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Affichage des articles associés au libellé adverbe

cas par cas et heure par heure

L'expression " au cas par cas " est une faute de français qui s'est répandue très largement depuis l'an 2000. Dans notre langue, les choses que l'on examine l'une après l'autre se règlent cas par cas , et non " au cas par cas " (sic). Curieusement, la passion ambiante pour cette faute de construction grammaticale surchargée d'un mot de liaison inutile n'affecte pas les autres locutions adverbiales construites sur le même modèle ; c'est-à-dire construites sur le principe de la répétition d'un mot autour de la préposition par. On entend toujours dire correctement : " marcher deux par deux ", " progresser mètre par mètre ", " s'informer heure par heure ", " réfuter point par point " [et non " au deux par deux", " au mètre par mètre", " au point par point" ni " à l' heure par heure"]. Pourquoi ces locutions voisines ne subissen...

près de / prêt à

La Mission linguistique francophone rappelle que les adverbes sont tous invariables. Y compris les adverbes loin et près . Une idée fausse s'est pourtant installée dans certains esprits, et notamment dans l'esprit de nombreux professionnels de la presse parlée, qui lisent devant des millions d'auditeurs et de téléspectateurs des textes d'information entachés de cette bévue : l'idée selon laquelle l'adverbe près posséderait la faculté extraordinaire de s'accorder en genre. Autrement dit, d'être tantôt masculin, tantôt féminin. Personne - pas même un journaliste - ne se hasarde pourtant à accorder d'autres adverbes que celui-là. " Ils sont souvent là " ne donne pas au féminin " elles sont souventes là "... La réalité est qu'en dépit de longues années d'études de la langue française et de leur métier d'artisans de cette langue, des locuteurs professionnels de la télévision et de la radio perçoivent l'adjectif ...

la crise n'est pas près de finir

Quiconque croit juste de dire "la crise n'est pas prête de finir" au lieu de " la crise n'est pas près de finir " se met le doigt dans l'œil ; ou plutôt, la langue... Et contrairement au gecko de Nouvelle-Calédonie, pas pour voir y plus net de près ni de loin. Car dans toutes les langues dont la nôtre, les adverbes sont massivement invariables*. Y compris les adverbes loin et près . L'idée fausse selon laquelle l'adverbe près posséderait la faculté extraordinaire de s'accorder en genre, et donc d'être tantôt masculin tantôt féminin, s'est pourtant incrustée dans certains esprits, notamment ceux de trop nombreux professionnels des médias parlants.  En dépit de longues années d'études de la langue française et de leur métier d'artisans de cette langue, des locuteurs professionnels de la télévision et de la radio perçoivent l'adjectif prête comme le féminin de l'adverbe près , puisqu'ils ne craig...

au final, c'est bientôt fini ?

L'heure, la sauvette, la suite, la fin - mots féminins - ont donné naissance à des locutions adverbiales construites avec à   : à l'heure, à la sauvette, à la suite, à la fin . Le pire, le total, le gré, le départ - mots masculins - ont donné naissance en français à des locutions adverbiales construites avec au : au pire, au total, au gré, au départ . Plutôt que d'aller chercher dans le grand coffre à jouets de la langue française ce qui s'y trouve déjà, certains bricolent des bidules inutiles et mal bâtis, comme " a u final " (sic). Devenue tic de langage contagieux, cette construction lexicale fautive remplace les irréprochables •  à la fin, • finalement, • pour finir, • en fin de compte,   et même • bref, • en bref, ou encore • moralité ("J'ai traînassé, moralité : je suis en retard" ; devenu "...et au final, je suis en retard"). Pourquoi "au final" est-il indéniablement un usage fautif et non une saine évolution...

à très vite ou à très bientôt ?

Évidemment, seuls " à bientôt " et " à très bientôt " sont corrects, tandis que " à très vite " est un monstre grammatical dont la présence étonne dans la bouche et sous la plume de personnes qui ne sont ni ennemies de la logique ni esclaves des bourdes en vogue. En effet, la préposition à ne peut introduire ici que l'annonce d'un moment dans le temps. Or, " très vite " n'est pas une indication de temps mais de manière. On ne peut donc pas faire précéder " très vite " d'une préposition introduisant une indication de moment dans le temps, comme à demain , à jeudi , à plus tard , à dans deux mois ou à bientôt . De fait, personne ne dit " à vite !" au lieu de " à bientôt !", comme si seul le petit mot très avait permis la propagation du barbarisme " à très vite " en empêchant la transmission de sens entre la préposition à et l’adverbe vite , nous déconnectant ainsi de l’instinct gram...

suite à : une fièvre contagieuse

" Suite à " n'est pas digne de vous . C'est un lourd solécisme et donc du très mauvais français. Cette locution dérisoire est pourtant propagée désormais en France et en Belgique par les médias et les administrations avec le plus grand sérieux. Et la plus navrante obstination. Initialement, l'expression '' suite à' ' n'était employée que par des plaisantins, au même titre que " rapport à ", pour singer la langue administrative ou militaire malhabile, dans des phrases comme celle-ci : " Mon adjudant, j'voudrais vous causer suite à ma désertion pour vous donner des explications rapport à l'invasion subie subitement ". On voit bien que la construction des locutions '' suite à '' et '' rapport à '' est absolument défectueuse, puisque le complément de nom doit se construire avec la préposition de et non la préposition à (il convient de dire " le père de Louis " et non ...

comment dire non

Non est notre adverbe de négation. Sa prononciation est bien connue : non, c'est "non" ! Pourtant, cette sonorité est déformée par de nombreux professionnels francophones de la parole qui croient devoir dissocier les deux lettres O+N de non dans certaines circonstances. C'est l'erreur que l'on entend par exemple dans la lecture de " non identifié " ou " non européenne " lorsque ces expressions sont prononcées "nonne européenne" et "nonne identifiée". Quels que soient nos accents nationaux ou régionaux (qui sont ici une considération hors-sujet comme nous allons le voir plus loin), la seule prononciation correcte de  non identifié  ou  non européenne  est celle qui ne modifie pas le moins du monde la prononciation du phonème traduit par les lettres O+N dans non , tout en respectant la liaison obligatoire du N devant un mot commençant par une voyelle. La prononciation sans faute est donc celle que l'on pe...

louer solidaire

Cherchant à concurrencer les sites de location de particulier à particulier, la mairie de Paris a créé un service municipal spécifique (1). Personne n'a été en mesure de lui trouver un nom en vrai français. La première magistrate de la ville semble avoir jugé préférable d'accélérer l'effondrement de la syntaxe et du vocabulaire en choisissant la dénomination " louez solidaire ", qui viole durablement la grammaire du français. La Fondation Abbé Pierre tombe dans le même travers, sans davantage d'égards pour ce trésor premier des humbles : la langue qu'ils parlent sans bourse délier. On apprend pourtant dès l'école primaire que les verbes (ici le verbe louer à l'impératif) sont qualifiés non par des adjectifs (ici solidaire ) mais par des adverbes. En français, on participe activement , on donne généreusement , on informe charitablement et on agit solidairement . La Mission linguistique francophone invite donc les propriétaires parisiens à ...

en finir avec au final

La faute de français " au final " (sic) a connu une propagation fulgurante, entre 2005 et 2008. Depuis, la contagion de notre langue par cette expression fautive s'est stabilisée mais son succès ne se dément pas. C'est pourtant une locution que les professionnels de la langue ne devraient ni employer ni accréditer auprès du public. Car le barbarisme " au final " (sic) est formé de manière défectueuse sur le modèle de " au total ", par oubli de l'existence du nom commun fin qui a déjà fourni la locution à la fin . Or, la fin , ça existe ; le total (au total) aussi ; le départ (au départ) aussi ; le fond (au fond) aussi. Mais " un final ", ça n'existe pas. La langue française ne connaît que  la finale [la finale d'un championnat, par exemple] mot féminin, ou le finale [le finale d'une symphonie, par exemple] mot masculin malgré son E ... final. Oui, qu'il soit féminin ou masculin, le substantif français...

course contre la montre

Joliment trouvée, l'expression " course contre la montre " s'est imposée pour désigner une épreuve sportive chronométrée dans laquelle les concurrents prennent le départ successivement et non simultanément, sans possibilité de caler leur rythme sur celui d'un voisin d'effort. En corps à corps, ils ont le temps pour adversaire. Dans l'idée de courir contre la montre , peu à peu, dans la langue médiatique puis courante, seule la partie adverbiale "contre la montre" a été conservée : les étapes du Tour de France courues contre la montre sont devenues des contre-la-montre . Pourquoi pas. Ce qui est ici discordant, c'est d'avoir ensuite opté sans réfléchir pour l'article masculin : " un contre-la-montre" , alors que le substantif sous-entendu est toujours un neutre de forme féminine : une étape, une course, une épreuve, une compétition , donc une contre-la-montre . Quitte à s'économiser une infime syllabe d'effor...

"par contre" est parfaitement correct

Il est tout à fait faux que la locution adverbiale par contre soit grammaticalement incorrecte, comme on l'entend dire aujourd'hui encore. La cabale contre cette expression est ancienne, puisqu'elle est l'œuvre de Voltaire qui fit, on ne sait pas exactement pourquoi, une fixation contre par contre . Il a fallu attendre 1920 pour qu'André Gide s'emploie à contrer définitivement le feu de feu Voltaire en démontrant que non seulement par contre était grammaticalement correct, mais qu'il existait des contextes dans lesquels on ne pouvait pas remplacer par contre par en revanche comme prétendait l'exiger ce bon Voltaire - et comme se croient obligés de le faire ceux qui se laissent piéger par la rumeur discréditant depuis lors l'emploi de " par contre ". • Sur le plan grammatical et syntaxique Par contre est formé sur le modèle de par ailleurs , si l'on considère "contre" comme un adverbe [comme dans : '' seul ...

toujours très très

La tendance emphatique à redoubler, voire tripler, l'adverbe très n'est toujours pas en régression mais s'installe au contraire depuis maintenant quatre ans dans le français médiatique. " Nous vous souhaitons une très très bonne année " (France 2). " Le matin, il fera très très froid en région parisienne " (France 3, à propos d'une météo prévoyant tout juste un degré au-dessus de zéro, ce qui n'est pas sibérien). " Une exposition très très intéressante " (France Inter). " Concerts très très privés " (RTL). Bien entendu, ce tic de langage fait tache d'huile dans le public. Et c'est le français qui dérape. Et surtout, qui s'appauvrit. Car le redoublement de très très , toujours suivi d'une adjectif relativement pauvre ( froid, bon, intéressant , etc) sert aussi à se dispenser de puiser dans le vocabulaire foisonnant de la langue française un terme qui exprime avec justesse la très-très-tude , sans le secour...

le ridicule tuera-t-il incessamment sous peu ?

Popularisée, et peut-être inventée, dans les années 1970 par un animateur de radio français nommé Gérard Klein, la formule " incessamment sous peu " visait un effet comique par l'association de deux synonymes en une expression sottement redondante et ampoulée. En effet, comme chacun le savait encore dans les années 1970, les adverbes incessamment et sous peu sont deux exacts synonymes signifiant l'un comme l'autre d'un instant à l'autre , dans peu de temps , avant longtemps , bientôt, très bientôt, rapidement, etc. Il est particulièrement navrant, voire inquiétant, d'entendre un demi-siècle plus tard des professionnels du discours sérieux (pédagogues, politiciens, journalistes, rédactrices et rédacteurs divers) ignorer la synonymie entre incessamment et sous peu , au point de reprendre l'expression comique " incessamment sous peu " avec gravité, en imaginant s'exprimer ainsi de façon raffinée. Dans d'autres métiers...

en illimité et en individuel : ni queue ni tête

Dans la langue médiatique et publicitaire, l'adverbe et l'adjectif sont progressivement supplantés par une tournure employant la préposition " en ". Ainsi, au lieu d'un abonnement forfaitaire illimité , on vous vend les joies de la téléphonie " en illimité ". Au lieu d'un voyage individuel , les professionnels du transport et du tourisme nous proposent des excursions " en individuel ". L'adjectif n'est pas le seul à se retrouver ainsi emberlificoté dans l'ajout superflu de la préposition en . L'adverbe, souvent surnommé "adjectif du verbe", subit ce sort inconfortable jusque dans les colonnes du quotidien Le Monde , où l'on peut lire que " la violence se déchaîne en aveugle ". Ce serait joli si l'on pouvait présumer que la journaliste avait décidé de faire œuvre de poétesse. Hélas non : elle a simplement cédé à la tendance actuelle du français mercatique et médiatique à détruire l'adverbe ...

Outreau : la pudeur d'abord

" Je ne suis pas un technicien du droit qui ne compatit pas à la souffrance des autres mais j'ai d'abord une vraie compassion pour les enfants violés pendant des années ", a déclaré à la presse le juge jadis chargé d'instruire "l'affaire d'Outreau", pour justifier en ces termes son refus d'admettre l'effrayante gravité de ses bévues de juge d'instruction, lesquelles ont directement causé le suicide d'un innocent et mille autres souffrances imméritées. Voilà un professionnel de la langue qui ne sait pas ce qu'il dit. Ou bien un professionnel de la justice qui ne sait pas ce qui est juste. Moralement, Monsieur le juge, la compassion envers certaines victimes ne peut jamais légitimer l'absence de compassion envers d'autres. Un magistrat qui ne partage pas cette philosophie-là est dangereux. Votre mission n'a jamais été et ne sera jamais de protéger l'innocence des uns en foulant celle des autres. Il faut lai...

très très et tsoin-tsoin

On note dans les médias parlés une tendance nette et récente à redoubler l'adverbe très . " Nous vous souhaitons une très très bonne année " (France 2). " Le matin, il fera très très froid en région parisienne " (France 3, à propos d'une météo prévoyant tout juste un degré au-dessus de zéro, ce qui n'est pas sibérien). " Une exposition très très intéressante " (France Inter). " Concerts très très privés " (RTL). Bien entendu, ce tic de langage fait tache d'huile dans le public. Et c'est le français qui dérape. Au dix-huitième siècle encore, très était une sorte de préfixe attaché à l'adjectif par un tiret : " Notre très-généreux souverain ". Peut-être au vingt et unième siècle faudra-t-il revenir à l'usage du tiret pour lier le redoublement de très auquel les orateurs publics sont en train de nous accoutumer ? Nous écrirons alors très-très ; comme tsoin-tsoin . Mais nous pouvons aussi renoncer à...

très c'est déjà beaucoup

La tendance emphatique à redoubler, voire tripler, l'adverbe très n'est toujours pas en régression mais s'installe au contraire depuis une bonne demi-douzaine d'années dans le français médiatique. " Nous vous souhaitons une très très bonne année " (France 2). " Le matin, il fera très très froid en région parisienne " (France 3, à propos d'une météo prévoyant tout juste un degré au-dessus de zéro, ce qui n'est pas sibérien). " Une exposition très très intéressante " (France Inter). " Concerts très très privés " (RTL). Bien entendu, ce tic de langage fait tache d'huile dans le public. Et c'est le français qui dérape. Et surtout, qui s'appauvrit. Car le redoublement de très très , toujours suivi d'une adjectif relativement pauvre ( froid, bon, intéressant , etc) sert aussi à se dispenser de puiser dans le vocabulaire foisonnant de la langue française un terme qui exprime avec justesse la très-très-tude...