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Articles

Affichage des articles du juin, 2026

bon déroulement et mauvais déroulé

La Mission linguistique francophone et l' Académie française unissent leurs efforts pour rappeler d'une même voix qu'une action se déroule selon son déroulement et non selon son " déroulé " (sic) - contrairement à ce que l'on lit depuis peu d'années sous la plume de rédacteurs professionnels adeptes de l'approximation. Faute que l'on entend par contagion dans la bouche des francophones que la répétition des erreurs de langage nouvelles attirent irrésistiblement, par la seule vertu de leur nouveauté. Pour ces francophones-là, que nous avons sondés, le bon déroulement est un mot éculé qui manque de dynamisme. Selon eux, le " déroulé " (sic) d'une cérémonie, c'est plus actif [*]. De toute façon - tranchent-ils - on est libre de dire ce qu'on veut quand même, non ? Ce dévoiement (et non ce dévoyé ) de la notion de liberté ne suscite ni le "consternement" ni le "consterné", mais bien la consternation . ...

long terme, moyen terme, court terme

Terme est ici à comprendre au sens d' échéance, au sens de fin , comme dans le verbe terminer et le mot latin devenu français terminus. Pourquoi ne faut-il jamais dire " sur le long terme " ni " sur le court terme " ? En quoi est-ce une faute indéniable, doublée d'une inutile complication ? Parce que toute langue a besoin de cohérence pour sa vitalité. Or, dans notre langue, les chose se font à terme , et non sur terme : un enfant naît à terme , un loyer se paie à terme , un train arrive au terminus , etc.  Un enfant ne naît pas "sur terme", et encore moins "sur le terme". " Sur terme " est donc faux, et " sur le terme " l'est plus encore. Que le terme soit long, moyen ou court, ni " sur " ni " sur le " ne peuvent le précéder. Pour cette raison, on dira donc exclusivement " à long terme, à moyen terme, à court terme ", et on se désintoxiquera de l'incohérent " s...

changer de logiciel

Tournure à la mode  : " l'ONU doit changer de logiciel ". Dans laquelle il faut comprendre : " l'ONU doit changer de logique, changer de raisonnement, changer d'approche ." Apparu depuis déjà dix ans, le glissement de sens entre LOGIQUE et LOGICIEL n'en finit plus de séduire les suiveurs. Pourtant, cette confusion délibérée est à réserver à qui se flatterait d'avoir dormi en maths et en philo, les deux enseignements qui aiguisent la logique . Or, la logique est chose rigoureuse, précieuse et universelle. La ravaler au rang de programme informatique malléable, falsifiable à loisir, et nous robotisant , est un abus de langage indigeste. * Cette dérive est portée par le même courant de suivisme qui fait préférer "le différentiel" à  la différence ; "un comparatif" à une comparaison ;  "un récapitulatif" à  une récapitulation . Et même " un narratif" à une narration, un récit, une histoire (notamment lorsqu...

ligne un ou ligne une ?

Les nombres sont invariables. Le nombre 1 ne fait pas exception, ni à la RATP ni ailleurs. Les reportages sur les grèves de transports ferroviaires nous valent un désagrément très minime par comparaison avec la privation de la liberté d'aller et venir résultant de ces grèves elles-mêmes. Nous visons ici le ressassement de la faute de lecture, de grammaire et de logique en voie de généralisation : la lecture de " ligne 1" ou "voie 1" sous la forme "ligne une" ou "voie une" ; au lieu de " ligne UN" et "voie UN", correctement prononcés "un", puisqu'il s'agit du premier des nombres : le très invariable 1, suivi des très invariables 2, 3, 4 etc. La prononciation "ligne une" est fondée sur l'erreur selon laquelle le chiffre 1 serait un adjectif cardinal qualifiant le mot féminin "ligne". Absolument pas. Le 1 est un signe arithmétique, donc un simple numéro de code. Comme le s...