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Affichage des articles associés au libellé préposition

long terme, moyen terme, court terme

Terme est ici à comprendre au sens d' échéance, au sens de fin , comme dans le verbe terminer et le mot latin devenu français terminus. Pourquoi ne faut-il jamais dire " sur le long terme " ni " sur le court terme " ? En quoi est-ce une faute indéniable, doublée d'une inutile complication ? Parce que toute langue a besoin de cohérence pour sa vitalité. Or, dans notre langue, les chose se font à terme , et non sur terme : un enfant naît à terme , un loyer se paie à terme , un train arrive au terminus , etc.  Un enfant ne naît pas "sur terme", et encore moins "sur le terme". " Sur terme " est donc faux, et " sur le terme " l'est plus encore. Que le terme soit long, moyen ou court, ni " sur " ni " sur le " ne peuvent le précéder. Pour cette raison, on dira donc exclusivement " à long terme, à moyen terme, à court terme ", et on se désintoxiquera de l'incohérent " s...

dans les îles

En France, les professionnels de la langue - que sont notamment les journalistes, les enseignants et les orateurs politiques - semblent souvent avoir perdu la boussole : celle qui indique d'instinct à notre intelligence le mot juste. Hélas, cette désorientation de la langue des professionnels affecte en profondeur le langage courant. Spécialement en ce qui concerne le choix instinctif de la juste préposition de lieu . Qui sait encore qu'on n'habite pas "sur Lyon" mais À Lyon ? Concernant les îles, dont actuellement le Groenland, l'emploi fautif par les journalistes de "sur l'île" au lieu de " dans l'île " transforme ces solides territoires insulaires, sculptés dans l'écorce terrestre, en de frêles embarcations posées sur la mer ; ou de vagues pontons SUR lesquels on vadrouille. Ne procédons pas à ce sabordage. Revenons dans les îles. Et rappelons à nos proches que la ravageuse préposition sur n'y a pas sa place à tout prop...

on est sur

C'est de la soie. C'est du piment de Hongrie. C'est une jeune femme en bikini sur un cheval. Spécialité de notre langue, classée parmi ses  gallicismes  [tournures propres à la langue française], la formule " c'est" semblait impérissable il y a encore dix ans. C'était sans compter avec l'obsession galopante pour la préposition  sur, employée à toutes les sauces et sans lien avec ce qu'elle signifie. C'était aussi sous-estimer la propension des francophones de France à imiter les travers des animateurs de télévision aux qualités d'expression les plus incertaines. À la télévision, le critique culinaire vous explique qu' on est sur une moutarde de Dijon, le spécialiste de sports automobiles vous révèle qu' on est sur une Ferrari de 1965, et le politologue qu' on est sur une grève dure. En lieu et place du gallicisme " c'est ", la langue médiatique a ainsi répandu l'usage fautif d'une tournure de ...

dédication

En anglais, dedication , c'est le fait de se consacrer pleinement à quelque chose. Ce qui pourrait se traduire en français soit par dévouement soit par implication , selon la nature et le cadre de ce plein investissement de soi. Depuis la fin des années 1990, de mauvaises traductions de cette notion anglophone de dedication nous ont donné, dans le français négligent des médias et des affaires, une myriade de personnes et de choses " dédiées " à quelque chose ou quelqu'un, alors qu'elles sont en réalité consacrées, destinées, vouées, dévolues, réservées à , impliquées dans , chargées de ou spécialisées ;  voire spéciales ou spécifiques . Mais nullement " dédiées ", comme un poème est dédié à l'être aimé. Puisque le verbe dédier n'a que cette seule signification dans notre langue : rendre hommage. Depuis 2010, l'invasion du faux ami dedictaed s'intensifie. Au point que la locution dédié à [dans son sens inexact] soit en train...

"sur" dépasse les bornes

"Ce dont on parlait sur les travailleurs." (Manuel Bompart, député français et docteur en mathématiques, 6 juillet 2020) La préposition SUR est ici employée inconsidérément à la place de l'un des termes POUR ou À PROPOS DE ou CONCERNANT, qu'elle phagocyte. " Ce dont on parlait concernant les travailleurs " ,  voulait probablement dire cet orateur politique de langue maternelle française ;  ou " ce dont nous parlions  à propos des travailleurs ", ou " quant aux travailleurs ".  Ou peut-être : "ce qu'on disait sur les travailleurs". Pour mieux comprendre quelle intrigue se noue autour du petit mot de trois lettres sur devenu fou dans la langue de France contrairement à la plupart des autres pays francophones, résumons les épisodes précédents de ses méfaits. En moins d'une semaine, sur a été surpris à torpiller sans sommations les mots suivants : • à (avec les tristement célèbres " sur Konakri" au li...

compter de zéro à sans

Sans aucun doute, " zéro doutes " et " zéro défauts " ne sont pas sans défaut. Au gré d'un infantilisme langagier indéniable, le marketing a un jour remplacé la préposition " sans " par le nombre " zéro ". Pour vendre, par exemple, du " Coca-Cola zéro sucres ". Avec un S de pluriel fautif à " sucres ", comme si zéro était un nombre supérieur ou égal à 2, quantité minimale exigée pour un pluriel. Ou plutôt, comme si zéro devenait la nouvelle préposition exprimant l'absence, en lieu et place de sans. Or, contrairement au chiffre zéro, l'irremplaçable terme sans est seul apte à être suivi d'un pluriel. En effet, la notion d'absence qu'il exprime ne coïncide pas forcément avec un singulier. Prenons cet exemple : " sans enfant " ou " sans enfants " ? Réponse : les deux. Car un couple sans enfant demandera à ses amis de venir sans enfants. Ce couple n'a pas d'enfant, p...

pour la survie de pour

Au vingt-et-unième siècle, chacun constate que l'anatomie des tournures administratives françaises n'obéit plus aux lois de la nature de notre langue. Dans cet esprit, la disparition de la préposition pour semble avoir été décrétée par diverses administrations, sans que les usagers de la langue française aient eu leur mot à dire et sans que l'Académie française l'ait entérinée. Ainsi la Ville de Paris, par la voix de sa régie immobilière, annonçait-elle en 2011 l'ouverture d'une " nouvelle résidence jeunes travailleurs ". On pourrait penser qu'il s'agit d'une coquille. Que nenni. Cette " résidence jeune travailleurs " (comprenez résidence  pour jeunes travailleurs ) vient rejoindre les " résidence chercheurs " ( résidences pour chercheurs ) et les " logements étudiants " (des logements pour étudiants ou d' étudiants ) qui pullulent dans les cartons des architectes depuis l'an 2000. Comme si...

passer à la caisse

En France et en Suisse, vous entendez ceci : " le magasin va bientôt fermer, veuillez vous rendre en caisse ". N'en faites rien. Car seuls les billets de banque et les pièces de monnaie sont susceptibles d'aller " en caisse " ; ils y sont d'ailleurs encaissés . Mais les humains, eux, se rendent  à la caisse . De même qu'ils vont au comptoir, au bar, au rayon boucherie , aux toilettes, au jardin, au garage, au bar, au vestiaire ou à l'infirmerie   Avec beaucoup de mauvaise foi ou de manque de clairvoyance, un webmestre s'exprimant au nom d'une haute institution académique française a pris l'initiative personnelle de répondre qu'il n'y avait rien à redire à l'injonction de "passer en caisse", invoquant l'expression "se marier en l'église Saint-Louis". Or, il s'agit là d'un rapprochement doublement spécieux, car : • primo : il se réfère au parler médiéval ecclésiastiq...

abus de la préposition "sur"

" Nous sommes remontés sur l'assassin. " (Un directeur de la police judiciaire française, France 3) La préposition SUR est ici employée abusivement à la place de JUSQU'À : " Nous sommes remontés jusqu'à l'assassin " aurait dû déclarer ce spécialiste français de la traque d'assassins, interrogé par la télévision de son pays. Or, non. Aujourd'hui, un haut fonctionnaire de police, membre de l'élite intellectuelle donc, et francophone de naissance, nous informe sans rougir que son enquête lui a permis de remonter sur l'assassin. On l'imagine juché sur les épaules d'un assassin.  Les ravages ainsi causés par l'abus de la préposition sur s'étendent sans répit depuis 30 ans. Et le divorce semble par moments entièrement consommé entre une langue et ses plus fins esprits. POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL DU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE,  CLIQUEZ ICI   Pour prendre directement connaissance des mis...

demander à aller en pension

Sous le titre " Je veux aller en pension ",  paraît dans Le Parisien n°21624 un article qui débute ainsi : " Les notes du trimestre sont catastrophiques et tout à coup, votre ado vous demande d'aller en pension." La journaliste a confondu la directive donnée à autrui de faire quelque chose (je te demande de le faire) avec la volonté de faire quelque chose soi-même (je demander à le faire). Et ainsi nous raconte-t-on par mégarde l'histoire d'un adolescent qui demande à ses parents de partir à sa place en pension. Sans doute pour lui laisser les coudées franches près du radiateur au fond de la classe... et couper court à leurs remarques sur sa mauvaise maîtrise du français, accompagnées peut-être de cette moquerie : " continue à baragouiner comme ça et tu deviendras journaliste ". CLIQUEZ ICI POUR ACCEDER AU SITE DE LA MISSION LINGUISTIQUE FRANCOPHONE [M•L•F•] 

suite à

Initialement, l'expression '' suite à' ' n'était employée que par dérision, au même titre que " rapport à ". Pour singer la langue administrative ou militaire malhabile, dans des phrases comme : " Mon adjudant, j'voudrais vous causer rapport à l'invasion de punaises de cavalerie ". L'effet était comique car chacun sait d'instinct que la construction des locutions '' suite à '' et '' rapport à '' est absolument défectueuse ; puisque le complément de nom se construit avec la préposition de et non la préposition à : il convient de dire " le père de Louis " et non " le père à Louis ".  De même : " la suite de l'action ", et non " la suite à l'action ". En France, contrairement au Québec , cette dimension sarcastique a récemment été perdue de vue par des professionnels de la langue écrite et parlée devenus coutumiers d'employer suite à au l...

je vais pour

Toute langue vivante tend à se charger de tournures incorrectes puis à les assimiler ou les écarter. La Mission linguistique francophone se réjouit de constater la disparition à peu près complète d'une tournure incorrecte apparue au début du vingtième siècle et quasi absente aujourd'hui du français courant. La formule " aller pour " était employée par certains locuteurs au sens de " s'apprêter à ", dans des phrases comme celle-ci : " Je vais pour lui emprunter cent sous, mais voilà que je trouve un billet de mille au fond ma poche ". On ne regrettera pas l'extinction de ce " je vais pour ". Et on continuera à œuvrer pour la disparition des irritants " suite à " (au lieu de "après") et " au final " (au lieu de "finalement"), deux plaies infectées du français médiatique actuel, que la Mission linguistique francophone vous invite à panser.

sur l'assassin

Un directeur de la police judiciaire française a déclaré à la télévision de son pays : " nous sommes remontés sur l'assassin " (sic). On l'imagine juché sur les épaules d'un assassin. Fâcheuse posture ou fâcheux discours que de " remonter sur " un assassin. Les ravages causés par l'abus de la préposition sur à la place de presque toutes les autres prépositions (" sur Bruxelles " au lieu de " à Bruxelles " ; " sur l'île " au lieu de " dans l'île " ; " là vous êtes sur un Modigliani " au lieu de " vous avez devant vous un Modigliani ", etc) s'étendent donc sans répit. Aujourd'hui, un haut fonctionnaire de police, membre de l'élite intellectuelle donc, et francophone de naissance, ne dit plus que son enquête lui a permis de remonter jusqu'à l'assassin, mais qu'elle lui a permis de remonter sur l'assassin. Ainsi la pauvreté du vocabulaire devient-elle...

en illimité et en individuel : ni queue ni tête

Dans la langue médiatique et publicitaire, l'adverbe et l'adjectif sont progressivement supplantés par une tournure employant la préposition " en ". Ainsi, au lieu d'un abonnement forfaitaire illimité , on vous vend les joies de la téléphonie " en illimité ". Au lieu d'un voyage individuel , les professionnels du transport et du tourisme nous proposent des excursions " en individuel ". L'adjectif n'est pas le seul à se retrouver ainsi emberlificoté dans l'ajout superflu de la préposition en . L'adverbe, souvent surnommé "adjectif du verbe", subit ce sort inconfortable jusque dans les colonnes du quotidien Le Monde , où l'on peut lire que " la violence se déchaîne en aveugle ". Ce serait joli si l'on pouvait présumer que la journaliste avait décidé de faire œuvre de poétesse. Hélas non : elle a simplement cédé à la tendance actuelle du français mercatique et médiatique à détruire l'adverbe ...