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Affichage des articles du mai, 2026

au final, c'est bientôt fini ?

L'heure, la sauvette, la suite, la fin - mots féminins - ont donné naissance à des locutions adverbiales construites avec à   : à l'heure, à la sauvette, à la suite, à la fin . Le pire, le total, le gré, le départ - mots masculins - ont donné naissance en français à des locutions adverbiales construites avec au : au pire, au total, au gré, au départ . Plutôt que d'aller chercher dans le grand coffre à jouets de la langue française ce qui s'y trouve déjà, certains bricolent des bidules inutiles et mal bâtis, comme " a u final " (sic). Devenue tic de langage contagieux, cette construction lexicale fautive remplace les irréprochables •  à la fin, • finalement, • pour finir, • en fin de compte,   et même • bref, • en bref, ou encore • moralité ("J'ai traînassé, moralité : je suis en retard" ; devenu "...et au final, je suis en retard"). Pourquoi "au final" est-il indéniablement un usage fautif et non une saine évolution...

bon déroulement et mauvais déroulé

La Mission linguistique francophone et l' Académie française unissent leurs efforts pour rappeler d'une même voix qu'une action se déroule selon son déroulement et non selon son " déroulé " (sic) - contrairement à ce que l'on lit depuis peu d'années sous la plume de rédacteurs professionnels adeptes de l'approximation. Faute que l'on entend par contagion dans la bouche des francophones que la répétition des erreurs de langage nouvelles attirent irrésistiblement, par la seule vertu de leur nouveauté. Pour ces francophones-là, que nous avons sondés, le bon déroulement est un mot éculé qui manque de dynamisme. Selon eux, le " déroulé " (sic) d'une cérémonie, c'est plus actif [*]. De toute façon - tranchent-ils - on est libre de dire ce qu'on veut quand même, non ? Ce dévoiement (et non ce dévoyé ) de la notion de liberté ne suscite ni le "consternement" ni le "consterné", mais bien la consternation . ...