Vent de bout est un terme de navigation à voile indiquant qu'un bateau se trouve exactement face au vent et n'avance donc plus. Qu'il est privé de vitesse et de possibilité de manœuvre, toutes voiles dégonflées, inerte. C'est donc dans un sens faux que cette expression est devenue insidieusement un tic de la langue médiatique et politique, une dizaine d'années après l'an 2000. Lorsqu'un orateur politique nous annonce aujourd'hui que ses partisans sont " vent debout contre " telle ou telle réforme, il s'imagine nous annoncer qu'ils s'y opposent avec vigueur, comme redoutablement campés sur leurs deux jambes dans un vent funeste. Mais il dit exactement le contraire : il nous apprend qu'ils sont réduits à l'impuissance et immobiles dans une mer qui s'agite sans eux... Ce n'est pas une lourde impropriété de terme, juste une petite erreur de cap sémantique. Car à 15° près dans la rose des vents, ces opposants pourr...
De loin en loin, le discours politique reste émaillé en France de références à une "union sacrée". Formule employée initialement par Raymond Poincaré [notre illustration, dans son habit d'Académicien français] en juillet 1914, en faveur de la guerre. Cette notion métaphorique d' union sacrée - nullement sacrée , en réalité, mais politique - est encore employée avec beaucoup d'emphase et d'anachronisme. Par exemple autour du salutaire rejet des extrêmes. Ou à propos de la sécurité des élèves dans les établissement scolaires du secteur public. Union décisive, union salutaire, union objective, union( tout court), oui. Mais "sacrée", non. Même si le sens figuré de la locution " union sacrée " est passé dans le langage courant du siècle dernier, dans le discours politique contemporain c'est un choix de qualificatif à réserver aux États théocratiques. Car dans le langage politique de nos modernes républiques francophones, c'est un ...