Vent de bout est un terme de navigation à voile indiquant qu'un bateau se trouve exactement face au vent et n'avance donc plus. Qu'il est privé de vitesse et de possibilité de manœuvre, toutes voiles dégonflées, inerte. C'est donc dans un sens faux que cette expression est devenue insidieusement un tic de la langue médiatique et politique, une dizaine d'années après l'an 2000. Lorsqu'un orateur politique nous annonce aujourd'hui que ses partisans sont " vent debout contre " telle ou telle réforme, il s'imagine nous annoncer qu'ils s'y opposent avec vigueur, comme redoutablement campés sur leurs deux jambes dans un vent funeste. Mais il dit exactement le contraire : il nous apprend qu'ils sont réduits à l'impuissance et immobiles dans une mer qui s'agite sans eux... Ce n'est pas une lourde impropriété de terme, juste une petite erreur de cap sémantique. Car à 15° près dans la rose des vents, ces opposants pourr...
Les nombres sont invariables. Le nombre 1 ne fait pas exception, ni pour les quais de gare, les lignes de bus ou de métro ni ailleurs. Les reportages sur les grèves de transports ferroviaires ou aériens nous valent un désagrément très minime par comparaison avec la privation de la liberté d'aller et venir résultant de ces grèves elles-mêmes. Nous visons ici le ressassement de la faute de lecture, de grammaire et de logique en voie de généralisation : la lecture de " ligne 1" ou " voie 1" ou " porte 1" sous la forme "ligne une" ou "voie une" ou "porte une" ; au lieu de " ligne UN", " voie UN"ou "porte numéro 1" correctement prononcés "un", puisqu'il s'agit du premier des nombres : le très invariable 1, suivi des très invariables 2, 3, 4 etc. La prononciation fautive "ligne une" est fondée sur l'erreur selon laquelle le chiffre 1 serait un adjectif ca...