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Articles

Affichage des articles associés au libellé faux ami

on ne peut poster que par la poste

Peut-être avez-vous déjà dit, à propos d'un message ou d'un graphisme que vous partagiez en réseau : " je le poste ".  Non, l' Académie française et la Mission linguistique francophone unissent leurs efforts pour vous adjurer de ne pas tomber dans le piège du faux ami anglais " to post ", qui ne signifie pas poster mais  afficher . En matière de messages, " je le poste ", signifie exclusivement " je l'expédie par la poste ". Action qui se traduit en anglais par " I mail it " ; e t non par " I post it ", qui signifie "je l'affiche" (d'où le nom des feuillets adhésifs à afficher -et non à expédier- en guise de pense-bête). Or, dans les réseaux sociaux, vous adressez , vous publiez , vous diffusez ou affichez des messages qui ne seront pas distribués par un facteur. Ces messages ou images que vous communiquez , que vous montrez , que vous partagez en réseau sont donc non-postaux par d...

dédication

En anglais, dedication , c'est le fait de se consacrer pleinement à quelque chose. Ce qui pourrait se traduire en français soit par dévouement soit par implication , selon la nature et le cadre de ce plein investissement de soi. Depuis la fin des années 1990, de mauvaises traductions de cette notion anglophone de dedication nous ont donné, dans le français négligent des médias et des affaires, une myriade de personnes et de choses " dédiées " à quelque chose ou quelqu'un, alors qu'elles sont en réalité consacrées, destinées, vouées, dévolues, réservées à , impliquées dans , chargées de ou spécialisées ;  voire spéciales ou spécifiques . Mais nullement " dédiées ", comme un poème est dédié à l'être aimé. Puisque le verbe dédier n'a que cette seule signification dans notre langue : rendre hommage. Depuis 2010, l'invasion du faux ami dedictaed s'intensifie. Au point que la locution dédié à [dans son sens inexact] soit en train...

les faux amis modestes et fastidieux

La traduction française du remarquable essai de Charles Sprawson sur la natation à travers les siècles et les cultures est de grande qualité. Héros et nageurs est le titre de cet ouvrage au sujet singulier. Dans les deux langues, le style en est soutenu autant que fluide, à l'image de l'effort natatoire. Le traducteur ne s'est pas noyé, loin de là. C'est pourquoi nous ne nous permettons pas sans cette précaution oratoire de relever un piège dans lequel même un bon traducteur a pu tomber. Selon un mode de pensée quelque peu... immodeste, l'anglais appelle aussi "modesty" la pudeur . Et quand des baigneuses se mettent à l'abri des regards sous des toiles tendues, ce n'est pas par modestie (p. 28) mais par pudeur bien sûr. Le livre n'en tombe pas des mains pour autant ! Contrairement au livret de CD d'un très grand éditeur discographique, dans lequel on peut lire que Maurice Ravel était un compositeur fastidieux (sic), au lieu de métic...

crimes et délits

Une ineptie comme " les crimes de tapage nocturne ont augmenté de 75% à New York " [journal télévisé de TF1] confirme que les journalistes francophones ont besoin d'un dictionnaire des faux amis , et de le potasser d'arrache-pied. Il en existe d'excellents qui ne devraient pas rester sur les étagères, mais équiper la table de travail, voire la table de chevet, de ces professionnels de l'approximation linguistique. L'anglais a crime désigne indistinctement un crime ou un délit - notions juridiques que le français ne confond pas. À propos d'une affaire politique concernant un ministre contraint d'avouer avoir menti, la presse française n'a pas cessé de nous expliquer ceci : " en France, contrairement aux USA, le crime de parjure n'existe pas ". Assertion rendue fausse par le même faux ami. Car aux USA non plus, " le crime de parjure " n'existe pas. Ce qui existe aux USA, c'est le délit de parjure ! ...

fraude et crime

Dans le cadre d'une bataile judiciaire entre un très célèbre acteur américain et son ex-épouse, la presse mondaine (alias presse people ) nous informe que le mari a enregistré sa femme en train d'admettre que c'était elle qui le frappait et non l'inverse comme elle s'en était plainte à la justice. On entend l'épouse demander à son mari, qui l'enregistre à son insu, d'admettre qu'elle ne lui faisait pas grand mal et parier que de toute façon il n'oserait jamais aller se ridiculiser à claironner : " moi, le Pirate des Caraïbes, je suis battu par une femme de 52 kg ". Les agences de presse francophones diffusent un communiqué à ce propos et le traduisent au pifomètre, comme souvent, en s'y laissant piéger par chacun des faux amis qui leur tombe sous les yeux : l'utilisation de cet enregistrement effectué à l'insu de la jeune femme, traduisent-elles,  " est une fraude et un crime ".  • Faux ami number one : CRI...

dirty old man (vieux cochon)

La fin de l'année 2017 aura vu dans le monde occidental, et spécialement en France, une incitation au déferlement d'actes de délation dont l'ampleur n'aurait techniquement pas pu être atteinte en aussi peu d'heures durant les hostilités de la Seconde Guerre mondiale, à l'époque où apparut l'incitation à dénoncer les juifs par lettre anonymes dûment timbrées plutôt que par internet ; incitation dont on sait qu'elle a encouragé tant de délateurs exaltés à se faire complices de crimes de guerre sans plus d'états d'âme que ça. Mais heureusement, il ne s'agit pas aujourd'hui de s'en prendre à une ethnie ni à une classe sociale, juste à la moitié de l'humanité : le sexe masculin. Ce genre non féminin, brutal et répugnant d'altérité, dont les individus sont foncièrement méchants et dont la capacité à nuire aux femmes est un sujet d'effroi collectif qui justifie la dénonciation en masse, avec ou sans preuves. Ces humains de se...

prejudice ou préjudice ?

L'un des faux amis les plus trompeurs entre le français et l'anglais est le mot prejudice (anglais, sans accent aigu) ou préjudice (français). En anglais, your prejudice , ce sont vos préjugés . Ce sont souvent eux qui porteront préjudice et non l'inverse ! On notera que l'anglais prejudice est invariable : prejudice, ce sont les préjugés. De même, le verbe to prejudice ne signifie pas porter préjudice . Le 16 mars 2017, l' AFP s'est engouffrée dans ce piège et a entraîné tous les médias francophones d'Europe à sa suite. Au sujet d'un décret présidentiel repoussé, la veille aux USA par un magistrat hawaïen, on nous a répété que ce décret avait été reconnu susceptible de causer " un préjudice irréparable ", alors qu'il a été déclaré de nature à inscrire des préjugés (religieux, en la circonstance) de façon irrémédiable dans la législation américaine.

crime organisé

La mauvaise traduction mot à mot de l'anglais  organized crime a donné "le crime organisé". Ce qui désigne en réalité le banditisme, le grand banditisme,  la grande délinquance,  la pègre, le milieu, la mafia (au sens propre ou par extension). Car un "crime organisé", en français, c'est un crime avec préméditation. Et non une organisation criminelle ni ses activités. Il faut savoir que l'anglais crime dénomme indistinctement ce que nous appelons des crimes , des délits et même certaines infractions . Ainsi le proxénétisme et le tapage nocturne sont-ils respectivement un délit et une infraction . Mais en anglais, ce sont l'un et l'autre des crimes . L'expression " crime organisé " est donc doublement inadéquate. Elle a été introduite dans notre langue par des journalistes expéditifs qui, pompant leurs articles sur la presse anglophone, se sont laissés piéger par la facilité et le manque de discernement. Elle a ensuite été r...

cocorico

Il y a vingt ans, la Mission linguistique francophone - encore à l'état de club facétieux qui décochait des courriers moqueurs à l'attention des professionnels de la langue les plus obstinés dans l'erreur - a dressé une liste de mots anglais dont la mauvaise compréhension par les journalistes et traducteurs de l'audiovisuel et du marketing risquait de déborder le seul cadre des fautes de traductions pour se répandre et s'installer massivement dans le français courant. C'est chose faite. Ces mots anglais avaient leur juste équivalent en français, mais des traducteurs négligents ont fini par imposer dans notre langue un terme de la forme la plus ressemblante et non la plus juste. Ainsi, en matière de cinéma, le mot latin studio désigne en français un lieu de prise de vues ou d'enregistrement. Pourtant aujourd'hui, quand on vous parle de " grands studios américains " on évoque en fait " les grandes sociétés de production américaines ...

serrez à gauche, restez à droite

Les systèmes de guidage satellitaires embarqués dans nos véhicules, connus sous le sigle GPS , nous parlent bien mal. Une fois encore, la faute en revient à des industriels qui tiennent pour négligeable le travail de traduction, et laissent ce soin à leurs ingénieurs, à leurs commerciaux, à leurs juristes, à n'importe qui sauf à des traducteurs de métier. À moins qu'ils aient recours à de piètres traducteurs de métier. Quoi qu'il en soit, les GPS parlants sont en train d'instiller un virus nouveau dans la langue française : la traduction mot à mot de l'anglais " keep right, keep left " par " gardez la droite, gardez la gauche " (sic). Or, en français normal, en français non robotisé ni lobotomisé, " keep left " se dit " serrez à gauche ", ou " restez à gauche ", ou encore " roulez à gauche ". Mais jamais " gardez la gauche "... Jamais ? La Mission linguistique francophone prévoit au contra...

l'usine digitale

Dérivée de L'usine nouvelle (fondée en 1891), voici un moment déjà que la publication  L'usine digitale est parue. Il y a de quoi être atterré qu'un aussi vénérable éditeur de presse propage sans garde-fou la lourde bévue qu'est la confusion entre l'adjectif " numérique " et son faux ami anglophone " digital "... En français, l' usine digitale , c'est l'usine où l'on travaille avec ses doigts ou pour les doigts. Confirmation récente et indiscutable par l'Académie française, disponible ici . La méconnaissance de l'unique sens de l'adjectif digital en français ( qui concerne les doigts ) est indigne de professionnels de l'écriture. Mais il doit y avoir une jouissance gourmande à massacrer sa propre langue de travail, sous les coups de l'incompétence terminologique, de l'inculture lexicale et de la fascination pour les jargons les plus mal bâtis, sans quoi vous n'auriez aucun lecteur pour lire l...

futur et expertise : hier et aujourd'hui

Tout en s'alarmant de la désaffection pour l'avenir au profit de le futur, une camarade en francophonie prénommée Régine nous a écrit ceci : "C'est à tort que le futur au sens de l'avenir est parfois tenu pour un anglicisme. Cet emploi est attesté de longue date dans notre langue, et jusque sous des plumes avisées : «  Le futur n'y aura jamais présence  » (Ronsard, Roman de la Rose , vers 1280)," Mais non, Régine, détrompez-vous ! En 1280 la télévision n'était pas inventée et les USA n'existaient pas. De sorte que le public francophone n'était pas bombardé de feuilletons américains mal traduits, dans lesquels l'avenir anglophone ( the future ) ne devient JAMAIS l'avenir francophone mais toujours "le futur". Or, cette bévue propre au mauvais maniement des faux amis par des traducteurs défaillants n'est pas décodée par les téléspectateurs ni leurs décodeurs...  Chacun croit y entendre le mot juste, et chacun e...

nommer et rebaptiser

Le faux-ami anglais to rename  signifie donner un autre nom, donner un nouveau nom, donc rebaptiser , et non "renommer", en dépit de la popularité de ce faux-sens d'origine anglophone dans le jargon informatique. En français, rédacteurs et orateurs professionnels, essayez de nous parler français. Ne dites pas " je renomme mon roman " mais " je lui donne un autre titre ". Ne dites pas  " je renomme le fichier " mais " je le rebaptise " ou " je change le nom du fichier ". Merci. Car dans notre langue non dénaturée, être renommé ce n'est pas recevoir un nouveau nom, c'est avoir du renom. POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,   CLIQUEZ ICI

mondial ou global ?

Le réchauffement climatique de notre planète s'appelle en anglais " global warming ", parce que l'adjectif global qualifie en anglais ce qui se rapporte au globe (terrestre). L'adjectif français global n'a pas ce sens. En français, les termes global , globalité et globalement se rapportent à un tout, mais qui n'est pas la terre entière. En français, ce qui concerne tout le globe terrestre est planétaire ou mondial . Employer " global " pour signifier mondial ou international est donc un anglicisme ; et plus précisément, une faute de traduction banalisée par d'inattentifs traducteurs professionnels et d'innombrables dilettantes de la traduction exerçant le métier de journaliste ou de rédacteur publicitaire. Il en va de même pour la globalisation (ou globalization ) du vocabulaire géopolitique, qui appartient exclusivement à la langue anglaise et s'appelle en français la mondialisation. POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL ...

l'avenir futuriste

La chaîne de télévision Arte est franco-allemande. Pour ce qui est d'être exemplairement francophone, c'est une autre histoire, et c'est sans doute dommage. Dans le cadre d'une soirée consacrée à la science, Arte a diffusé un documentaire initialement anglophone adapté en français. Ce film de vulgarisation scientifique traitait du temps et de son cours inexorable : le passé, le présent, l'avenir. Or, la prouesse navrante accomplie par la traductrice de ce film fut de n'employer absolument jamais le mot avenir pour parler de lui. Dans 100% des occurrences de la notion de passé, le commentaire francophone nous a parlé du passé - bonne traduction de l'anglais the past . Dans 100% des occurrences de la notion de présent, il nous a parlé du présent - bonne traduction de l'anglais the present . Mais dans 100% des occurrences de la notion d'avenir, le narrateur nous a infligé le futur - mauvaise traduction hâtive de l'anglais the future , qui sign...

avoir l'opportunité

L'opportunité n'est pas une bonne occasion qui se présente à nous, c'est le fait d'être opportun. Dans l'expression " avoir l'opportunité de ", la confusion de sens avec célèbre avec le faux ami anglais opportunity a la vie dure depuis une génération déjà, et c'est ce qui la rend agaçante. Ce qui se dit en anglais, to have the opportunity se dit en français " avoir la possibilité " ou " avoir l'occasion ". Toute considération sur l' opportunité est d'un autre ordre, à savoir : est-ce judicieux, est-ce la bonne décision, est-ce le bon moment ? L'opportunité, c'est une appréciation sur ce qu'il y a lieu de faire ou non à un moment donné. Ce n'est pas l'aubaine qui se présente à nous : cela s'appelle une occasion ("j'ai sauté sur l'occasion d'aller au Canada") ou une possibilité ("j'ai eu la possibilité d'aller au Canada"). • J'ai eu la po...

nominer n'est pas français

À l'occasion du festival de Cannes, la Mission linguistique francophone rappelle que le verbe " nominer " n'existe pas en français. Un artiste n'est pas " nominé " mais nommé, sélectionné, présélectionné . Il peut aussi être désigné comme lauréat (de la présélection). Une nomination résulte du fait d'être nommé et non "nominé". Par ailleurs, nous rappelons qu'en français, en matière de cinéma, un studio n'est pas une société de production mais un lieu de prise de vues ou d'enregistrement clos et spécialement aménagé . Lorsque le faux ami anglo-américain studio désigne en fait une société de production, une boîte de prod, des producteurs, il convient de le traduire correctement par l'une de ces expressions. Merci. Et bravo.

commanditaire, et non donneur d'ordres

À de très rares exceptions près, l'expression " donneur d'ordre" est incorrecte en français, parce qu'elle est employée par méprise sur le sens des termes qui la composent. Le mot anglais order signifie ordre , à tous les sens du terme français : l'ordre ordonné ( remettre en ordre ), ou l'ordre ordonnant ( donner des ordres ). Mais l'anglais order doit parfois se traduire par portion ( une portion de frites ), car le verbe to order signifie aussi commander, passer commande ; or une portion de frites est comprise par la langue anglaise comme une commande de frites , c'est-à-dire comme l' ordre donné et reçu de servir une certaine quantité de frites. Le mot anglais order est donc en partie un faux ami . À ce titre, il a fait germer en français contemporain une curieuse manière de dénommer ses clients, manière un rien brutale et oublieuse de du sens des mots : les donneurs d'ordre ! En réalité, il s'agit de ceux qui nous pas...

digital

En (vrai) français, le mot digital  est un adjectif. Et il n'a qu'une seule acception : est digital ce qui concerne les doigts ou se pratique avec les doigts. Tout dictionnaire qui vous soutient le contraire est bon à mettre au pilon, et sans regrets. Tournez-vous plutôt vers celui de l'Académie française... ou le nôtre !*. Vous y apprendrez que l'emploi fautif de " digital " au sens de " numérique " remonte aux années 1970 et résulte d'un mélange de snobisme anglomane et d'ignorance crasse de la langue anglaise alliée à une méconnaissance navrante de la langue française. Car nous vivons à l'ère numérique et non digitale, avec son économie et son marketing numériques et non digitaux, nous prenons des photos numériques et non digitales, nous écoutons des enregistrements numériques et non digitaux, etc. Sauf, bien sûr, pour ceux qui compteraient encore sur leurs doigts. * Les Faux amis de l'anglais , aux estimables éditions Be...

traduire n'est pas toujours trahir

Le générique de la version francophone sous-titrée de No country for old men , film réalisé par Ethan et Joel Coen, comprend un nom qui fait honneur au métier de traducteur : Henri Béhar. Sur un bon millier de sous-titres, aucun ne comporte la moindre baisse de qualité dans la concision et la justesse. La fidélité à l'esprit des dialogues l'emporte partout sur le mimétisme irréfléchi. Aucun faux ami n'encombre la lecture. Même " porch " est correctement traduit par " véranda " - contrairement à une négligence qui entache répétitivement la version française du western Impitoyable , de Clint Eastwood, dans lequel Gene Hackman construit sous nos yeux une veranda sans cesse qualifiée de porche . Cette forme de cécité n'a manifestement pas sa place dans les adaptations signées Henri Béhar . Nous lui exprimons notre gratitude amicale. POUR ACCEDER A LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE, CLIQUEZ ICI