars, vous serez désormais un personne, un victime, un tête d'affiche et un ordure.
Dur.
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De dérive en dérive, voici que l'article ne s'accorde plus obligatoirement avec le genre du mot contrairement à ce qu'exige notre syntaxe (il faut dire une fleur, et non un fleur).
L'article d'un mot qui n'est pourtant pas féminin s'accorde maintenant plus ou moins obligatoirement avec toute féminité sous-jacente qu'il serait susceptible d'évoquer.
Si le témoin est une femme, c'est désormais une témoin. Oui, oui, on l'entend et on le lit dans la presse. Certes pas partout. Mais peu c'est déjà trop...
Ainsi, ce que nous donnions comme exemple caustique et peu probable de future déformation catastrophique de la structure de notre langue, sous les coups de la bêtise, est-il bel et bien advenu au début de l'année 2019.
La rupture du ligament logique article-mot se propage toujours plus et accroît ses ravages.
Après avoir vu apparaître la pustule "une numéro" ("la numéro un mondiale"), puis "une auteur" (et sa cacographie une auteure, au lieu de l'irréprochable féminisation récente une autrice), "une chef" (et sa cacographie une cheffe, alors que nous écrivons bien une nef), "une chercheur" (alors que une chercheuse existe), "une maire d'Houilles", et "une médecin" (pour éviter une médecine tout en refusant le neutre irréprochable un médecin), voici que la plaie s'agrandit avec "une témoin". Et même "une membre".
Cette blessure s'accompagne d'un délire collectif bien installé : à force de dérives de la guerre des sexes sur le juste maniement des termes neutres, l'apparence masculine de certains d'entre eux n'est plus tolérable. Qu'une femme soit un être sensible ? Hors de question ! Plus aucun article neutre en réalité mais d'apparence masculine n'est supportable dans les parages d'une personne de sexe féminin.
Et les personnes de sexe masculin ? Va-t-on les appeler un personne, par réciprocité ? Va-t-on se mettre à désaccorder les articles pour plaire aux hommes ? Le réclament-ils ? Il semble que non. Qu'un mec soit aussi une personne, une victime ou une ordure, les hommes sains d'esprit n'y voient rien à redire.
Alors, pour les hommes une grammaire intacte et pour les femmes une grammaire en miettes ? Non. Ce serait une discrimination en fonction du genre. Chacun en est le témoin... Va-t-il donc falloir rétablir l'équilibre en désaccordant aussi les articles de termes féminins désignant des hommes ? On ne voit pas d'autre issue à cette fièvre. Les gars, vous serez désormais un personne, un victime, un tête d'affiche et un ordure.
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