Vent de bout est un terme de navigation à voile indiquant qu'un bateau se trouve exactement face au vent et n'avance donc plus. Qu'il est privé de vitesse et de possibilité de manœuvre, toutes voiles dégonflées, inerte. C'est donc dans un sens faux que cette expression est devenue insidieusement un tic de la langue médiatique et politique, une dizaine d'années après l'an 2000. Lorsqu'un orateur politique nous annonce aujourd'hui que ses partisans sont " vent debout contre " telle ou telle réforme, il s'imagine nous annoncer qu'ils s'y opposent avec vigueur, comme redoutablement campés sur leurs deux jambes dans un vent funeste. Mais il dit exactement le contraire : il nous apprend qu'ils sont réduits à l'impuissance et immobiles dans une mer qui s'agite sans eux... Ce n'est pas une lourde impropriété de terme, juste une petite erreur de cap sémantique. Car à 15° près dans la rose des vents, ces opposants pourr...
Trop nombreuses sont les personnes heurtées à mauvais escient par l'emploi de cette tournure irréprochable : " se faire violer, se faire agresser ". Elles s'en indignent en ces termes : " On subit un viol. On subit une agression. On EST violé. On EST agressé. On ne SE FAIT pas violer, on ne SE FAIT pas agresser ." Ce reproche est entaché d'une erreur d'appréciation appelée hypercorrection : au-delà du purisme, l'hypercorrection consiste à voir des fautes d'expression où il n'y en a pas. Or - en morale comme en littérature - voir le mal où il n'est pas est le contraire de la pureté. En français, " se faire balloter par la houle " ou " se faire huer " n'exprime aucunement la volonté d'être balloté ou hué ; pas plus que " se faire torturer " ne signifie qu'on a appelé ce calvaire de ses vœux. C'est au contraire ici une fatalité subie qui s'exprime, comme dans " il s'est fait arr...