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au final, c'est bientôt fini ?

L'heure, la sauvette, la suite, la fin
- mots féminins - ont donné naissance à des locutions adverbiales construites avec à  : à l'heure, à la sauvette, à la suite, à la fin.

Le pire, le total, le gré, le départ - mots masculins - ont donné naissance en français à des locutions adverbiales construites avec au : au pire, au total, au gré, au départ.

Plutôt que d'aller chercher dans le grand coffre à jouets de la langue française ce qui s'y trouve déjà, certains bricolent des bidules inutiles et mal bâtis, comme "au final" (sic).

Devenue tic de langage contagieux, cette construction lexicale fautive remplace les irréprochables

• à la fin,
• finalement,
• pour finir,
• en fin de compte,
 
et même
• bref,
• en bref,

ou encore
• moralité ("J'ai traînassé, moralité : je suis en retard"
; devenu "...et au final, je suis en retard").

Pourquoi "au final" est-il indéniablement un usage fautif et non une saine évolution de la langue ?  Parce qu'il se trouve que le final n'existe pas dans notre langue ! Il n'existe que la finale (d'une compétition) ou le finale (d'une œuvre musicale). Oui, le finale ; avec un -e à la fin, vestige de son origine italienne.

Ce qui est curieux, c'est que les amnésiques qui ont injecté cette anomalie dans la langue se sont contentés de remplacer à la fin par au final. Ils ne sont pas allés jusqu'au bout de l'idée en remplaçant aussi le nom commun par l'adjectif dans à l'heure, qui n'est pas devenu "à l'horair" [sans -e non plus], ou à la nuit tombée, qui n'a pas été remplacé par "au nocturn tombé" [idem], ce qui eut été cohérent... dans l'incohérence.

Mais patience, tout arrive.

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