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Articles

Affichage des articles associés au libellé traduction

ministres américains des Affaires étrangères

Une fois pour toutes : cet homme (John Kerry) ou son actuel successeur (Marc Rubio) ou précédemment leurs collègues féminines (Madeleine Albright, Condoleeza Rice, Hilary Clinton) n'ont jamais été "Secrétaire d'état américain" (sic) mais ministres américains des Affaires étrangères. Big difference . En leur qualité de Secretary of State , chacune de ces personnes fut statutairement le membre le plus éminent du gouvernement des États-Unis, après le président et son vice-président. Néanmoins, il existe encore dans les pays francophones des cohortes de professeurs d'histoire contemporaine, de politologues, de journalistes et de lexicographes qui le dénomment " Secrétaire d'État ", en raison de la similitude d'apparence entre le groupe de mots Secretary of State et le groupe de mots secrétaire d'État . Bien entendu, ils sont imités sans discernement par ces encyclopédistes plein d'amateurisme qui régentent doctement la version française...

guérillas et guérilleros

La presse francophone regorge de ce genre de titres : " La guérilla refuse de libérer les otages ". Or, ce n'est pas la guérilla qui refuse, ce sont les guérilleros . Ceux qui emploient guérilla au lieu de guérilleros diront qu'ils s'expriment par métonymie . C'est vrai, et c'est faux. C'est vrai car ils emploient le mot qui désigne une situation ou une action ( la guérilla ) pour évoquer ceux qui en sont les acteurs ( les guérilleros ) ; ce procédé de style est appelé métonymie . Mais c'est faux car il s'agit en fait - une fois encore - d'une bête erreur de traduction de l'anglais. Guérilla vient certes de l'espagnol guerrilla (petite guerre), et non de l'anglais. Mais il se trouve qu'en anglais, guerilleros se dit guerrillas !  Des dépêches de presse anglophones mal traduites ont fait le reste : " The Guerrillas Surrender " (" Les guérilleros se rendent ") a été traduit par "La guérilla se ...

les gens d'ici

Les médias de France nous bombardent de termes anglophone et de mauvaises traductions de l'anglais. C'est presque devenu leur activité première. Quand ce ne sont pas des termes anglais incrustés sans ménagement dans un message en français, ce sont des faux amis déversés sans prendre garde à leur tromperie. Ainsi assistons-nous dans de mauvaises traductions médiatiques à la multiplication des " locaux ", non pas pour des pièces vides, mais au contraire pour ces foules que l'anglais appelle " the locals " : les personnes que l'on rencontre localement. En français, selon le contexte et le niveau de langue, the locals ce sont en réalité : les gens d'ici , les autochtones , les indigènes , les aborigènes (s'ils sont là depuis les origines de l'humanité comme l'indique l'étymologie latine ab origines ), les gens du cru , les gens du coin ; éventuellement les montagnards, les insulaires, les villageois, les riverains ; et tout simpleme...

Buckingham, subjonctif et conditionnel

Communiqué officiel de Sa Majesté le reine d'Angleterre, à en croire les médias de France et d'Andorre : " Bien que nous aurions préféré qu'ils restent des membres actifs de la famille royale à plein-temps, etc." Aïe... Cette colossale faute de conjugaison n'existe pas dans le communiqué original. Et pour cause. Il se trouve qu'Elizabeth II parle un anglais sans faille et un excellent français. On ne saurait en dire autant du traducteur improvisé ou de la traductrice improvisée de cette dépêche de presse, qui ne maîtrise impeccablement ni l'une ni l'autre langue, ni des rédacteurs en chef et journalistes français et andorrans qui ont tous, sans aucune exception constatée par nos soins, repris cette traduction calamiteuse telle quelle à la radio, à la télévision, sur internet et dans le presse imprimée. En anglais, la conjonction "although" qui signifie " bien que " est suivie de l'indicatif. Mais sa traduction francop...

les faux amis modestes et fastidieux

La traduction française du remarquable essai de Charles Sprawson sur la natation à travers les siècles et les cultures est de grande qualité. Héros et nageurs est le titre de cet ouvrage au sujet singulier. Dans les deux langues, le style en est soutenu autant que fluide, à l'image de l'effort natatoire. Le traducteur ne s'est pas noyé, loin de là. C'est pourquoi nous ne nous permettons pas sans cette précaution oratoire de relever un piège dans lequel même un bon traducteur a pu tomber. Selon un mode de pensée quelque peu... immodeste, l'anglais appelle aussi "modesty" la pudeur . Et quand des baigneuses se mettent à l'abri des regards sous des toiles tendues, ce n'est pas par modestie (p. 28) mais par pudeur bien sûr. Le livre n'en tombe pas des mains pour autant ! Contrairement au livret de CD d'un très grand éditeur discographique, dans lequel on peut lire que Maurice Ravel était un compositeur fastidieux (sic), au lieu de métic...

fraude et crime

Dans le cadre d'une bataile judiciaire entre un très célèbre acteur américain et son ex-épouse, la presse mondaine (alias presse people ) nous informe que le mari a enregistré sa femme en train d'admettre que c'était elle qui le frappait et non l'inverse comme elle s'en était plainte à la justice. On entend l'épouse demander à son mari, qui l'enregistre à son insu, d'admettre qu'elle ne lui faisait pas grand mal et parier que de toute façon il n'oserait jamais aller se ridiculiser à claironner : " moi, le Pirate des Caraïbes, je suis battu par une femme de 52 kg ". Les agences de presse francophones diffusent un communiqué à ce propos et le traduisent au pifomètre, comme souvent, en s'y laissant piéger par chacun des faux amis qui leur tombe sous les yeux : l'utilisation de cet enregistrement effectué à l'insu de la jeune femme, traduisent-elles,  " est une fraude et un crime ".  • Faux ami number one : CRI...

mur de son et mur du son

À l'occasion du décès en prison à 81 ans de Phil Spector, ingénieur du son fameux, condamné à perpétuité pour le meurtre de sa compagne par arme à feu à bout portant, la presse française titre inlassablement sur la mort de l'inventeur du mur du son . Ben tiens... Phil Spector a en réalité conçu un style d'arrangements et de mixage très fourni qu'on a appelé en anglais Wall of sound . Mur de son , donc. Et non mur du son - qui se dit sonic boom .

crime organisé

La mauvaise traduction mot à mot de l'anglais  organized crime a donné "le crime organisé". Ce qui désigne en réalité le banditisme, le grand banditisme,  la grande délinquance,  la pègre, le milieu, la mafia (au sens propre ou par extension). Car un "crime organisé", en français, c'est un crime avec préméditation. Et non une organisation criminelle ni ses activités. Il faut savoir que l'anglais crime dénomme indistinctement ce que nous appelons des crimes , des délits et même certaines infractions . Ainsi le proxénétisme et le tapage nocturne sont-ils respectivement un délit et une infraction . Mais en anglais, ce sont l'un et l'autre des crimes . L'expression " crime organisé " est donc doublement inadéquate. Elle a été introduite dans notre langue par des journalistes expéditifs qui, pompant leurs articles sur la presse anglophone, se sont laissés piéger par la facilité et le manque de discernement. Elle a ensuite été r...

serrez à gauche, restez à droite

Les systèmes de guidage satellitaires embarqués dans nos véhicules, connus sous le sigle GPS , nous parlent bien mal. Une fois encore, la faute en revient à des industriels qui tiennent pour négligeable le travail de traduction, et laissent ce soin à leurs ingénieurs, à leurs commerciaux, à leurs juristes, à n'importe qui sauf à des traducteurs de métier. À moins qu'ils aient recours à de piètres traducteurs de métier. Quoi qu'il en soit, les GPS parlants sont en train d'instiller un virus nouveau dans la langue française : la traduction mot à mot de l'anglais " keep right, keep left " par " gardez la droite, gardez la gauche " (sic). Or, en français normal, en français non robotisé ni lobotomisé, " keep left " se dit " serrez à gauche ", ou " restez à gauche ", ou encore " roulez à gauche ". Mais jamais " gardez la gauche "... Jamais ? La Mission linguistique francophone prévoit au contra...

cosmonautes, astronautes, spationautes, taïkonautes, vyomanautes

Comment appellera-t-on en français un astronaute suédois ? Ou un cosmonaute rwandais ? Nul ne sait. Mais à chaque mission spatiale chinoise, la presse francophone s'engouffre avec une promptitude irréfléchie dans l'emploi d'un terme spécifique pour les cosmonautes chinois : ce seraient des taïkonautes . Le journal Le Monde va jusqu'à donner cette précision étymologique toute aussi irréfléchie ; c'est-à-dire tout aussi fausse : " taïkonaute signifie homme de l'espace en chinois ". Absolument inexact. Taïkonaute signifie quelque chose comme "navigateur du grand vide" en greco-latino-chinois [ nautes est un mot latin emprunté au grec]. Certains ont propagé l'idée qu'il faudrait employer des termes différents selon la nationalité de l'individu propulsé dans l'espace : astronaute s'il est citoyen des USA, cosmonaute s'il est Russe, spationaute s'il est Français, vyomanaute s'il est Indien et taïkonaute...

l'usine digitale

Dérivée de L'usine nouvelle (fondée en 1891), voici un moment déjà que la publication  L'usine digitale est parue. Il y a de quoi être atterré qu'un aussi vénérable éditeur de presse propage sans garde-fou la lourde bévue qu'est la confusion entre l'adjectif " numérique " et son faux ami anglophone " digital "... En français, l' usine digitale , c'est l'usine où l'on travaille avec ses doigts ou pour les doigts. Confirmation récente et indiscutable par l'Académie française, disponible ici . La méconnaissance de l'unique sens de l'adjectif digital en français ( qui concerne les doigts ) est indigne de professionnels de l'écriture. Mais il doit y avoir une jouissance gourmande à massacrer sa propre langue de travail, sous les coups de l'incompétence terminologique, de l'inculture lexicale et de la fascination pour les jargons les plus mal bâtis, sans quoi vous n'auriez aucun lecteur pour lire l...

similitudes et similarité

Le fait de présenter plusieurs aspects similaires sans être totalement identique se dit comment en anglais ? Similarities (pluriel de similarity) . You are right. Et comment cela s'appelle-t-il en français ? Des similarités ? Non : des  similitudes , ou même une  similitude . La Mission linguistique francophone relève une mise en péril de l'avenir du mot similitude par la mauvaise traduction généralisée de similarity et de son pluriel similarities . Les professionnels concernés (traducteurs, journalistes, pédagogues friands de publications scientifiques en anglais) sont invités à ne pas confondre le français et l'anglais, ni se tromper de désinence. Et donc, à se méfier presque autant du piège tendu aux similitudes par les "similarités", que du piège tendu à la bravoure par la "bravitude"... En français, on emploiera le singulier " la similitude " pour traduire l'idée d'une complète analogie (" la similitude de leurs deux t...

le web est mort mais internet est vivant

Le Web est mort en Francophonie, mais internet est vivant. Le Journal officiel de la République française a publié les seuls termes admis en français pour désigner the Internet ou the World Wide Web . Ce sont internet ,  toile , toile mondiale ou toile d'araignée mondiale . Pour ce dernier, le sigle TAM est aussi accepté. Mais les trois lettres WEB ne le sont plus. La Mission linguistique francophone a constaté que les administrateurs autodidactes de la version francophone de Wikipédia ne tenaient aucun compte de cette évolution et persistaient - au prix d'éventuelles rétorsions rageuses contre leurs contradicteurs mieux éclairés - à dénommer "sites Web" les sites internet. Dommage de se cramponner avec un tel passéisme à cette traces de rouille d'une autre ère numérique. Surtout lorsqu'on a le privilège insigne de régenter la langue pratiquée par les francophones avides du savoir encyclopédique qui scintille sur la toile mondiale tissée par la précie...

la rediffusion du replay

Sur France Info, il existe* une émission dans laquelle Céline Asselot s'efforce de nous intéresser au web mais aussi au print , émission de grande écoute qu'elle a intitulée " Le replay " (sic). Heureusement qu'on est sur France Info, on pourrait en douter... Fondée historiquement par des anglophiles notoires, La Mission linguistique francophone brille par son absence d'aigreur à l'encontre de l'hégémonie internationale de la langue anglaise. Les observateurs de notre institution tiennent ce fait culturel pour acquis. Constat indéniable et nullement attristé, qui n'est pas incompatible avec celui-ci : l'équilibre de la langue française et sa belle vitalité exigent le refus de l'anglomanie de pure paresse ou de pur snobisme, tel qu'il irrigue la langue médiatique et commerciale. La paresse consiste à ne pas employer de termes existant en français mais à céder au courant destructeur alimenté par des médias qui promeuvent à satié...

mondial ou global ?

Le réchauffement climatique de notre planète s'appelle en anglais " global warming ", parce que l'adjectif global qualifie en anglais ce qui se rapporte au globe (terrestre). L'adjectif français global n'a pas ce sens. En français, les termes global , globalité et globalement se rapportent à un tout, mais qui n'est pas la terre entière. En français, ce qui concerne tout le globe terrestre est planétaire ou mondial . Employer " global " pour signifier mondial ou international est donc un anglicisme ; et plus précisément, une faute de traduction banalisée par d'inattentifs traducteurs professionnels et d'innombrables dilettantes de la traduction exerçant le métier de journaliste ou de rédacteur publicitaire. Il en va de même pour la globalisation (ou globalization ) du vocabulaire géopolitique, qui appartient exclusivement à la langue anglaise et s'appelle en français la mondialisation. POUR ACCÉDER À LA PAGE D'ACCUEIL ...

le vyomanaute est sur orbite

Le mot vyomanaute désignerait un astronaute originaire d'Inde ou navigant à bord d'un vaisseau spatial indien. Avec une bonne dose d'inauthenticité, son étymologie mêle le sanskrit व्योम vyoma (ciel) et le latin nautes (marin). Au même titre que le terme " taïkonaute ", l'usage de ce néologisme ébouriffant est à réserver aux professionnels du commentaire spatial qui ont perdu le sens commun.  Ceux qui jonglent, selon les fusées, avec les cosmonautes, spationautes, astronautes, taïkonautes, coréonautes ou vyomanautes, et ne perçoivent pas l'absurdité de prétendre imposer à la langue française la complication inouïe de désigner une même activité professionnelle par un nom différent selon la nationalité de qui exerce la profession ou pratique l'activité. On plane dans une incohérence intersidérale. Un skieur, une infirmière ou un pâtissier changent-ils de désignation selon leur pays d'origine ? Aux tenants du terme " vyomanaute...

bien achalandé

Une correspondante de BMFTV au Canada, Marie-Laure J. ( ci-contre ), nous rapporte une déclaration du maire anglophone de Toronto et lui prête ce propos : " il y a eu un incident sérieux ". Non, chère professionnelle du bilinguisme anglo-français, c'est un incident grave (en anglais : serious ) qu'annonçait le maire. Et pour cause : avec neuf morts, "incident" est même un euphémisme. La journaliste se rachète aussitôt en employant dans son sens correct une expression souvent mal comprise : "l'incident s'est produit dans une artère très achalandée de Toronto". Ce qui signifie avec beaucoup de justesse qu'il y avait de nombreux passants en train de faire leurs courses dans les magasins de détail de ce quartier : beaucoup de chalands ; et non beaucoup de marchandises, comme le croient celles et ceux qui parlent à tort d'un magasin "bien achalandé" pour le décrire en réalité comme bien approvisionné . Un magasin bien ach...

buzz et clavardage

En France, le secrétariat d'État à la Francophonie et le ministère de la Culture se partagent les obligations en matière de vitalité de la langue française. Le premier veille plutôt sur son rayonnement international, et le second sur sa vitalité intrinsèque. C'est dans ce cadre que vient d'être organisé un sympathique concours d'idées dont le sujet laisse cependant perplexe par endroits. Les participants ont été invités à inventer des mots francophones nouveaux pour parler du buzz , du talk , du chat , etc. Or, la question n'est pas ici d'inventer des mots nouveaux, mais de se souvenir que des mots français existent déjà. Et de le rappeler. Rappelons donc qu'un talk , c'est une conversation ou un débat , voire une causerie . Que du buzz , c'est de la rumeur ou du bruit (au sens figuré employé dans " beaucoup de bruit pour rien "). Et que to chat signifie très exactement bavarder . Pour franciser le chat anglophone cher aux internautes...

USA : ni comtes ni comtés

Les USA n'ont ni roi ni comtes. C'est pourquoi ils n'ont point de "comtés". Le territoire des USA est plus exactement subdivisé en  états  ( states ) et en  cantons  ( counties  ; et  county,  au singulier). La plupart des politologues de France, des étudiants en géographie ou sciences politiques, des journalistes, et même la quasi totalité des auteurs de dictionnaires, se fourvoient pourtant à traduire des noms d'entités administratives des USA telles que " Madison County " ou " Orange County " par " Comté de Madison " et " Comté d'Orange ", comme s'il existait ou avait existé aux USA un ordre nobiliaire ; et donc des principautés, des duchés et des comtés !   Non, les USA ne sont pas et n'ont jamais été une monarchie aristocratique, les USA n'ont jamais eu de comtes ni de comtesses de San Francisco ni de Miami, et la traduction de l'anglo-américain county par " comté " n'es...

raz-de-marée de tsunamis

                Ce qui s'appelle en français raz-de-marée se dénomme en japonais tsunami . La vogue de ce terme japonais est telle chez les anglophones que nous avons fini par les imiter en France depuis le début des années 2000, au point que l'anglo-japonisme tsunami tende à éclipser le français raz-de-marée dans la presse, dans à peu près tous les articles de Wikipédia et chez beaucoup de traducteurs scientifiques peu regardants - par la négligence desquels, étudiants, pédagogues et chercheurs croient à leur tour pertinent de remplacer tous les  raz-de-marée  du globe par des tsunamis de la mer du Japon. À propos d'un raz-de-marée déferlant ou ayant déferlé loin des côtes du Japon et sans aucun lien avec l'activité sismique ou météorologique nippone, l'emploi du mot tsunami est totalement impropre par son incongruité culturelle. Concernant la préhistoire, la Grèce antique ou la civilisation inca, par exemple, ce japonisme e...