Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du décembre, 2025

le ressenti

Permettez-nous de vous donner notre sentiment sur votre "ressenti". Tout comme "le déroulé" (même faute de syntaxe, même dérive) au lieu du DÉROULEMENT , "le ressenti" se caractérise par le recours artificiel à une forme verbale substantivée au lieu de l'emploi naturel d'un nom commun approprié. Cette vaine substitution est apparue depuis moins de dix ans. Il est encore temps de l'abandonner et très préférable de ne jamais l'adopter. Car ce que l'on RESSENT s'appelle depuis toujours, selon le contexte : • un SENTIMENT • une SENSATION • une IMPRESSION • une PERCEPTION • une ÉMOTION. Pas un "ressenti". Nous sommes tous portés par les travers en vogue dans la langue de notre temps et prompts à tomber dans leur ornière. Ce n'est donc pas une attaque personnelle si vous employez depuis peu "le ressenti" ! Juste une exhortation à retrouver sous votre plume et sur le bout de votre langue le mot  sentiment ("j...

guérillas et guérilleros

La presse francophone regorge de ce genre de titres : " La guérilla refuse de libérer les otages ". Or, ce n'est pas la guérilla qui refuse, ce sont les guérilleros . Ceux qui emploient guérilla au lieu de guérilleros diront qu'ils s'expriment par métonymie . C'est vrai, et c'est faux. C'est vrai car ils emploient le mot qui désigne une situation ou une action ( la guérilla ) pour évoquer ceux qui en sont les acteurs ( les guérilleros ) ; ce procédé de style est appelé métonymie . Mais c'est faux car il s'agit en fait - une fois encore - d'une bête erreur de traduction de l'anglais. Guérilla vient certes de l'espagnol guerrilla (petite guerre), et non de l'anglais. Mais il se trouve qu'en anglais, guerilleros se dit guerrillas !  Des dépêches de presse anglophones mal traduites ont fait le reste : " The Guerrillas Surrender " (" Les guérilleros se rendent ") a été traduit par "La guérilla se ...

en termes de

Comme il n'y a pas le moindre mot anglais, ni aucune rime en -ing , peu de gens entendent un anglicisme assourdissant dans l'expression " en termes de ". C'est pourtant du pur anglais ( in terms of ) traduit mot-à-mot et à la va-comme-j'te-pousse par des professionnels négligents œuvrant dans le monde de la presse, de l'édition, de la traduction bien sûr, et des affaires. Mais les affaires internationales et le marketing, ce qui les a rendus très désireux de parler pour le restant de leurs jours comme ils ont entendu le faire à Wall Street durant leur stage de quatre semaines aux USA. Cette entrée en contrebande de in terms of dans le français courant s'est produite peu avant la fin du vingtième siècle. Depuis, la tache s'incruste dans le tissu des raffinements langagiers qui drape nos discours et nous les rend seyants. Mais que signifie réellement " en termes de " dans toute autre langue que son habituel franglais ? En français, en terme...

dans les îles

En France, les professionnels de la langue - que sont notamment les journalistes, les enseignants et les orateurs politiques - semblent souvent avoir perdu la boussole : celle qui indique d'instinct à notre intelligence le mot juste. Hélas, cette désorientation de la langue des professionnels affecte en profondeur le langage courant. Spécialement en ce qui concerne le choix instinctif de la juste préposition de lieu . Qui sait encore qu'on n'habite pas "sur Lyon" mais À Lyon ? Concernant les îles, dont actuellement le Groenland, l'emploi fautif par les journalistes de "sur l'île" au lieu de " dans l'île " transforme ces solides territoires insulaires, sculptés dans l'écorce terrestre, en de frêles embarcations posées sur la mer ; ou de vagues pontons SUR lesquels on vadrouille. Ne procédons pas à ce sabordage. Revenons dans les îles. Et rappelons à nos proches que la ravageuse préposition sur n'y a pas sa place à tout prop...