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Affichage des articles associés au libellé négligence

le français de paresse voulu par Laélia Véron

• Viser , trop éloigné du mot cible , a été changé par l'usage récent en  cibler . • Postuler , trop éloigné du mot candidature , a été changé par l'usage récent en  candidater . • Protéger , trop éloigné du mot sécurité , a été changé par l'usage récent en sécuriser . • Percuter, toucher, influencer, frapper ou affecter , verbes trop nombreux et précis, ont vu leurs diversités de sens gommées par l'apparition d'un fourre-tout anglomane : impacter.   Et ainsi de suite. Voici l'avènement des choix langagiers de pure paresse intellectuelle et verbale, paresse désormais revendiquée et normative, dont une certaine Laélia Véron [notre illustration] se déclare ouvertement la passionaria aux manières acerbes et punitives. Que son large sourire ne vous trompe pas. Avec Laélia Véron, ça ne rigole pas : elle nous enjoint de déglinguer le français, et plus vite que ça. Toute autre position - et bien sûr le partage bienveillant d'une langue fluide et alerte,...

fainéant

Parmi les professionnels de la communication en langue française, il reste des fainéants de la logique qui disent et écrivent encore  " feignant " au lieu de " fainéant ". Confusion que l'on pouvait croire disparue avec la quasi disparition de l'illettrisme... Le fainéant, c'est celui qui fait néant, qui ne fait rien ou ne veut rien faire. Pas difficile à comprendre, si ? La prononciation rapide des syllabes "fain é ant" peut dériver vers "fain i ant". C'est ce qui a introduit la méprise entre ce mot et le participe présent feignant du verbe feindre , dont la sonorité est proche de la prononciation imprécise de fainéant . Il semble que certains aient imaginé à partir de là que le feignant était celui qui feignait de travailler. Or, la personne qui feint est une feinteuse ou un feinteur et non un "feignant" (sic). Le "feignant", en tant que paresseux, n'existe pas. Sauf sous la plume de rédacte...

l'attrait et non l'attractivité

 L'emploi malencontreux en français du faux ami anglais attractive , qui signifie attirant, séduisant, a donné naissance dans certains esprits au néologisme " attractivité " [comme dans " attractivité touristique du Morbihan "] dont l'usage est vivement déconseillé, voire prohibé. Ce barbarisme s'épanouit sans complexes - et sans doute irréversiblement - dans le discours politique et technocratique français, et jusque dans l'intitulé de certains organismes d'État ou travaux de recherche. Débarrassée de sa difformité anglomane, "l'attractivité" (sic) c'est pourtant dans notre langue l'attrait , la séduction , l'intérêt (que suscite quelque chose), le charme, le pouvoir d'attraction ou l'attirance. POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE, CLIQUEZ ICI  

métier et clientèle

La Mission linguistique francophone constate depuis dix ans la progression dans les jargons professionnels de la double faute constituée par l'emploi d'un substantif désaccordé à la place d'un adjectif accordé. Ainsi le substantif "métier" désaccordé (" domaines métier ", "activités métier", "compétence métiers") est-il de plus en plus fréquemment employé à la place de l'adjectif "professionnel" correctement accordé ("domaines professionnels", "activités professionnelles", "compétence professionnelle") . Des entreprises revendiquent même dans leur organigramme l'existence d'un directeur métiers - personnage à la mission énigmatique. Pour constater de vos propres yeux cette étrangeté, cliquez ici . C'est l'un des symptômes d'une paresse linguistique caractéristique du début du XXIe siècle : quand l'adjectif et le substantif n'ont pas une parenté d'a...

métier n'est pas un adjectif

Le site officiel du ministère de l'Intérieur français a annoncé simultanément un bonne et une mauvaise nouvelle, et l'a fait en ces termes, extraits d'une offre d'emploi : "intégrer une direction qui comporte une grande diversité de domaines « métier » avec de hauts niveaux d’expertise, c'est l'opportunité que vous propose [le] ministère de l'intérieur." Cherchant à se libérer de l'obligation de trouver le mot juste, on remarque que le rédacteur de l'annonce du ministère, gêné par sa propre carence, s'est senti obligé d'entourer " métier " de guillemets, comme si cela gommait ou atténuait la faute de français. Détrompons-le charitablement : 1°/ non, "métier" n'est pas un adjectif qualificatif ; 2°/ non, un mot au singulier ne peut pas qualifier un mot au pluriel (ici, le nom commun  domaines ) ; 3°/ non, les guillemets ne gomment pas les fautes, ils les enjolivent à peine. Il n'est donc pas perm...

viser l'avenir ou cibler le futur ?

Sous les coups redoublés de la mode, qui entraîne volontiers les esprits vers le bas, et de la négligence, qui parachève ce nivellement, la langue française voit disparaître actuellement des mots que l'on croyait impérissables. Et qui méritaient de ne pas périr. Ces mots-là ne sont ni tarabiscotés ni désuets. On peine à croire qu'ils meurent sous nos yeux. Cette extinction touche toutes les catégories de mots : verbes, substantifs, prépositions, adverbes, conjonctions... La Mission linguistique francophone s'alarme en premier lieu de la disparition presque entièrement consommée de l'avenir , à la place duquel les professionnels francophones de la parole et de l'écrit optent désormais plus de neuf fois sur dix pour l'anglicisme " le futur " (en anglais, l'avenir se dit " the future "). Ainsi, l' avenir qui régnait sur les projets des peuples de langue française est-il destitué. Le futur s'est emparé des discours a...

le contraire des documents numériques

La notion de document numérique ou informatique s'oppose désormais à celle de document produit sur papier , document imprimé , document manuscrit , document matériel ou matérialisé , document sur papier . Comment exprimer cette matérialité qui allait autrefois de soi ? Une chose est certaine : le contraire de " document numérique " n'est pas " document papier " ni " version papier " ni " édition papier " ! Ces formulations aberrantes, devenues majoritaires dans le français administratif, sont réprouvées par les autorités linguistiques francophones [Académie française, Office québecois de la langue française, Mission linguistique francophone], car un tel emploi de papier comme adjectif exprimant le contraire de numérique ou électronique est fautif sans discussion possible ; tout simplement parce que le mot papier n'est pas un adjectif. Des dizaines de millions de francophones semblent ne plus en avoir conscience, et s...

J'ai rhum ou Jérôme ?

Les aventures d'un boursicoteur de métier (alias " trader ") nommé Jérôme K. nous apportent une nouvelle manifestation du désintérêt massif des professionnels de l'information parlée envers la phonétique. En français, il existe pourtant des signes graphiques élémentaires qui ne laissent aucun doute ni aucune liberté d'action quant à la prononciation des phonèmes. L'accent circonflexe sur le Ô en est un. Quand 100% des journalistes féminines d'une tranche horaire de grande écoute (7h - 8h) sur France Inter choisissent d'ignorer l'orthographe de " Jérôme " et prononcent " j'ai rhum " comme si ce prénom s'écrivait " Jérome ", notre langue vit-elle une saine évolution, ou la profession de journaliste s'enferre-t-elle dans ses lacunes ? CLIQUEZ ICI POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE